Nao-Asakura's world

critiques de musique, films, séries tv

mardi 2 juin 2009

Le html et moi...

    Je voulais lancer un site pour répertorier les transcripts manquants des épisodes de Doctor Who Classic, que je suis en train de réaliser pour ma team de sous titrage.
(Enfin on en est à la saison 2 et je transcripte la saison 12, mais passons, je suis trop optimiste.)

Et limite j'avais abandonné avant d'avoir commencé, vu que les machins techniques et moi ça fait 15. Mais bon, on m'a dit que je pouvais, que j'en étais capable, que maintenant on faisait des logiciels de WYSIWYG très bien.

Récupération de logiciel, inscription free, tentative. Le html me hait.
C'est lent, très lent, très très laborieux. Il faut m'expliquer trente fois des trucs cons. Enfin qui semblent cons pour celui qui explique. Mais qui sont tout sauf simples. Enfin à mon avis.

Un tas de balises <div> caca plus tard, après une lutte à mort avec des anchors et une grosse prise de tête qu'une conne de balise <center> pouvait résoudre les doigts dans le nez...

Après des tables et des tables et des tables...

Voilà... la chose : http://who63transcripts.free.fr/

Quelque part j'en suis fière, parce que même s'il est méga basique blanc etc... ben, c'est mwa qui l'ai fait. Tout entier. 

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samedi 30 mai 2009

Le post inutile du samedi

Après une après-midi à traduire un épisode totalement loufoque de Doctor Who, un sale reconstitué avec des plans fixes, des sous titres anglais pour décrire ce qui se passe totalement pas calés quand il faut, des personnages hystériques qui gueulent tous en même temps et qui se jettent des tartes à la gueule dans une cuisine psychédélique... 

Après une après-midi, donc, à perdre mes doigts et mon cerveau sur cette trad, je me suis mis un peu de musique, et quand on laisse courir une playlist sur 21,6 Go de musique (et je peux vous assurer un bon tas de merdes), ça donne des trucs inquiétants.

J'en étais arrivé aux "unknown artist" en ricanant et en me disant que ça serait pas mal comme jeu, de chercher qui chantait quoi et de tenter de trier tout ça...

Arrive Hunting Cows, le groupe allemand connu, je pense, uniquement des adeptes du Clown, cette série (allemande) remplie d'explosions, d'hélicoptères, d'hélicoptères en feu, de clowns, de Max Zanders (mu) et de chansons de Queen (à moins que je confonde avec Highlander... enfin là yavait moins d'explosions...)

Donc je me trouve à chanter "Death of a Clown" à qui veut l'entendre, et forcément, vu que je côtoie des gens bien (erm), je tombe sur "le" type qui forcément va connaitre. S'en suit une petite remémoration à deux des moments forts de notre adolescence, à mater des séries allemandes pleines d'explosions (en vrac : Motocops, le truc avec le chien aussi futé que Flipper, mais qui nage quand même moins bien... Special OPS Force, oui, bon, c'est amerloque, et Bugs, là c'est anglais, mais dans le naze qui explose ça se pose là...)

Pendant que mon comparse part récupérer un torrent de 20Go de Clown, "parce qu'il les a jamais vu dans l'ordre"... moi je cherche à mettre la main sur Delta Team, peut être la série la plus naze que le petit écran ait jamais diffusé. Naze mais bien.

Enfin c'est complexe, et quand on est une fan girl de... je devais avoir 14-15 ans à l'époque, forcément, on psychote sur un rien. Et je me souviens brutalement que sur les 12 épisodes que compte cette série yen a bien deux trois que j'ai jamais vu, ou qu'à moitié, pour cause de non réveil (oui, parce que ça passait à 2h du matin, et que moi pauvre conne, je voulais rester réveillée pour les voir).

Bref, je me dis... après tout ce temps (au moins huit ans je dirais), ça doit se trouver sur internet. Tout se trouve sur internet. De la plus naze des chansons (Death of a Clown... c'est probablement un des premiers mp3 que j'ai piratés) à la plus conne des séries.

Eh ben nan. Internet m'a fait défaut ce soir, et pas moyen de mettre la main sur Delta Team - Auftrag geheim! cette belle série naze, pleine de franc maçons, de complots, de mecs avec des masques de peau à la Mission Impossible et de virus tueurs... Snuf.

(J'aime même cherché voir si y avait pas le dvd qui était sorti outre Rhin, tellement j'étais désespérée de me replonger dans mes délires de "jeunesse", c'est dire... Ben nan, a pas non plus.)

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jeudi 21 mai 2009

Libérons la musique

Musique__2_Il y a quelques mois de ça, j’avais appris par NME que Mark Linkous, aka Sparklehorse, nous préparait un nouvel album, The Dark Night of the Soul. Sachant que le monsieur n’avait rien sorti depuis 2006, avec le très inspiré, même si un tantinet trop “lisse”, Dreamt for Light Years in the Belly of a Moutain.
Je découvre que le “projet” sera produit par Danger Mouse, ce qui en soit est une bonne chose si on veut du “moins lisse”.
Puis qu’il sortira en un nombre limité de copies, avec un livre, recueil de photos de David Lynch... Et qu’y figureront pléthore de guests, entre autres Iggy Pop, Frank Black, Julian Casablancas des Strokes. Arg.

Il y a quelques jours, on apprend toujours par NME que l’album ne sortira pas, à cause d’une embrouille entre Danger Mouse et EMI. Merde.

darksoul452_1Mais c’était sous estimer Danger Mouse, en ces temps troublés, qui nous invite par un pied de nez réjouissant à la major qui leur tourne le dos, à pirater le cd en question. Le livre sortira bien, mais accompagné, je cite “d’un CD-R vierge et sur toutes les copies se trouvera la mention : “Pour des raisons légales, ce CD-R ne contient pas de musique. Utilisez-le comme bon vous semble.”  En ces temps troublés (enfin surtout en France, mais passons), poignarder une major dans le dos comme ça c’est admirable et louable.

Personnellement je suis fan des trois compères pris séparément, alors les trois ensemble j’étais aux anges. De plus l’album est prometteur, plein de nuances et de découvertes. J’aime particulièrement l’idée de voir de multiples facettes de Mark Linkous transfigurées à travers les interprétations des guests ; ça redonne à son écriture de l’énergie, du mystère, ce qui manquait peut être à DfLYitBoaM.

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dimanche 10 mai 2009

Rock and Geniuses

  D’habitude (souvent, ok, tout le temps ou presque), la partie fangirl en moi ne peut se départir de son côté critique (chieuse, toujours à chercher la petite bête).
C’est pour ça que je n’arrive pas vraiment à écrire ce que j’ai pensé de Red Dwarf, parce qu’une partie de moi était en joie de revoir cette série à l’écran, j’ai rigolé pendant une heure et demie comme une débile, j’ai adoré, et puis au deuxième visionnage, mon esprit critique a pris le relai et a vu plein de plot holes, d’erreurs de continuité et autres trucs qui me chiffonnent, même si je suis fan. (Mais je comptais pas parler de ça, du tout.)

Je suis chieuse, je fais rien comme tout le monde, et en pratique je suis une mauvaise cible pour la pub et autres phénomènes de mode/société. J’ai mis deux ans à me décider à voir Dexter, Doctor Who, au moins 5 avant de lire Harry Potter, j’ai pas aimé l’adaptation de TLOTR de P. Jackson, j’ai pas acheté American Idiot quand tout le monde en parlait. (Ayé, on se rapproche du sujet en question.)

Mais j’ai quand même de grands élans de fangirlismes, et hier soir quand j’ai récupéré in advance le nouvel album de Green Day, 21st Century Breakdown, j’étais en mode “je vais aimer quoi qu’il arrive”. Esprit critique au vestiaire, c’est le cœur de la fan en délire qui s’est exprimé. Pendant l’écoutage ça faisait un truc du genre “iiiiiiiii” et “j’aimeuuuh”. Fangirl.

Et bon, le lendemain j’ai réécouté ça. Avec mon esprit critique sous le bras et un peu plus de temps pour écouter les paroles par exemple. Et j’aime toujours (sans le “meuh” à la fin). Mais là encore, pas d’article possible (à part ce truc que vous êtes en train de lire, peut être...), parce que je peux pas remplir une page entière de “iiiiiii” et que mon esprit est encore trop fangirlisant pour faire des phrases.

C’est pédant, grandiose, méchant, adolescent, dansant, triste, chouette... Tout ça à la fois et plus encore.
C’est Green Day qui se prend pas pour de la merde, et qui a compris que pour faire de la musique, soit on faisait ce qui plait, soit on se faisait plaisir, quitte à passer pour des salopiauds de Californiens qui se la pètent en se disant rock stars avec des clips mégalomanes et des “album concept”.
Mais ça marche. Parce que quelque part derrière les rock stars il y a encore les punks adolescents de Dookie.

Sur ce : “iiiiiiii”. Et j’irai acheter le cd le 15. *fangirl*

green_day

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lundi 27 avril 2009

A very musical week indeed

La semaine dernière, j’étais à Strasbourg, chez des amies, à l’occasion de la venue de Bob Dylan, le grand, au Zenith. Hier soir je dansais en compagnie de quelques 300 personnes dans la salle miniature du Poste à Galène de Marseille, devant Bonnie ‘Prince’ Billy et son groupe. Depuis le 5x20 de House j’écoute en boucle Meat Loaf.

 



Pour Dylan, je savais qu’il fallait m’attendre à quelque chose de grand et d’un peu impersonnel. Et effectivement, ça l’était. Déjà, toutes les places étaient numérotées, et donc assises. Même en bas, devant (là où j’étais, avec ma Clara)... Bon, quand ça a commencé tout le monde s’est levé et ça a été une espèce de mouvement de foule vers la scène. Mais quand même.

Ensuite, pas de première partie, pas d’écrans sur scène, quasiment pas de communication avec le public. Un rappel et puis s’en va, on est limite frustré sur la fin. Dylan est tout petit (tout vieux), totalement à droite de la scène, le visage caché par un chapeau. Ceux de mes amis qui étaient dans les gradins ont eu un moment de doute... est-ce lui, ou pas ? Que du synthé, une seule chanson à la guitare. Un peu plus et il chantait en nous tournant le dos, le bougre.

Le groupe était sympa, bien mais sans plus. Ils ne devaient pas avoir le droit de bouger sur scène, sûrement. Deux guitares, une basse, batterie et un multi-instrumentiste caché derrière...

Le concert en lui-même, bah... Je dois dire que je fais pâle figure en tant que puriste, vu que je suis fan à mort des premiers albums (The Freewheelin’, The Times They Are A-Changin’, Bringing It All Back Home), un peu des albums électriques (Highway 61 Revisited) et j’avoue que je ne connais même pas les autres. Bon, ben j’ai dû reconnaitre trois chansons en tout et pour tout. Les plus connues étaient réorchestrées, le public ne pouvait même pas chanter ; apparemment il nous a joué quelques chansons de son nouvel album. Promo quoi.

C’était assez rock’n’roll, dans le sens mou du terme. Le folk, oublié, le songwriter, inaudible. Limite on s’emmerdait par moments. En plus l’ambiance dans la salle était pas méga folichonne, faut dire que la moyenne d’âge était pas mal similaire à celle du vieux Bob.

 



Pendant toute la semaine, j’ai écouté la trilogie des Bat Out Of Hell de Meat Loaf, dans le TGV, etc. Vous allez me dire, on s’en fout, c’est pas un concert, mais c’est important pour saisir l’ambiance musicale dans laquelle je me trouvais. Lui, je le connaissais de nom, j’ai mis deux jours à capter que c’était “Robert Paulson” de Fight Club, mais je ne savais pas qu’il chantait.

Je l’ai “découvert” grâce à une très grande amie d’internet, qui était traumatisée après avoir vu le 5x20 de House, mais pas pour les mêmes raisons que nous pauvres fans. Elle, c’était parce que le vieux qui fait une crise cardiaque dans l’épisode, c’est Meat Loaf Aday. Tellement vieux que je l’ai pas reconnu. Devant un tel élan de fangirlisme inattendu de la part d’une amie avec qui je n’ai jamais été en désaccord sur quoi que ce soit jusqu’à présent, j’ai décidé de me pencher sur la question.

Et j’aime. Bat Out Of Hell, le premier, date de 77, et c’est une espèce d’opéra rock, du hard rock dans le sens 70’s du terme, une voix, comme on en fait plus, des paroles plus qu’intéressantes, et une concision qui fait qu’on ne peut que succomber. Après il y a eu BOoH II : Back In Hell, en 1993, et BOoH III : The Monster Is Loose, 2006, moins concis, moins novateur, mais toujours intéressant. C’est vrai, c’est puissant, c’est musical. Dylan, en comparaison, ça faisait très exposition de musée. Joli, mais qu’on a pas le droit  de toucher.

 



BPB_2Hier soir, après une journée de pluie, de grisaille et d’orage, même pas 24h après être descendue du TGV, je suis allée au concert de Bonnie ‘Prince’ Billy, au Poste à Galène, la plus petite des salles sympa sur Marseille. Bonne acoustique, bonne ambiance ; c’était une petite salle bien pleine.

Le sieur Bonnie ‘Prince’ Billy, de son vrai nom Will Oldham, je l’ai découvert en écoutant Johnny Cash, qui avait repris une de ses chansons sur un des American Records ; I See A Darkness. Je connaissais surtout la part folk/songwriter du bonhomme. Ce n’est que très récemment que j’ai découvert ses multiples autres facettes.

Le concert a commencé tardivement, vers 21h30, première partie jolie mais assez peu inspirée, un trio de nordiques qui planaient quelque peu. Les textes étaient trop mièvres à mon goût, ça swinguait pas assez. Mais on n’insistera jamais assez sur l’importance de la première partie dans un concert. Elle chauffe la salle, on se met en train, on se concentre, les retardataires ont tout loisir d’arriver vers 22h...

BPBWill et son groupe se font attendre, arrivent, passent du temps à s’installer, s’accorder. La scène miniature du Poste à Galène est vite investie : batteur barbu, ventru, débonnaire, un contrebassiste, à gauche, derrière un tout jeune choriste/guitariste, une jolie violoncelliste, elle aussi au micro, et sur la droite, quasiment en retrait, Bonnie ‘Prince’ Billy. Quand il arrive il s’est changé (oui, parce qu'il était dans la salle pendant la première partie), chemise blanche, boutons nacrés, salopette de fermier texan. La moustache et les rares cheveux en bataille complètent le personnage, qui se saisit d’une guitare noire. On se croirait dans une grange, quelque part en Amérique ; l’ambiance est toute de suite chaleureuse.

Lui non plus, je ne connaissais pas tous ses albums (il faut dire qu’il est extrêmement prolifique), et lui aussi, il aime réorchestrer ses chansons sur scène. Mais là c’était puissant, émouvant, intelligent ; ça prenait aux tripes. Des chansons folk/pop, des chansons à la Arlo Guthrie, des chansons à la Neil Young. Tantôt électrique, tantôt diaphane et aérien. Le groupe s’est chauffé et au bout de trois quatre chansons c’était magique.

Ils ont joué près de deux heures : un rappel de circonstance, suivi de deux autres, la dernière chanson précédée d’un humoristique “one last song and we get the hell outta here”, de la part de Will Oldham. Et à la fin on était heureux. D’une part parce que musicalement c’est à la fois profondément ancré dans une tradition de musique américaine, mais aussi très novateur et surprenant, parce que les textes sont magnifiques, mais surtout parce que ce bonhomme à la dégaine tout sauf rock, accompagné de ce groupe qui semble de prime abord hétéroclite, est grand. Il était possédé, quelque part, sur scène, par l’esprit du rock, par ses textes, par le moment présent, juste pour le plaisir de partager quelque chose avec son public.

BPB_3

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dimanche 12 avril 2009

Doctor Who à Pâques

Article à haute teneur en spoiler... Attention !

Inconsciemment je m’étais dit : “je regarde le Doctor Who special Easter (The Planet of the Dead) en premier, c’est une valeur sûre ; pas comme les nouveaux Red Dwarf” (que je n’ai pas encore vus, merci de ne riiien dire, même pas un petit “c’est bien”).

Eh bien, je n’ai pas aimé. Ce n’était pas entièrement nul et j’ai quand même bien rigolé, mais l’ensemble était mauvais. Tout sonnait désespérément faux, il n’y avait pas cette “magie” qui fait le charme des Doctor Who et rend le méchant le plus ridicule intéressant, terrifiant, etc. Là, les méchants en question n’ont aucun intérêt, ils sont juste là pour montrer les beaux effets spéciaux qu’on fait au Pays de Galles. Doctor Who pour moi c’était faire peur avec rien – des ombres, un sourire, un ballon rouge, des roulements de tambours… – et toujours garder le rationnel et la morale dans les parages. Le Docteur n’utilise pas d’armes à feu, il méprise les militaires, il essaye de comprendre ses ennemis et les prend en pitié plutôt que de les combattre seulement.

L’intrigue est un peu similaire à Midnight dans la mise en place, la théâtralisation : une poignée d’inconnus se retrouve en perdition au milieu de nulle part, cette fois un désert, sur une autre planète, avec le Docteur comme seul aide. Sauf que cette fois les seconds rôles sont mauvais, ils crient, se lamentent, mais on n’y croit pas. Le Docteur est bon, mais il n’est pas assez flamboyant ; il n’y a qu’un quart de secondes dans tous l’épisode où j’ai vraiment retrouvé ce je ne sais quoi de magnifique qui fait le Docteur. Le reste du temps c’était terne, plat. Banal.

Pourtant tous les éléments étaient là, si l’on ôte du tableau les hommes-mouches prodigieusement ridicules, dont la seule utilité se résumait à faire des bruits… de mouche, s’agiter devant le Docteur et fournir un vaisseau spatial cassé, sur lequel le Docteur va prélever sans trop se gêner de quoi réparer son bus en panne. On pense aux hommes-poissons de The Doctor’s Daughter, sauf que cette fois il n’y a quasiment pas de communication et ils se font bouffer juste pour montrer à quel point les raies manta du désert sont voraces. Là ça faisait peur, mais ce n’était pas esthétique pour un sou.

Le suspens était mal utilisé, mal distillé : les réactions de tous les personnages sonnent faux. Quand à la toute fin, la Terre est en passe d’être envahie par des raies tueuses et que le Docteur n’a plus beaucoup de temps pour repasser le trou dans l’espace-temps, la militaire d’UNIT ne trouve rien de mieux à faire que de menacer le pauvre scientifique de sacrifier le Docteur, avant de sortir voir les raies qui viennent de passer, sans donner d’ordres précis. A aucun moment le Docteur ne semble vraiment se soucier du sort de la Terre, même si à la fin il ajoute après coup qu’il s’occupera d’envoyer les raies sur un monde inhabité.

La scène finale, c’est un gros merdier où les raies volètent sans rien faire de vraiment dangereux, le Docteur fait planer au-dessus de Londres un bus plein de seconds rôles qui font des “oh” et des “ah”, et les militaires d’UNIT canardent à tout va.

La medium dans le bus aurait pu être un personnage intéressant, même si la sensation de déjà-vu est énorme – on pense à la scène magistrale de The Fires of Pompeii où les deux mediums rivalisent de par leurs visions au sujet du Docteur, et au climax à propos du retour de Rose. Mais là le personnage est sous exploité, et visiblement présent uniquement pour annoncer le retour du Master. Toujours est-il que j’ai quand même frémi lors de ce dernier échange : “Your song is ending, sir” // “What do you mean?”// “It is returning, it is returning through the dark… And then, Doctor…  oh, but then... He will knock four times.” Je n’étais pas pour le retour de John Simm en Master, mais en fait je pense que ça me plaira.

En comparaison, j’avais nettement plus apprécié le special de Christmas, The Next Doctor. Et pourtant je n’aime pas les Cybermen, des méchants ridicules et totalement dénués de sentiments, ce qui empêche le Docteur de les comprendre, de les plaindre peut être… Sauf que cette fois, les secondes rôles étaient magistraux, surtout la méchante, qui donnait une âme, un esprit diabolique et perverti aux Cybermen ; et que dire de Morrissey, le miroir du Doctor, l’homme qui s’est pris pour un Time Lord pour échapper à la douleur du deuil. Et que dire du Docteur lui-même dans cet épisode, brisé, triste, seul, forcé de regarder un autre que lui jouer au grandiloquent sauveur tandis qu’il le suit dans l’ombre.

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mardi 7 avril 2009

House, les scénaristes veulent ma mort (c'est un compliment)

Spoiler généralisé pour une partie de la saison 5. Enormissime spoiler pour le 5x20, soit l'antépénultième épisode de cette 5ème saison. Mais là il fallait que j'écrive ce que j'avais sur le cœur.
Et ya pas de photos parce que je suis tristeuh. Bouhouhouh.




Je l'avais dit, ou peut-être pas, enfin en tout cas je l'avais pensé très fort, cette saison 5 tournait principalement autour du thème du bonheur ; des gens malheureux qui ne le savent pas, des gens tristes, des gens qui croient qu'ils ne seront jamais heureux... Et House au milieu de tout ça avait à faire à tout un tas de facettes de lui-même à travers les patients que lui et son équipe traitent.

Et puis il y a le 5x20, Simple Explanation. Trois épisodes avant la fin de la saison donc. Et Kutner meurt. Se suicide. Comme ça, paf, au début de l'épisode carrément, sans la moindre explication, sans rien. C'était tellement subit, terrible, monstrueux, que House et moi-même avons pensé à un meurtre maquillé en suicide. Mais non, même pas.

Celui qui ressemblait le plus à House a mis fin à ses jours (auparavant c'était Foreman qui était le plus proche de Gregory, mais sa relation amoureuse avec Thirteen le rend humain, chose que House ne parvient pas à accomplir auprès de Cuddy. Bonheur qu'il se refuse inconsciemment ? Peur de se montrer humain ? L'épisode où Cuddy est en passe de devenir maman par adoption est tout bonnement retournant, car House avec des sentiments, c'est un House faillible, qui devient méchant sans raison, parce que contrairement au reste du temps ce sont ses émotions qui prennent le dessus sur la pensée intellectuelle qui elle parvient à mettre à distance le monde).

Tout l'épisode est nimbé dans le gris, et la culpabilité. Même House est retourné, à sa façon, et je ne pense pas que pour une fois l'explication rationnelle de Wilson soit valable (House aurait peur d'être en train de perdre son don pour décrypter les gens, étant donné qu'il n'avait pas décrypté Kutner). House n'a pas décrypté Kutner parce qu'il n'y avait rien à décrypter, ou peut-être parce qu'il était impossible d'y faire quoi que ce soit.

Et à la toute fin, à la dernière image sur le visage songeur de House, on ne peut s'empêcher de se demander si House n'est pas en train de revenir sur ses paroles : qu'il vaut mieux vivre dans un monde de douleur que mourir. Je n'ose imaginer ce que nous réservent les deux derniers épisodes.

Sur une note plus gaie, et encore, l'avant dernier épisode diffusé, le 5x19, Locked In, est pour moi dans la catégorie des épisodes de série TV qui mériteraient un prix. La quasi totalité de l'épisode est vue à travers les yeux d'un tétraplégique (en fait atteint d'un locked-in syndrome causé par une infection) qui ne peut que suivre les visages des yeux et cligner les paupières. A travers les yeux du patient, tous les éléments habituels de l'interaction entre les protagonistes, House, Cuddy, Wilson, etc s'en trouvent éclairés d'une lumière nouvelle. Diablement intriguant.

C'est la première fois, avec peut-être l'épisode de l'autiste, que House se montre si gentil avec un patient. Si proche, si attentionné. Tout ça parce que le type est un légume et qu'il n'a pas son mot à dire dans la conversation. House pense tout haut face à un corps mort, dans lequel se débat un esprit qui ne peut pas lui parler ni le contredire. Quelque part ça en dit long sur le docteur lui-même.

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vendredi 20 mars 2009

The Little Prince

Saez, ça avait été pendant un temps un des rares “rockers” français/francophones. Après le remarqué premier album Jours Etranges – et son single Jeune et Con, encore au goût du jour, je viens de revoir le clip à la Tv, ça m’a fait tout bizarre de voir le petit kabyle, et de se dire, oula, déjà neuf ans… – il a suivi une évolution musicale intéressante, avec l’étrange double album God Blesse ; un pamphlet, une promenade poétique, un mélange de classique et de rock, de guitares et de piano.

Debby, c’était déjà moins bon, tant au niveau des textes, volontairement “baudelairiens” sans que ça ne même à grand-chose, qu’au niveau musical – cela dit, la tournée 2004 qui a suivi la sortie de l’album était très bonne, et le concert des Docks reste un excellent souvenir. 

Après, grand silence. Quelques chansons prometteuses, en anglais, sur myspace. Killing the Lambs, Numb, Yellow Tricycle. C’est très rock, très “surprenant” ; quand un nouvel album est finalement annoncé pour 2007 j’en espère beaucoup – et on se retrouve avec un triptyque pompeux, des balades sans originalité – téléchargé, supprimé, même pas acheté – aux antipodes par rapport à ce que laissaient espérer les chansons de myspace, qui ne se trouvaient même pas sur ce triple album…

Et paf, 2009, sur un présentoir de la fnac je trouve un album de Yellow Tricycle intitulé A Lover’s Prayer ; forcément, je title, et effectivement, les chansons perdues sont toutes présentes – un album intégralement en anglais, collaboration apparemment, et Saez n’y est crédité que par son prénom, Damien. Sobre, intéressant, intriguant.

J’achète rarement des cd en magasin, vu qu’actuellement je suis focalisée sur les 70’s en Grande Bretagne (cherchez pas The Hollies, The Strawbs ou Slade à la fnac ou toute autre enseigne grand public, c’est peine perdue), mais là j’ai craqué. Fangirlisme sûrement.

Yellow Tricycle, douze chansons entre musiques un peu déprimantes et désincarnées à la Bonnie Prince Billy (Ghost Downtown, A Lover’s Prayer), rock énergique, grinçant, saturé, qui rappelle un peu le “punk” Green Day-ien (Your Leather Jacket), chansons inclassables et protéiformes (Killing the Lamb).

Après un peu trop de “Saez le poète” (poète maudit, poète qui parle des malheurs de la société et de la jeunesse, poète puéril parfois) voilà le retour de “Saez le musicien”. Musicien qui expérimente mais prouve aussi qu’il écrit toujours, même si c’est en anglais maintenant. Désenchanté. Les cœurs, l’orchestration, donnent une unité à l’album qui manquait à Debby, trop commercial, trop “je me la pète” et je veux passer à la radio. Formaté. Ici c’est moins complexe et torturé que pouvait l’être le néanmoins très bon God Blesse ; c’est poétique dans le fond et pas dans la forme. Ça n’en fait pas trop, ça ne prétend à rien. Définitivement une influence folk américain.

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dimanche 8 février 2009

On the Road so far...

Supernatural  - saison 4 - première partie (spoilers jusque là)

Cette série c’est un peu Buffy qui aurait bouffé des hormones ; à l’héroïne féminine se substituent deux frères, qui ne font pas dans la dentelle. Les autres personnages sont tous des hommes ou presque – le père, Bobby, le démon aux yeux jaunes (Yellow-Eyed Demon), etc. Dans les deux dernières saisons les scénaristes ont ingénieusement tenté d’introduire des personnages féminins autres que ceux qui sont morts (comme la mère des frères et la copine de Sam) : la tenancière du bar repaire de chasseurs et sa fille Jo, le démon anciennement humain Ruby ou la voleuse intrépide et retorse Bela. Mais ces filles se révèlent plus masculines qu’autre chose, ou du moins tiennent facilement tête aux héros masculins.

Dans Buffy, le monde est peuplé de monstres et de créatures tout juste échappées des Enfers, à bien des égards la vision du monde est ici similaire, même si plus sombre à mon avis. Car si dans la série de Josh Whedon les héros avaient leur famille, leur lycée pour se rassurer, Gilles en bibliothécaire/figure paternelle/mentor, dans Supernatural, le monde est vaste : c’est un road movie sans fin à travers l’Amérique tout entière. Le père ne brille que par son absence et Bobby est un peu cette figure et ce mentor mais il est brutal, alcoolique, il a ses propres démons, même s’il demeure érudit à sa manière. Tout ce qui fait la stabilité de la série c’est la dynamique des deux frères, et la voiture, une magnifique Chevrolet noire, qui est un peu le troisième personnage de l’histoire.

Mais au contraire de la série de Josh Whedon, où l’humour et la couleur étaient dominants, malgré la noirceur des dernières saisons, dans celle d’Eric Kripke, loué soit-il, la noirceur fait partie intégrante de l’image même. Le monde est gris, le monde est délavé. L’humour reste présent, mais il est adulte et masculin. La violence est omniprésente et laisse des traces ; Buffy était dotée de pouvoirs et encaissait bien les coups.
Les héros sont en mouvement, sans autre attache que leur lien fraternel et la présence fugitive de leur père, sur la route, dans l’arrière pays. Il est rare de voir un épisode dans une grande ville, car un peu à la manière d’X-Files, le mal frappe toujours dans des bleds reculés. Où les secours sont plus longs à arriver. Où les gens se connaissent et où les chasseurs n’ont pas de mal à monter un bateau en se prétendant agents du FBI.

Comme dans Buffy, on note une évolution quant aux dangers à affronter et aux menaces à combattre. La saison 1 tourne autour de la recherche du père disparu et des non-dits au sujet de la mort de la mère des deux frères. La saison 2 approfondit ce thème tout en dressant de nouveaux méchants sur leur route et en développant la tragédie familiale. La dead-line est plus féroce encore, impliquant l’ouverture à venir des portes de l’enfer.
La saison 3 est la plus terrible à mon avis, avec le drame personnel de Dean, qui a vendu son âme à un démon pour ramener son frère d’entre les morts. Il ne lui reste qu’un an à vivre ; c’est-à-dire la durée de la saison. Et on espère, on espère tout le long, tout en se préparant au pire, exactement comme les Winchester. On espère, mais Supernatural n’est pas une série optimiste, c’est noir, très noir. Et dans le dernier épisode, les chiens de l’enfer (Hellhounds) débarquent à l’heure dite et Dean est réduit en charpie, entrainé en enfer sans espoir aucun.

Mais à cette époque-là déjà la saison 4 est en tournage, elle se prépare, et comme je suis forte, je n’ai pas cédé à la tentation des spoilers. Comme je sais que Supernatural est une série basée sur les cliffhangers atroces liés au fil directeur de chaque série, j’ai préféré attendre d’en avoir assez pour les regarder d’un coup. Onze épisodes en deux jours ; quasiment un record personnel. La saison 4 introduit un nouveau type de créatures : les anges. S’ils ont effectivement des ailes, ils sont tout sauf “angéliques” et même quasiment perdus dans cette zone floue entre le bien et le mal.

Au début de Supernatural, les “chasses” étaient simples : une créature monstrueuse fait des ravages, tels Mulder et Scully new génération, Dean et Sam débarquent, trouvent comment lutter et finissent par la tuer, sauvant le monde ou à défaut le patelin perdu où la bête sévissait.
Mais au fur et à mesure que les choses se déroulent, que les situations personnelles se complexifient, que les menaces augmentent, cette simplicité apparente, d’un monde où les créatures maléfiques seraient le mal et le héros tueur le bien, commence à se fissurer. Le démon aux yeux jaunes sème le doute entre les frères, les “secrets” qui traversent toute la saison 3, au sujet des pouvoirs de Sam démontrent que cette typologie du monde n’est plus possible.

L’autre déclencheur est un tueur, un Noir du nom de Gordon, la Némésis personnelle des deux frères. Avec lui tout est blanc ou noir, bien ou mal, et Sam réalise qu’il ne peut plus, étant ce qu’il est, se conformer à ce raisonnement simpliste. L’ironie voudra que Gordon se retrouve vampirisé, découvrant de l’intérieur ce que ceux qu’il chassait froidement ressentent.

Supernatural a suivi une progression quant aux créatures rencontrées, organisant une mythologie du monde, un bestiaire démoniaque, des codes et des règles (la blague récurrent étant que les vampires ne craignent pas l’ail ni les pieux et que les loups garous ne sont pas entièrement couverts de poils). Les créatures tout droit sorties de Buffy et du folklore américain cèdent la place aux démons ; dotés d’une psychologie, d’aspirations, de croyances, ils en deviendraient quasiment “humains”.

Et à présent nous avons les anges. Faut-il y voir le prêche pour l’existence d’un dieu ? Sans doute, mais rien n’est clair, rien n’est affirmé. Les démons aussi disent vénérer un dieu… Il s’agit de foi, et quelque part c’est bien plus troublant que tous ces monstres et ces menaces terrestres. Le monde est mauvais, le monde est injuste, le monde ne récompense pas les justes, pas plus qu’il ne punit les méchants. Comment ces deux chasseurs confrontés au mal tous les jours de leur vie pourraient croire en l’existence d’une puissance divine ?

La saison 4, du moins la première partie, étant donné que j’attends la fin de sa diffusion US pour finir de la regarder d’une traite, propose une intéressante dichotomie ; les deux frères ont été séparés quatre mois, bien des choses ont changé, ils semblent avoir pris des chemins opposés. Tous les deux ont été ramenés d’entre les morts, mais Dean par un ange, et Sam par un démon ; de la même façon, tous les deux fricottent avec des femmes qui ne sont pas humaines, là encore ange et démon. Les anges eux-mêmes, Castiel et Uriel sont dissemblables et en conflit quant aux méthodes à adopter. Ils sont perdus, incertains, car eux aussi doivent croire, avoir la foi sans preuve.

Remarque : Mention spéciale pour les titres des épisodes, qui sont très souvent des titres de chansons ou d’albums. Pour n’en citer quelques uns :  In My Time of Dying, Houses of the Holy, What Is And What Should Never Be (Led Zeppelin), Born Under a Bad Sign (Cream/ Hendrix), Folsom Prison Blues (Johnny Cash), The Magnificent Seven (le Clash), Time Is On My Side (les Stones), Wishful Thinking (Pulp)….

Il y a aussi pas mal de references à des films, mais comme c’est de vieux films qui ne me sont pas venus spontanément à l’esprit… ça manqué à ma culture quoi.

Posté par nao_asakura à 11:55 - série TV - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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samedi 10 janvier 2009

Dans les bois éternels

Je ne suis pas apte à lire des romans policiers, et mon esprit, quand trop de suspense et de mystère l’assaille, a tendance à courir trop avant pour se perdre finalement dans des méandres incertains. Il est des romans qui n’ont de policier que le nom. Il est des auteurs qu’il faut révérer parce que leur monde personnel est peut être plus vaste que le monde réel. Et il est surtout des auteurs qui manient les mots avec un tel plaisir, une telle dextérité que c’en est rassurant.

Fred Vargas ne cessera jamais de m’émerveiller, et me replonger dans son monde fait d’échos et de petits riens est un de ces plaisirs rares, qu’il faut choyer et ne pas laisser gâter par les médisants. Ceux qui voudraient plus d’action, plus de vraisemblance, moins de précautions et moins de poésie. Ceux qui, jaloux ou tout simplement incapables de s’abandonner aux mains d’un auteur et de se laisser entrainer “de l’autre côté”, relèguent ces livres au rang de phénomènes littéraires, ceux qui reprochent à l’auteur de trop “s’écouter écrire”. Moi je reproche au contraire à tous ces auteurs contemporains de ne pas écouter leurs propres écrits, ne pas croire en leurs mondes, si tant est qu’ils en soient dotés.

La force et l’originalité, c’est la paresse de son héros, de tous ses héros, des hommes si caricaturaux qu’ils en deviennent aussi réels que peuvent l’être les personnages de Pratchett. Un monde cohérent, plaqué sur le nôtre et pourtant si différent. L’intrigue n’a jamais rien de spectaculaire, ce n’est que du vent, un nuage que suit pensivement le rêveur commissaire. Ici, Dans les bois éternels, c’est un fantôme, des blessures du passé, des gens qui cherchent vengeance mais qui le font en secret, sans même parfois en être parfaitement conscients.

On a envie d’y croire… de s’immerger totalement dans ce monde alternatif, où les croyances moyenâgeuses permettent de résoudre des enquêtes policières, où les vieux sont pleins de sagesse bourrue et de secrets, où les policiers ont tous des lubies et des dons insoupçonnés. Et puis qui refuserait de se laisser entrainer dans le sillage incertain du petit commissaire ? Un flic bien improbable, mais à y bien regarder pas plus déplacé que tout le reste de ce monde fictif. Celui qui fait attention aux présages, aux ombres, qui ne réfléchit qu’en marchant, Béarnais sombre tout juste descendu de ses montagnes.

Ce qui se rapprocherait, littérairement parlant, de ce cheminement poétique dans un monde si semblable au notre et pourtant tellement insoupçonné, ce sont les romans de Jean Giono, et je pense surtout à Que ma joie demeure. Les vieux sont écoutés, la nature a une place plus que primordiale, menacée par la mécanisation et la deshumanisation. Et on cherche la poésie de la vie, à travers les facéties de l’étranger, Bobby, celui qui parle de la “graine des ailes” qui pousse dans les épaules des chevaux, qui veut planter des fleurs dans la vallée et donner les graines aux oiseaux… Les traditions qui se font sans qu’on ne sache comment.

Adamsberg, c’est un bout des Pyrénées descendu à Paris, un flic improbable aux qualités pourtant indéniables. La tension qui l’habite, malgré ses airs de rêveur, ses yeux absents et son apparence froissée, est le contrepoint salvateur qui donne de la force à ces romans. Il suit une lubie, un “rien”, une intuition, que personne d’autre que lui n’est à même de ressentir ou même de suivre. Il la tient jusqu’au bout, il ne lâche rien, même si ça doit le mener à sa perte. Heureusement pour lui, il est bien entouré, avec Danglard, le dévoué surdoué qui se voit moche et vit dans l’ombre de son commissaire.

Posté par nao_asakura à 21:51 - divers arts - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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