dimanche 12 avril 2009
Doctor Who à Pâques
Article à haute teneur en spoiler... Attention !
Inconsciemment je m’étais dit : “je regarde le Doctor Who special Easter (The Planet of the Dead) en premier, c’est une valeur sûre ; pas comme les nouveaux Red Dwarf” (que je n’ai pas encore vus, merci de ne riiien dire, même pas un petit “c’est bien”).
Eh bien, je n’ai pas aimé. Ce n’était pas entièrement nul et j’ai quand même bien rigolé, mais l’ensemble était mauvais. Tout sonnait désespérément faux, il n’y avait pas cette “magie” qui fait le charme des Doctor Who et rend le méchant le plus ridicule intéressant, terrifiant, etc. Là, les méchants en question n’ont aucun intérêt, ils sont juste là pour montrer les beaux effets spéciaux qu’on fait au Pays de Galles. Doctor Who pour moi c’était faire peur avec rien – des ombres, un sourire, un ballon rouge, des roulements de tambours… – et toujours garder le rationnel et la morale dans les parages. Le Docteur n’utilise pas d’armes à feu, il méprise les militaires, il essaye de comprendre ses ennemis et les prend en pitié plutôt que de les combattre seulement.
L’intrigue est un peu similaire à Midnight dans la mise en place, la théâtralisation : une poignée d’inconnus se retrouve en perdition au milieu de nulle part, cette fois un désert, sur une autre planète, avec le Docteur comme seul aide. Sauf que cette fois les seconds rôles sont mauvais, ils crient, se lamentent, mais on n’y croit pas. Le Docteur est bon, mais il n’est pas assez flamboyant ; il n’y a qu’un quart de secondes dans tous l’épisode où j’ai vraiment retrouvé ce je ne sais quoi de magnifique qui fait le Docteur. Le reste du temps c’était terne, plat. Banal.
Pourtant tous les éléments étaient là, si l’on ôte du tableau les hommes-mouches prodigieusement ridicules, dont la seule utilité se résumait à faire des bruits… de mouche, s’agiter devant le Docteur et fournir un vaisseau spatial cassé, sur lequel le Docteur va prélever sans trop se gêner de quoi réparer son bus en panne. On pense aux hommes-poissons de The Doctor’s Daughter, sauf que cette fois il n’y a quasiment pas de communication et ils se font bouffer juste pour montrer à quel point les raies manta du désert sont voraces. Là ça faisait peur, mais ce n’était pas esthétique pour un sou.
Le suspens était mal utilisé, mal distillé : les réactions de tous les personnages sonnent faux. Quand à la toute fin, la Terre est en passe d’être envahie par des raies tueuses et que le Docteur n’a plus beaucoup de temps pour repasser le trou dans l’espace-temps, la militaire d’UNIT ne trouve rien de mieux à faire que de menacer le pauvre scientifique de sacrifier le Docteur, avant de sortir voir les raies qui viennent de passer, sans donner d’ordres précis. A aucun moment le Docteur ne semble vraiment se soucier du sort de la Terre, même si à la fin il ajoute après coup qu’il s’occupera d’envoyer les raies sur un monde inhabité.
La scène finale, c’est un gros merdier où les raies volètent sans rien faire de vraiment dangereux, le Docteur fait planer au-dessus de Londres un bus plein de seconds rôles qui font des “oh” et des “ah”, et les militaires d’UNIT canardent à tout va.
La medium dans le bus aurait pu être un personnage intéressant, même si la sensation de déjà-vu est énorme – on pense à la scène magistrale de The Fires of Pompeii où les deux mediums rivalisent de par leurs visions au sujet du Docteur, et au climax à propos du retour de Rose. Mais là le personnage est sous exploité, et visiblement présent uniquement pour annoncer le retour du Master. Toujours est-il que j’ai quand même frémi lors de ce dernier échange : “Your song is ending, sir” // “What do you mean?”// “It is returning, it is returning through the dark… And then, Doctor… oh, but then... He will knock four times.” Je n’étais pas pour le retour de John Simm en Master, mais en fait je pense que ça me plaira.
En comparaison, j’avais nettement plus apprécié le special de Christmas, The Next Doctor. Et pourtant je n’aime pas les Cybermen, des méchants ridicules et totalement dénués de sentiments, ce qui empêche le Docteur de les comprendre, de les plaindre peut être… Sauf que cette fois, les secondes rôles étaient magistraux, surtout la méchante, qui donnait une âme, un esprit diabolique et perverti aux Cybermen ; et que dire de Morrissey, le miroir du Doctor, l’homme qui s’est pris pour un Time Lord pour échapper à la douleur du deuil. Et que dire du Docteur lui-même dans cet épisode, brisé, triste, seul, forcé de regarder un autre que lui jouer au grandiloquent sauveur tandis qu’il le suit dans l’ombre.
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