Sherlock Holmes - A Game of Shadows (2011)
Ça faisait deux mois et demi que je l'attendais (plus tout le temps entre le premier et le second film). J'ai tenu. Je l'ai pas vu en français, je me suis pas spoilée, j'ai supporté ceux qui n'ont pas aimé, ceux qui ont critiqué, etc.
Parce que j'avais aimé le premier à un niveau fangirlistique inégalé (je n'ai toujours pas réussi à le regarder d'une traite, même après trois essais), j'avais pour la suite de grands espoirs et de grandes craintes. En plus, entre temps, il y a eu le semi-fiasco de la saison 2 de Sherlock BBC. J'ai pas adhéré, j'ai lâché l'affaire.
Mais le héros en lui-même, les livres, l'histoire et le duo, c'est resté, ça restera de toute manière, quoi qu'il arrive et quelles que soient les adaptations.
Et... j'ai pas été déçue. Du tout. Le Moriarty de Ritchie est superbe, dans le sens où il a ses raisons. Celui de Moffat est un pantin gesticulant et ridicule, trop de revisitation tue l'adaptation. J'aime. Le Mycroft de Ritchie est superbe, mais forcément, vu qu'il s'agit de l'unique Stephen Fry.
Le subtext s'est un peu fait la malle (se seraient-ils fait taper sur les doigts, j'en sais rien, et de toute manière il est tellement établi après le 1 qu'on en a plus besoin), mais l'alchimie est toujours là. Et putain que c'était excitant.
Un film moderne, mais pas en 3D, visuellement original, mais aussi personnel. Je ne nierai pas que le 1er avait plus de scènes "wow", des moments parfaits - mais le 2 est tellement survolté et terrible pour les nerfs qu'on lui pardonne. Et la fin. La putain de fin tellement bien amenée :')
Je vais devoir reprendre ma relecture de l'intégrale de Conan Doyle, et c'est à ça qu'on voit que Ritchie a réussi où Moffat à échouer : il m'a redonné envie de me plonger dans l'univers de SH, plus que jamais.
What time is it? It's... Adventure Time!
Dans le Pays de Ooo (prononcer "ouh"), la Terre, en mode post-apocalyptique, où la magie et les créatures mythiques (gobelins, fantômes, vampires...) sont monnaie courante, vivent deux héros, dont la série raconte les aventures ; Jake the Dog et Finn the Human.
C'est un dessin animé. Tout mignon/bizarre, au choix. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça commence in media res, avec du très très bizarre. Qui se passe d'explications, curieusement.
On est parachutés dans un monde futuriste/fantaisiste/étrange, avec des petits personnages en forme de gâteaux, et des zombies accros au sucre, des princesses, un chien élastique qui parle, un nuage tout plein de bosses, et autres cocasseries.
Les deux personnages principaux, un jeune garçon intrépide, le dernier humain de Ooo, et Jake, un chien magique (il peut changer de forme et de taille à volonté), cynique et fêtard, sont totalement dingues et survoltés. Ils évoluent dans un monde tout aussi fou, fait de régions disparates, où on devine par moments des vestiges de notre civilisation - le pays de la glace, où le Ice King mal aimé fomente des plans pour enlever des princesses, aidé de pingouins qu'il appelle tous Gunter ; le pays des bonbons, où tous les habitants sont des sucreries (Princess Bubblegum et les Candy People), etc.
C'est inventif, tant visuellement qu'au niveau de l'écriture (les personnages parlent une langue qui tient du conglomérat de néologismes, de mots d'enfants, de moyen anglais vaguement parodique et de "hip" language tout droit sorti des 60s. C'est déconcertant et extrêmement plaisant). C'est dépaysant et on a pas le temps de s'en lasser, parce que c'est court et que rien n'est répétitif.
Essayer de résumer un seul épisode peut conduire votre interlocuteur à envisager de vous faire interner, donc je ne m'y risquerai pas... Le premier épisode est tellement décalé, surprenant, fou et beau, qu'on se retrouve happé dans un tourbillon, et qu'il est terriblement facile de devenir accroc - d'autant plus que le format incite à la boulimie d'épisodes.
C'est déjanté, mais c'est bon, pourquoi pas. On part du principe que c'est un truc pour gosses et donc du grand n'importe quoi. Sauf qu'au bout d'un tout petit moment (une dizaine d'épisodes), on se rend compte que c'est tout sauf simpliste ou "pour les gamins".
L'écriture est surprenante, dans son emploi quasi constant de mots vieux, bizarres, recherchés, peu communs. Le genre de trucs qu'on s'attendrait jamais à entendre dans un show débile pour les gamins. (Même si le but premier de ces détours linguistiques semble être celui d'éviter les gros mots et les tournures familières, chose ultra ique dans les dessins animés.)
Le postulat, dans ma tête, serait "on vous propose une série folle, sans queue ni tête en apparence, mais on vous la fournit dans un anglais remarquable". Avec en prime de chouettes voice artists (le jeune qui fait Finn, et le doubleur de Bender dans Futurama pour Jake), et plein de chansons un peu con qui restent horriblement dans la tête. Que du bonheur.
Hunger Games (ciné)
Le film dont je savais presque rien (le synopsis, vaguement), dont je n'avais pas vu la bande-annonce, ni lu aucune critique. J'y suis allée les mains dans les poches, et je n'en attendais strictement rien. Ou plutôt si, j'en attendais tellement que j'avais pas eu besoin de me renseigner. J'y suis allée pour Jennifer Lawrence, et à cause de tumblr. Et je regrette pas DU TOUT.
L'intrigue, dans le fond, elle est conne. Et après coup, quand on y réfléchit un peu, elle est plus sensée et profonde qu'il n'y paraît. C'est assez paradoxal. J'ai donc passé les 3/4 du film à chialer (émotive, moi ? nooon), en me disant que l'histoire était bof, mais tant pis. Et je suis sortie en réfléchissant aux implications.
Le parallèle, la métaphore filée on pourrait presque dire, entre les jeux du cirque de l'Empire romain, et les Hunger Games télévisés de ce monde contre-utopique, était bien mené, tout du long.
L'attention portée au détail m'a réjouie, et il y avait peu d'effets spéciaux mal faits qui faisaient tiquer (c'était le seul truc que je redoutais).
Les acteurs sont tous excellents, avec des connus et des pas connus, des importants et d'autres qui meurent rapidement. On s'attache, terriblement, et de manière assez inattendue. Je suis toujours amoureuse de Lawrence, même en brune (encore plus en brune ?).
Et même si la fin laisse un goût amer d'inachevé, même si certains aspects simplistes de l'histoire sont critiquables, même si mettre des guêpes tueuses au milieu du film, c'était cruel !! j'ai adoré.
Projet X (ciné)
Alors, bon, c'est pas le film de l'année, loiiiiiin de là, mais ça reste sympatoche, quand on a des bonbons et qu'on est bien installé.
Le comparer à Very Bad Trip serait rendre justice à aucun des deux films. Je vais dire que je place celui-là au même niveau que VBT2. Voire un peu au-dessus.
Tout le début est lent, un peu niais/pas drôle, tout filmé en caméra à l'épaule, le genre bien énervant. Les trois personnages principaux sont des lycéens sans amis, qui décident de documenter l'organisation d'une grande soirée pour l'anniversaire de l'un d'entre eux. Sauf que ça vire au grand grand n'importe quoi. L'intérêt, c'était de voir ce n'importe quoi avoir lieu en direct, au lieu d'avoir juste le puzzle et les images de fin dans les Very Bad Trip. Le truc dommage, c'est que du coup l'histoire était plate et linéaire, on se faisait un peu chier.
J'ai pensé aux Beatniks, et à ces histoires de fêtes qui prennent vie et qui durent plusieurs jours. Là, ça vire (presque) au drame, avec émeutiers et lance-flamme. Soit, la surenchère hollywoodienne, en somme. Mais l'ensemble était drôle, moins vulgaire que je pensais (édulcoré en traduction peut-être), et moins déjanté que j'espérais.
The Boondock Saints (1999)
That was... Oh my. What the... It's...
I'm... Confused.
Oh.

Probablement le meilleur film que j'ai vu depuis des mois, haut la main. Quand tu adhères au truc alors que ça fait même pas 2 minutes, et que le bandeau de titre est même pas encore apparu, tu sais que ça va être grand. Et puis quand t'as un film pareil qui te déboule devant les yeux, tu sais même pas d'où c'est sorti un truc aussi beau... C'est l'extase.
Ce film a 13 ans. C'est énorme, 13 ans, et pourtant il est exceptionnellement génialissime. C'est un cas classique de : je fais un aperçu, ça a l'air vieux et moche, du coup j'ai pas envie de le mater. Mais dear godness, heureusement que tout l'univers a subitement décidé de me pointer ce film du doigt la même semaine, parce que qu'est-ce que j'ai pris mon pied...
Les personnages sont géniaux. Les acteurs sont géniaux. Willem Dafoe est... there is no word. Les scènes alternées enquête/réalité sont sublime, et juste au moment où tu te dis, okay, c'est très bien mais un peu répétitif, tu as cette putain de scène grandiose où les deux parties se rejoignent, où les personnages d'un bord fusionnent avec ceux de l'autre, où Dafoe pète carrément une durite et passe du côté obscur de la force. C'est beau.
La fin est belle. L'ensemble est beau. Le whump était beau. J'ai apprécié l'attention au détail (et pourtant je suis très pointilleuse sur le whump...).
C'était une comédie noire, c'était horriblaffreux et pourtant on rit la moitié du temps. Parce que c'est moralement ambigu tout du long, et pourtant terriblement justifié.
Les éléments mythologiques/religieux étaient grands. Juste chouettes, dans le degré de détail malgré le postulat de départ bourrin et comique. Il y a de grandes choses, cachées, partout.
Je pense que je vais le revoir un jour prochain. Cerveau fondu .___.
Hesher (2010)
Léger sentiment de WTF à la fin, mais c'était un excellent film au demeurant. Un truc à part, à la fois malsain et jouissif, dangereux et bizarre. Je pensais pas qu'un film pouvait être aussi dérangeant, grossier et poétique en même tempsTJ (Devin Brochu) a perdu sa mère dans un accident de voiture. Avec son père (Rainn Wilson) devenu un zombie qui avale des cachetons toute la journée, ils vivent chez la grand-mère, qui est adorable mais plane complet. TJ cherche désespérément à récupérer la voiture, que le père a vendue après l'accident. C'est là que s'invite Hesher (Gordon-Levitt), un punk crade et grossier, et ça vire gentiment au syndrome de Stockholm à rebours : Hesher partant du principe qu'ils le foutront pas dehors tellement ils sont déphasés.
C'était violent (child-whump... is that even a thing?), triste, noir, mais aussi drôle, à des moments inattendus. La bande annonce induisait totalement en erreur, mais quelque part je lui suis reconnaissante, parce qu'une BA plus fidèle au film m'aurait jamais donné envie de le voir - au lieu de la comédie annoncée, on assiste à un drame terrible, parsemé de petites touches d'humour et d'un sentiment de folie constant.
Les acteurs sont excellents, les dialogues aussi. L'ensemble est un peu lent, avec des choix artistiques parfois discutables (je hais les zooms). Mais au final, on rentre dedans, on finit happé par le syndrome et on passe deux heures à se demander où ça va, si ça va déraper, quand ça va déraper... ou si la tragédie sera évitée.
Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher la fin, mais c'était beau, et triste, et bizarre.
Avec Nathalie Portman en guest dans un rôle qui lui allait bien, ce qui ne gâche rien.



