Porté à bout de bras par un Tom Hardy drôlement bon, c'était assez surprenant, à cause des détours qu'il faisait. Jamais vraiment tout à fait où on l'attendait, malgré de bons gros clichés ultra classiques.
J'ai déjà dit tout mon am
our pour le cliché, et j'adore quand un film tend des perches énormes, pour les retirer brusquement, et qu'on se retrouve le bec dans l'eau à ne pas savoir ce qui s'est passé, et pourquoi ça n'a pas suivi le chemin tout tracé.

Oui, c'était parfois un peu lent. J'ai pas vraiment compris pourquoi les gens riaient dans le ciné ; pour moi c'était décalé, certes, mais pas comique. C'est moche de se moquer des gens un peu simples, un peu spéciaux dans leur tête. Je ne pense pas que c'était voulu comme un instant comique, mais bon, chacun voit ce qu'il veut.
Le contrepoint de cette scène finale totalement barbare et (semble-t-il) drôle, c'était ce monologue dans la voiture, sur Dieu et l'absence d'enfer, absolument sublime dans la composition de l'image et dans la manière dont il était délivré.

Tom Hardy tient une place spéciale dans mon cœur, parce qu'il n'est jamais vraiment où on l'attend ; c'est une sorte d'Edward Norton en plus bourru, celui qu'on oublie, totalement passe partout, qu'on voit partout sans s'en souvenir. Le film entier est bâti sur la lente dégradation du personnage, et le point culminant où on se rend compte qu'on s'est fait avoir depuis le début, mais qu'on avait tous les indices sous le nez.

L'intrigue m'a un peu rappelé The Lookout (braquage de banque et employé un peu simplet totalement embrouillé par les méchants, complice malgré lui), et donc j'ai attend un twist qui n'est pas venu de la direction que j'attendais. J'aime bien quand ça fait ça.

C'était visuellement très léché, avec des jeux de couleur assez simples mais efficaces (le sang noir sur le lino éclairé par les néons rouges, l'absence de lumière pour symboliser la perte d'espoir, les jeux de miroir pour souligner que la réalité n'est jamais celle que l'on croit).