Je ne sais pas si je me suis monté la tête toute seule ou quoi, si mon âme de gamine de dix ans enthousiasmée par le premier film est ressortie d'un coup, mais j'ai adoré de bout en bout, malgré les défauts, le scénario en carton et les fonds verts.
De toute manière, j'en avais entendu tellement de mal que je m'étais dit, "du moment qu'il y a des dinos, ça ira".
Mais alors non seulement il a des putain de dinos (en images de synthèse, mais franchement ça passe), mais ils sont hypra super démentiels.

Reprenons. Tout le début du film (un peu long, d'aucuns diront, mais moi j'avais les larmes aux yeux tellement j'étais partie loin dans mon émerveillement - tarée), c'est un redux du début du premier film, en plus rapide, plus grand, plus fréquenté, plus blasé. Version 2015, où les dinosaures dans les parcs sont devenus un truc banal, et l'île est un parc d'attraction immense, rutilant, parfait (l'ombre de Hammond et son joyeux "j'ai dépensé sans compter" plane, c'était jouissif).
On suit donc les traces de deux gamins, un excité, un blasé, qui visitent le parc au pas de course, et si j'avais pas été au ciné j'aurais battu des mains tellement iii excitation.
Quelques références bien mignonnes au premier film/premier parc, à la fois vite expédiées (le brin d'ADN pendant la visite), la naissance du raptor en labo, la porte qui s'ouvre à l'arrivée, un peu kitsh, un peu trop clinquante. Trop rapide. Mais c'était quand même très chouette, tout accéléré que ce soit.

Chris Pratt est cool, et bien que je regrette l'absence totale de torsepoil dans ce film-là, la caméra prend bien le temps de souligner son anatomie fort intéressante avec des plans audacieux à base de fessier et de biceps. Merci caméra. Chris Pratt donc, a dressé des raptors, et c'est trop la super classe. Omar Sy jure en français, et les raptors ont des petits noms. UUuuuh (*gagatise*).

Bon, le personnage un peu con du gentil ex-militaire super-doué avec ses dinos dressés est un peu bousillée au passage par son contrepoint, joué par un Vincent D'Onofrio que j'ai trouvé carrément pas inspiré, un méchant ex-militaire connard qui veut se servir des dinos comme d'une arme pour faire la guerre. S'ensuit un monologue particulièrement infâme sur les bienfaits de la guerre, euh comment dire, bleh... mais ouf, sauvés par le gong, le petit nouveau se casse la margoulette dans l'enclos des raptors, et le beau et courageux dresseur vient le sauver au péril de sa vie. IIiiii.

Mais donc, comme on est en 2015, InGen n'a pas chômé, et sous couvert de faire plus de fric (et de créer une arme encore plus puissante) a créé un monstrueux dinosaure avec des manipulations génétiques pas nettes. La petite révélation quand le méchant dino et le gang des raptors commencent à taper la causette au lieu de s'entretuer est juste énorme. Ils ont mélangé l'ADN d'un T-Rex et d'un raptor, et ils pensaient que tout irait bien. Ahaha.

Marche arrière : quelques scènes bien vues quand le super-dresseur de raptors sexy est emmené par la connasse-de-boss-lady (qui se révèle pas trop connasse en fin de compte) vérifier que l'enclos du super-t-rex-raptor est bien sécurisé et qu'il commence à critiquer leur concept même de création de dino avec toujours plus de dents pour impressionner le public. Il ne voit pas ça comme des "assets", comme ils disent tous, mais comme de vraies bestioles. Mauvais présages, ça va leur retomber sur le coin du nez, paf.
Et ça ne manque pas. La bestiole leur fait croire qu'elle a fait le mur, juste pour les attirer dans l'enclos. Enormissime. Et qu'on vienne pas critiquer le dino intelligent, méchant et capable de changer de couleur tel un caméléon, vu qu'il y en a un tout pareil et bien vicieux dans le 2e bouquin.

Il n'y a malheureusement pas de Ian Malcom qui trippe à la morphine, et c'est bien dommage. Je regrette aussi qu'il n'y ait pas de super hacking d'ordi, ni de portes à ouvrir. Beaucoup de portes enfoncées, par contre. C'est 2015, on n'a plus le temps pour escalader les clôtures électrifiées, ou contourner les murs des enclos. On fonce dans le tas.

L'attaque du parc par les ptérodactyles échappés en masse de la volière est probablement ma scène préférée. C'était terrifiant et hilarant à la fois, un peu comme quand le Titanic commence à couler pour de bon et que ce pauvre passager lâche prise, tombe et rebondit sur l'hélice. Délicieusement ringard. Ici pareil, ça court dans tous les sens, ça se fait bouffer, ça tombe dans les enclos d'autres dinos, c'est un vrai merdier, du grand spectacle.

La résolution est au final gravement facile, et c'est là qu'on se rend compte que si on enlève le fangirlisme et la nostalgie, il ne reste pas grand chose de potable. Les raptors attaquent le méchant dino par loyauté envers super-sexy-alpha-dresseur, mais ils sont pas assez fort, alors la rouquine-balai-dans-le-cul devenue casse-cou entre temps décide de libérer le T-Rex local (avec une torche lumineuse tout droit sortie du premier film... sauf qu'elle se fait pas choper, et que personne n'est mangé alors qu'il est aux WC), lequel tente de dégommer le méchant dino à son tour, mais rate aussi... Et c'est l'espèce de baleine à dents géante de l'aquarium qui finit par lui faire sa fête. Classe. Ridicule, mais classe.

Avant ça, il y avait un hommage au premier film qui m'a arraché des larmes (oui, je suis perturbée), quand les gamins (cons de gamins, restent jamais où il faut) tombent sur les ruines du premier parc, la salle de la fin du film avec le squelette et la banderole, la cafétéria avec les dessins de raptors sur le mur, la salle des souvenirs... et finissent par repartir avec une jeep old school. Epique.