Nao-Asakura's world

critiques de musique, films, séries tv

vendredi 20 mars 2009

The Little Prince

Saez, ça avait été pendant un temps un des rares “rockers” français/francophones. Après le remarqué premier album Jours Etranges – et son single Jeune et Con, encore au goût du jour, je viens de revoir le clip à la Tv, ça m’a fait tout bizarre de voir le petit kabyle, et de se dire, oula, déjà neuf ans… – il a suivi une évolution musicale intéressante, avec l’étrange double album God Blesse ; un pamphlet, une promenade poétique, un mélange de classique et de rock, de guitares et de piano.

Debby, c’était déjà moins bon, tant au niveau des textes, volontairement “baudelairiens” sans que ça ne même à grand-chose, qu’au niveau musical – cela dit, la tournée 2004 qui a suivi la sortie de l’album était très bonne, et le concert des Docks reste un excellent souvenir. 

Après, grand silence. Quelques chansons prometteuses, en anglais, sur myspace. Killing the Lambs, Numb, Yellow Tricycle. C’est très rock, très “surprenant” ; quand un nouvel album est finalement annoncé pour 2007 j’en espère beaucoup – et on se retrouve avec un triptyque pompeux, des balades sans originalité – téléchargé, supprimé, même pas acheté – aux antipodes par rapport à ce que laissaient espérer les chansons de myspace, qui ne se trouvaient même pas sur ce triple album…

Et paf, 2009, sur un présentoir de la fnac je trouve un album de Yellow Tricycle intitulé A Lover’s Prayer ; forcément, je title, et effectivement, les chansons perdues sont toutes présentes – un album intégralement en anglais, collaboration apparemment, et Saez n’y est crédité que par son prénom, Damien. Sobre, intéressant, intriguant.

J’achète rarement des cd en magasin, vu qu’actuellement je suis focalisée sur les 70’s en Grande Bretagne (cherchez pas The Hollies, The Strawbs ou Slade à la fnac ou toute autre enseigne grand public, c’est peine perdue), mais là j’ai craqué. Fangirlisme sûrement.

Yellow Tricycle, douze chansons entre musiques un peu déprimantes et désincarnées à la Bonnie Prince Billy (Ghost Downtown, A Lover’s Prayer), rock énergique, grinçant, saturé, qui rappelle un peu le “punk” Green Day-ien (Your Leather Jacket), chansons inclassables et protéiformes (Killing the Lamb).

Après un peu trop de “Saez le poète” (poète maudit, poète qui parle des malheurs de la société et de la jeunesse, poète puéril parfois) voilà le retour de “Saez le musicien”. Musicien qui expérimente mais prouve aussi qu’il écrit toujours, même si c’est en anglais maintenant. Désenchanté. Les cœurs, l’orchestration, donnent une unité à l’album qui manquait à Debby, trop commercial, trop “je me la pète” et je veux passer à la radio. Formaté. Ici c’est moins complexe et torturé que pouvait l’être le néanmoins très bon God Blesse ; c’est poétique dans le fond et pas dans la forme. Ça n’en fait pas trop, ça ne prétend à rien. Définitivement une influence folk américain.

Posté par nao_asakura à 18:44 - musique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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