Nao-Asakura's world

samedi 20 décembre 2014

Chef (2014)

Jon Favreau qui se fait plaisir, c’était sympathique à regarder. Un film gentillet, joli et musicalement chouette. Ça m’a rappelé tous les passages sur la cuisine dans Treme, d’ailleurs ils passaient pas la Nouvelle Orléans, dans leur périple de Miami à Los Angeles.

C’était coloré, rythmé, drôle. Gentillet, c’est le mot. On sait d’avance comment ça va finir (même si j’avais pas anticipé jusqu’au bout que le critique culinaire lui ferait une telle offre), et c’est tant mieux. On débranche le cerveau, on salive, on chantonne, et voilà.

Pour une fois que John Leguizamo ne joue pas un connard et/ou ne meurt pas dans d’atroces souffrances, c’était limite surprenant.


J’ai apprécié une certaine attention au détail ; les scènes de cuisine sont vraiment plaisantes à regarder, crédibles et belles à la fois.


Les réseaux sociaux étaient pas mal utilisés, sans que ça devienne chiant ou répétitif ; on a le bon vieux cliché des adultes un peu déphasés qui découvrent le concept, et le petit gosse qui sait tout faire, mais c’était assez bien exploité. Format carte postale, ou plutôt instagram.


Un bon film pour le train, en somme.

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mercredi 10 décembre 2014

Nightcrawler (ciné)

C'était peut-être une bonne ou une mauvaise chose, je ne sais pas, mais j'ai été incapable de me sortir Southland de la tête. Ma perception du film a probablement été altérée, aussi à cause de Jake Ghyllenhal, dont le personnage était à mi chemin entre Donnie Darko et Prisonners. Complètement taré, mais on ne se rend compte de l'étendue des dégâts que progressivement.

La bande annonce en montrait beaucoup trop et ça gâchait un peu la fin. Comme avec les flashforwards inutiles des premières saisons de Southland, on arrive à anticiper la suite des événements bien trop facilement... Après bon, le film tient bien en haleine malgré tout, parce qu'il erre dans cette zone floue entre folie douce et comportement de sociopathe.

J'ai trouvé un peu dommage que ça n'aille pas plus loin dans la réflexion sur les news et les images choc. Ou plus loin dans la folie carrément.

Pour le coup je ne suis pas vraiment convaincue par la fin, qui à mon sens est un peu contradictoire. En gros il fait ce que l'autre pigiste avait proposé et qu'il a refusé...

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lundi 8 décembre 2014

La French (ciné)

Disons que j'avais un a priori très favorable et que les circonstances ont fait que j'avais très envie de le voir. Je pense que l'univers entier complotait pour que j'arrive pas à le voir... J'ai quand même passé plus d'une heure dans un wagon de RER arrêté en pleine voie à une station du départ... Raté ma séance, la suivante... J'ai fini par aller jusqu'à Montparnasse, bref tout une expédition dont je me serais passé.

Le film en lui même est ultra classique, mais je ne peux pas vraiment juger, il me manque les bases en matière de films sur le banditisme. Pour dire à quel point j'ai plus l'habitude des films français, il m'a fallu un temps d'adaptation quand ils ont ouvert la bouche pour la première fois après cette très chouette scène d'exécution sur la Corniche en guise de scène d'ouverture...

Mais pour la plupart ils ne parlaient pas français mais marseillais. Un monde à part. Autant j'ai quelques réserves sur la cohérence géographique du machin (très joli mais pas toujours possible), autant je suis totalement fan des dialogues et des insultes. Ça faisait parfois rire les Parigots, mais c'était généralement bien vu.

A part la toute fin en demie teinte, l'intrigue est bien rythmée, c'est vif mais pas trop maniéré. Cohérent. L'affrontement Gilles Lellouche - Jean Dujardin est pas mal du tout, avec une gentille réflexion sur la part d'humanité qui peut exister chez un baron de la drogue et les effets destructeurs d'une obsession incontrôlable. La fin est d'autant plus cruelle et réaliste qu'il n'y a pas de justice et que la pieuvre existe toujours...

Esthétiquement, c'était fort plaisant, chouettes reconstitution des 70s, très bonne bande son, et Marseille immuable. Malgré mes réserves, ça faisait moins cliché carte postale quitte ce que je craignais.

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mardi 18 novembre 2014

The Drop (ciné) - Fucking Tom Hardy, man.

Porté à bout de bras par un Tom Hardy drôlement bon, c'était assez surprenant, à cause des détours qu'il faisait. Jamais vraiment tout à fait où on l'attendait, malgré de bons gros clichés ultra classiques.
J'ai déjà dit tout mon am
our pour le cliché, et j'adore quand un film tend des perches énormes, pour les retirer brusquement, et qu'on se retrouve le bec dans l'eau à ne pas savoir ce qui s'est passé, et pourquoi ça n'a pas suivi le chemin tout tracé.

Oui, c'était parfois un peu lent. J'ai pas vraiment compris pourquoi les gens riaient dans le ciné ; pour moi c'était décalé, certes, mais pas comique. C'est moche de se moquer des gens un peu simples, un peu spéciaux dans leur tête. Je ne pense pas que c'était voulu comme un instant comique, mais bon, chacun voit ce qu'il veut.
Le contrepoint de cette scène finale totalement barbare et (semble-t-il) drôle, c'était ce monologue dans la voiture, sur Dieu et l'absence d'enfer, absolument sublime dans la composition de l'image et dans la manière dont il était délivré.

Tom Hardy tient une place spéciale dans mon cœur, parce qu'il n'est jamais vraiment où on l'attend ; c'est une sorte d'Edward Norton en plus bourru, celui qu'on oublie, totalement passe partout, qu'on voit partout sans s'en souvenir. Le film entier est bâti sur la lente dégradation du personnage, et le point culminant où on se rend compte qu'on s'est fait avoir depuis le début, mais qu'on avait tous les indices sous le nez.

L'intrigue m'a un peu rappelé The Lookout (braquage de banque et employé un peu simplet totalement embrouillé par les méchants, complice malgré lui), et donc j'ai attend un twist qui n'est pas venu de la direction que j'attendais. J'aime bien quand ça fait ça.

C'était visuellement très léché, avec des jeux de couleur assez simples mais efficaces (le sang noir sur le lino éclairé par les néons rouges, l'absence de lumière pour symboliser la perte d'espoir, les jeux de miroir pour souligner que la réalité n'est jamais celle que l'on croit).

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dimanche 16 novembre 2014

Interstellar (ciné) - où on apprend que le temps est peut-être relatif, mais pas la durée du film...

Sérieusement, c'était trop long. Ou alors c'est pas moi qui suis faite pour les films de plus de 2h, je sais pas, mais à un moment j'en étais à me demander ce que j'allais manger, ou quelle heure il était. La fin en mode philosophico-merdique était totalement ridicule, et l'ennui a fait place au rire nerveux. Parce que non. C'est quoi cette fin en bois ? C'est quoi ce film en carton ? On m'a vendu un truc léché, novateur et saisissante, et je me retrouve devant un très mauvais film de SF qui a tout pompé sur divers prédécesseurs, et qui n'est pas franchement époustouflant, que ce soit au niveau des images ou de l'intrigue.

interstellar



Tout le début en mode post-apo, fin du monde, la planète se meurt, yaddi yadda, c'était cliché, trop long, déjà fait mille fois. La famille avec ses champs de maïs et le "fantôme" mu par le pouvoir de l'amuuuur, c'était du Signes en plein. Et ça n'a pas manqué, évidemment.

La suite, avec la mission et les pseudo explications scientifiques était barbante et absolument pas crédible. Limite Sunshine avait plus de sens, et au moins c'était joli. Là on s'emmerde et c'est pas vraiment beau à voir. En tout cas j'ai pas pris mon pied. Le trou noir en forme de sphère, mwé, bof... sur le coup j'ai repensé à ces films de SF des années 90, qui n'avaient aucun sens mais qui étaient de bons huis clos bien stressants (Abyss, Sphère, Event Horizon...). Avec des relents de Stargate, dans l'explication pourrave du "on a envoyé douze mec sur douze planètes" et du "des êtres supérieurs ont placé ce trou noir ici pour nous aider", mwé, tout à fait.


Les missions sur les planètes étaient vraiment nazes, et c'est là que j'ai commencé à décrocher sévère, parce que ça manquait de sérieux et de réalisme. Parce qu'on s'attache pas du tout, et que les personnages secondaires sont tout sauf mémorables. Parce que les robots sont absolument ridicules, et qu'ils sont vraiment cons pour confondre des montagnes avec des vagues (putain, ils pouvaient pas faire un scan de la planète avant de foncer comme des cons ?). La planète glacée, c'était encore pire, avec un Matt Damon très peu inspiré, qui se la joue traître totalement cliché, qu'on voyait venir dès le départ. Plus aucun suspense.


Et là, ça part en couille grave, avec du pompage à mort sur 2001, et j'en pouvais plus, il fallait que ça finisse, mais ça n'en finissait plus. Gros WTF, puis rire étranglé sur toute la partie 5e dimension, parce que bon, faut pas déconner non plus, mais même the Tree of Life avait plus de sens. "The bulk beings are closing the tesseract", mais bien sûuuur. Non quoi. Et la fin. Happy end juste pour le fun, et l'autre tâche va pouvoir repeupler la nouvelle planète avec sa copine, oh joie. Quelle daube.

 

En fait ce qui me dérange, c'est qu'avant, dans les films des 80-90, on explorait, parce qu'on était curieux, alors que maintenant, il faut toujours que ce soit adossé à un morale culpabilisante sur la fin des temps et l'humanité à sauver. Et c'est dommage doublement, car quand Matt Damon a commencé à péter une pile, je me suis dit cool, ils vont enfin se lancer dans un film un peu musclé, avec des personnages qui n'ont plus rien à perdre, et qui agissent enfin comme des héros et non comme des connasses amoureuses, ou des pères de famille qui vivent mal la séparation. Mais non. C'était pire.

J'ai aussi été dérangée par l'absence totale de claustrophobie. Dans Abyss, dans Sphère (qui se passent pourtant même pas dans l'espace), dans Alien, dans tous ces films, le péril vient du fait qu'ils soient à deux doigts de creuver si la coque se perce. C'est terrifiant, et ça me paralysait, à l'époque. Là, bof. Si le black avait pas évoqué le problème, ça serait totalement passé sous silence ; le vaisseau offre bien trop de sécurité, c'est bien dommage.

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mardi 4 novembre 2014

'71 (cinéma)

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Le film qui te met mal à l'aise dès le départ (outre le fait que les sièges étaient hyper inconfortables, s'entend), avec un effort commun de la part de la musique et de la réal, pour créer une atmosphère surréaliste dans les rues du Belfast de 1971. C'est la guerre, et comme les soldats britanniques débarqués tout frais de l'école militaire, on est bazardés là-dedans sans trop savoir où donner de la tête. C'est flippant, nauséabond, violent.

L'intrigue démarre au quart de tour, pour le coup j'ai apprécié : tout ce qu'on voit dans la bande-annonce se passe dans les 15 premières minutes du film, et donc après l'émeute, quand le soldat se retrouve tout seul en "territoire" catholique, poursuivi par à peu près tout le monde, on se dit merde, on ne sait absolument pas où ils vont emmener l'histoire après ça.

La scène centrale, LA scène, est proprement magistrale, cruelle, inattendue et d'une violence inouïe. Il y a eu un instant où mon petit monologue intérieur s'est totalement interrompu, et j'ai juste pensé "putain je lui mets 10/10". Après c'est un peu retombé, la fin du film aurait gagné à être plus ramassée, certaines scènes raccourcies ; le réalisateur tente beaucoup de choses, qui ne sont pas toujours heureuses. Mais à ce moment précis, c'était hors concours.


L'intrigue est simple comme tout, mais elle nous tient bien en haleine jusqu'au bout. Quelques petits retournements de situation faciles - les méchants qui font le ménage dans leurs rangs, pour sauver leur peau/asseoir leur position, un grand classique - et d'autres étaient foutrement tragiques.


Les acteurs se donnent du mal, le Jack O'Connell est vraiment pas mal du tout (whump etc, de ce point de vue rien à dire) ; on aurait dit un croisement entre Ackles et McKenzie, c'était fort perturbant. Créature britannique sortie de nulle part, à suivre. Tous les autres, c'était une succession de tronches, et à chaque fois on se dit "zut, d'où je le connais lui..." le souci des acteurs britanniques et de leurs multiples séries. Mention spéciales aux gamins, qui étaient tragiquement superbes.

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