Nao-Asakura's world

critiques de musique, films, séries tv

samedi 11 juillet 2009

Torchwood - Children of Earth

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C'est un peu confus. J'ai passé l'après-midi littéralement scotchée à mon ordi en me disant que "oh my god", ils ne pouvaient pas faire "ça". 5 épisodes de 60 minutes. La saison 3 de Torchwood. Superbe.

TW Day One
Oh. My. J'ai failli faire une attaque. Plusieurs attaques même.
Déjà, de les retrouver tous, enfin hormis les morts (snuf), c'était très très plaisant. Et de voir Ianto et Jack plus où moins ensemble. Et de retrouver Torchwood et cet accent gallois si adorable.
Ensuite l'histoire. Plein de fausses notes, des trucs un brin ringards, un brin durs à avaler. Mais un tempo tellement parfait, une émotion tellement maitrisée que j'en ai chialé.
Et OMG ce cliffhanger. Je crois qu'on avait pas fait mieux depuis... depuis... Je vais regarder la suite, okay ?
J'en tremble encore. Si les 5 sont comme ça je vais pas m'en remettre...

TW Day Two
Go go, gadgeto Ianto ! (voilà ce que j'ai pensé pendant au moins un quart de l'épisode...)
Retournement de situation. Toujours pas d'aliens en vue, même s'ils clament qu'ils arrivent ("we are coming tomorrow"...). Les "méchants" sont humains, le gouvernement, ses messes basses, ses assassins.
Tout se met en place, c'est délicieux. Le rythme est rapide, ce deuxième épisode est plus drôle que le premier, plus gore aussi.
Pauvre Jack. Mais yah ! \o/ On l'a vu tout nu :)

TW Day Three
Terrifiant. Vraiment terrifiant. Les aliens sont là. Le passé refait surface. J'ai failli me bouffer un doigt tellement je me suis rongé les ongles...

TW Day Four
Le diable peut prendre bien des formes. Ça semblait si simple pourtant cette réécriture d'Abraham devant sacrifier son fils. Et puis. Juste quand on croit que Torchwood a repris les rênes, juste quand l'espoir revient. Juste quand on se dit que Jack, même sans le Docteur, peut sauver la Terre... Ouin. Ianto quoi. Il va rester qui de Torchwood ? C'est trop injuste. Pauvre Jack, tout seul jusqu'à la fin des temps. Et il est où le Docteur, quand on a besoin de lui, bordel !

TW Day Five

C'est si... triste. Bouleversant. C'est un des trucs les plus poignants que j'ai pu voir récemment. Juste bouleversant. Si peu semblable aux précédents Torchwood. Si sombre.
L'humanité sous son plus terrible aspect.

C'est terriblement déprimant de se dire que Russell T Davis quitte le show, Doctor Who et tout ça... Qu'est-ce que ça aurait été de voir un truc d'une telle envergure sous les couleurs de Doctor Who ? On se serait cru de retour en 70, ça aurait été l'extase.

Mais non, c'est juste une expérience télévisuelle d'un été, d'une semaine, de cinq jours seulement.
Malgré tous les défauts que l'on peut possiblement trouver à ces cinq épisodes, globalement, c'était magnifique, bonechilling, absolument terrifiant.

Et c'est ce qui manque à la télévision. De la prise de risque. Et non pas une histoire comme on en a déjà vu mille. Ou un truc choquant juste pour le plaisir de choquer.

Vive la science-fiction. Longue vie à RTD. Et surtout, quels brillants acteurs, tous...

Pour résumer, Torchwood et Doctor Who version courte 2009... c'est pas comparable.

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dimanche 12 avril 2009

Doctor Who à Pâques

Article à haute teneur en spoiler... Attention !

Inconsciemment je m’étais dit : “je regarde le Doctor Who special Easter (The Planet of the Dead) en premier, c’est une valeur sûre ; pas comme les nouveaux Red Dwarf” (que je n’ai pas encore vus, merci de ne riiien dire, même pas un petit “c’est bien”).

Eh bien, je n’ai pas aimé. Ce n’était pas entièrement nul et j’ai quand même bien rigolé, mais l’ensemble était mauvais. Tout sonnait désespérément faux, il n’y avait pas cette “magie” qui fait le charme des Doctor Who et rend le méchant le plus ridicule intéressant, terrifiant, etc. Là, les méchants en question n’ont aucun intérêt, ils sont juste là pour montrer les beaux effets spéciaux qu’on fait au Pays de Galles. Doctor Who pour moi c’était faire peur avec rien – des ombres, un sourire, un ballon rouge, des roulements de tambours… – et toujours garder le rationnel et la morale dans les parages. Le Docteur n’utilise pas d’armes à feu, il méprise les militaires, il essaye de comprendre ses ennemis et les prend en pitié plutôt que de les combattre seulement.

L’intrigue est un peu similaire à Midnight dans la mise en place, la théâtralisation : une poignée d’inconnus se retrouve en perdition au milieu de nulle part, cette fois un désert, sur une autre planète, avec le Docteur comme seul aide. Sauf que cette fois les seconds rôles sont mauvais, ils crient, se lamentent, mais on n’y croit pas. Le Docteur est bon, mais il n’est pas assez flamboyant ; il n’y a qu’un quart de secondes dans tous l’épisode où j’ai vraiment retrouvé ce je ne sais quoi de magnifique qui fait le Docteur. Le reste du temps c’était terne, plat. Banal.

Pourtant tous les éléments étaient là, si l’on ôte du tableau les hommes-mouches prodigieusement ridicules, dont la seule utilité se résumait à faire des bruits… de mouche, s’agiter devant le Docteur et fournir un vaisseau spatial cassé, sur lequel le Docteur va prélever sans trop se gêner de quoi réparer son bus en panne. On pense aux hommes-poissons de The Doctor’s Daughter, sauf que cette fois il n’y a quasiment pas de communication et ils se font bouffer juste pour montrer à quel point les raies manta du désert sont voraces. Là ça faisait peur, mais ce n’était pas esthétique pour un sou.

Le suspens était mal utilisé, mal distillé : les réactions de tous les personnages sonnent faux. Quand à la toute fin, la Terre est en passe d’être envahie par des raies tueuses et que le Docteur n’a plus beaucoup de temps pour repasser le trou dans l’espace-temps, la militaire d’UNIT ne trouve rien de mieux à faire que de menacer le pauvre scientifique de sacrifier le Docteur, avant de sortir voir les raies qui viennent de passer, sans donner d’ordres précis. A aucun moment le Docteur ne semble vraiment se soucier du sort de la Terre, même si à la fin il ajoute après coup qu’il s’occupera d’envoyer les raies sur un monde inhabité.

La scène finale, c’est un gros merdier où les raies volètent sans rien faire de vraiment dangereux, le Docteur fait planer au-dessus de Londres un bus plein de seconds rôles qui font des “oh” et des “ah”, et les militaires d’UNIT canardent à tout va.

La medium dans le bus aurait pu être un personnage intéressant, même si la sensation de déjà-vu est énorme – on pense à la scène magistrale de The Fires of Pompeii où les deux mediums rivalisent de par leurs visions au sujet du Docteur, et au climax à propos du retour de Rose. Mais là le personnage est sous exploité, et visiblement présent uniquement pour annoncer le retour du Master. Toujours est-il que j’ai quand même frémi lors de ce dernier échange : “Your song is ending, sir” // “What do you mean?”// “It is returning, it is returning through the dark… And then, Doctor…  oh, but then... He will knock four times.” Je n’étais pas pour le retour de John Simm en Master, mais en fait je pense que ça me plaira.

En comparaison, j’avais nettement plus apprécié le special de Christmas, The Next Doctor. Et pourtant je n’aime pas les Cybermen, des méchants ridicules et totalement dénués de sentiments, ce qui empêche le Docteur de les comprendre, de les plaindre peut être… Sauf que cette fois, les secondes rôles étaient magistraux, surtout la méchante, qui donnait une âme, un esprit diabolique et perverti aux Cybermen ; et que dire de Morrissey, le miroir du Doctor, l’homme qui s’est pris pour un Time Lord pour échapper à la douleur du deuil. Et que dire du Docteur lui-même dans cet épisode, brisé, triste, seul, forcé de regarder un autre que lui jouer au grandiloquent sauveur tandis qu’il le suit dans l’ombre.

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dimanche 25 mai 2008

Doctor Who - Saison 4 (première moitié)

Un premier bilan, à l'occasion de la pause forcée de samedi dernier pour cause d'Eurovision. Et aussi parce que, ô miracle, le trailer du 4x08 donne diablement envie de le regarder.

~ Attention, ce qui suit contient une haute teneur en spoiler, personnes allergiques s'abstenir. ~

La toute première remarque que je ferai sur cette nouvelle saison, c'est que, bizarrement, toutes les bande-annonces sont nazes. Ça ne m'a jamais donné envie de regarder l'épisode suivant, parfois même c'est l'effet inverse qui se produisait. Ce n'est qu'une remarque, je n'ai pas vraiment d'explication, d'autant plus que jusqu'ici cette saison 4 est exceptionnelle.

Autant la saison 3 avait des hauts et des bas, et il avait fallu un certain temps pour cerner Martha, pour que l'alchimie entre elle et le Docteur se fasse. Ici, c'est tout le contraire, et le premier épisode met d'emblée en scène une Donna qui enquête en solo, qui se bat pour retrouver le Docteur, désespérée de partir avec lui, d'accepter cette fois-ci la proposition faite au cours de l'épisode spécial (3x00).

4x01 - Partners in Crime
Une double enquête en parallèle, drôlissime chassé-croisé des deux futurs "partenaires", le Docteur et Donna, qui passent tout l'épisode à se croiser sans se voir. Avec comme point d'orgue la scène la plus absurde de tous les Doctor Who 2005, où Donna et le Docteur se parlent silencieusement en gesticulant chacun derrière une fenêtre, sans se rendre compte que la "méchante" (avec un look Super Nanny faire frémir) les a remarqués depuis des lustres.
Une Donna que l'on est heureux de retrouver, elle qui est si combative, si impulsive, si bruyante et énervante, et qui sait si bien remettre le Docteur à sa place. On ne peut que l'adorer, tant l'alchimie entre les deux est palpable, indéniable.
Fini le temps du Docteur tourné vers le passé, sans cesse à parler de Rose ? Pourtant le thème du chassé-croisé est adroitement repris à la toute fin, dans cette scène diabolique où Donna, sur le point de partir avec le Docteur, laisse des indications pour sa mère à une jeune femme dans la foule -- laquelle s'avère être Rose, notre Rose -- elle soupire, se retourne et disparaît dans les airs. Pendant quelques secondes, le cœur de la totalité des fans a cessé de battre, c'était Rose, la seule, l'unique, sur Terre.
[En passant, c'est là l'un des très rares cas où un rebondissement de cette ampleur n'a pas été spoilé, tenu secret même pour les diffusions de presse préalables.]


4x02 - Fires of Pompeii
J'avais lu des rumeurs, j'ai ensuite vu le trailer. Et j'avais très, très peur de ce qu'ils allaient bien pouvoir faire en traitant l'éruption du Vésuve à Pompéi et l'Empire romain à la sauce Doctor Who.
Et je dois dire que j'ai été bien plus qu'agréablement surprise, j'ai été époustouflée. J'ai vibré, pleuré, cessé de respiré, mais en plus je me suis jurée de ne plus jamais douter du talent de tous ces gens qui font cette série.
Tout, absolument tout fonctionne. De la vision pince sans rire de la société latine, aux décors parfaits, les rues, les échoppes, les inscriptions non pas en latin, mais en anglais, à cause de la traduction intégrée du TARDIS (la réaction de Donna est sans prix), les couleurs. On est loin d'un décor en toc et de trois mecs en toge. C'est intelligemment pensé, à la fois historiquement fidèle et diablement inventif. Certains moments, certaines trouvailles (le pistolet à eau contre des genres de monstres type Golem en fusion) resteront dans les annales.
On est alors forcé d'être tout retourné par le clash entre les deux prophètes, qui déploient leur pouvoir au sujet du Docteur et de Donna, de leur vraie identité. Des allusions sont lâchées, qui engagent la suite ; "she is returning". La musique, la photographie participent à cette atmosphère terrible, qui nous dit que quelque chose de grand est à l'œuvre.
On en apprend enfin un peu plus sur la façon dont le Docteur perçoit le temps. Il n'avait pas autant été clair à propos de ses capacités de perception depuis ses explications avec Rose, dans le 1x01. On comprend également à quel point le Docteur a besoin de Donna, contrepoids humain, sensible, indispensable.


4x03 - Planet of the Ood
Là encore, une certaine appréhension plane avant cet épisode. J'ai craint trop de clichés, pour traiter le lourd sujet de l'esclavage, de la notion même d'espèce ; mais en fin de compte c'était encore une fois très fin, très réussi.
Une fois de plus, des phrases jetées comme ça annoncent la suite, une suite terrible, ou peut être pas, on ne peut que redouter, et attendre. "Every song must end," dit le Ood au Docteur. A ce moment j'ai été ravie du clin d'œil interne à propos de cette chanson poignante qui accompagne chaque moment d'émotion, de déploiement de la notion de destin à l'œuvre dans la série. Parle-t-il de Rose, parle-t-il d'une nouvelle régénération du Docteur ? On ne peut être fixé, mais ça ne peut laisser indifférent.


4x04-05 - The Sontaran Stratagem / The Poison Sky
Le premier épisode double de cette quatrième saison, et on peut dire qu'il y vont fort. Avec, en vrac, UNIT et le retour de Martha, des envahisseurs patatiformes, des clones, des gaz d'échappement mortels et des blagues pourries avec des masques à gaz ("Are you my mummy ?"… j'avoue, c'était à prévoir…).
Le Docteur est en grande forme, il virevolte, du QG du méchant, un ado génie qui bosse pour les patatiformes, au vaisseau des aliens, en passant par les locaux de UNIT. Le Docteur qui réaffirme s'il était besoin son aversion pour les armes à feu, et pour la violence quelle qu'elle soit. Comme face à quasiment tous les autres méchants, et bien que la survie de la Terre soit en jeu, il ne peut s'empêcher de laisser une chance à ses adversaires, un ultimatum.


4x06 - The Doctor's Daughter
Après avoir fait un quasi infarctus après le trailer, les premières images de l'épisode ont vite fait de me rassurer : pas une vraie fille, pas par des voies naturelles (j'y peux rien, l'idée même était juste *erk*). Non, non, plus drôle encore : le Docteur se fait choper la main par une machine qui a tôt fait de prélever son ADN et de le développer jusqu'à créer une fringante blondinette, bientôt prénommée Jenny, futée et combative.
Comme le spectateur, le Docteur est perturbé, et refuse à cette "fille" toute légitimité. Et puis… ça évolue, lentement, quand ils découvrent qu'elle a deux cœurs, quand elle fait le choix de ne pas se battre. La fin est "heartbreaking", et on peut dire qu'il ne fait pas bon être une blonde dans l'entourage du Doc.


4x07 - The Unicorn and the Wasp
Rose avait rencontré Dickens, Martha Shakespeare, pour Donna ce sera Agatha Christie. Si j'avoue que cette fois la réalisation m'a moyennement convaincue, tout le reste était excellent, de l'intrigue tarabiscotée, mêlant voleurs, aliens vespiformes (une grosse, très très grosse guêpe ! OMG j'ai failli mourir "on the spot") et secrets de famille, aux personnages, à commencer par Agatha elle-même. Le Docteur dans son numéro de détective est encore une fois parfait. Non, sans rire, il faut pas le changer, Tennant, il est parfait -- où alors pour un mieux encore, mais je pense pas que ça soit possible. Le passage de l'empoisonnement au cyanure suivi de sa cure exotique vaut de l'or.


Et puis le trailer du 4x08 + celui de la mi-saison sont au-delà des mots.

[ps : merci, merci pour cette présentation sur la BBC, qui inclut dans la bibliothèque de la page d'accueil pour l'épisode Silence in the Library le livre "The Hitchhiker's Guide to the Galaxy". Douglas aurait apprécié.]

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mardi 8 avril 2008

Doctor Who - 3x08-3x09 - Human Nature/The Family of the Blood

Un seul mot me vient à l'esprit pour qualifier cet épisode : "brilliant" (en anglais). C'est tout bonnement parfait, de bout en bout, tant au niveau de l'histoire, de la construction du scénario, de l'interprétation, de la réalisation. Même la musique m'a donné des frissons.

Pour échapper à une famille d'extraterrestres lancée à ses trousses, le Docteur est contraint de réécrire son code génétique, faisant de lui un véritable humain, John Smith, caché en 1913, avec seulement quelques rêves étranges dans la tête et la partie "Seigneur du Temps" de lui-même enfermée dans une montre à gousset. Et Martha, la pauvre Martha, est chargée de veiller sur lui alors qu'il n'a guère de considération pour sa petite domestique.

Dans cet épisode très éclectique, se trouve selon moi une réflexion très sérieuse sur la vraie nature du Docteur, un aperçu des tréfonds du personnage habituellement fermé sur lui-même. C'est également une explication des liens qui unissent Martha au Docteur -- si différents de ceux qui exist(ai)ent entre Rose et lui -- lesquels seront développés dans les derniers épisodes de la saison 3.

Une vision douce amère de l'Angleterre d'avant-guerre pour cadre ; 1913, la guerre n'est présente que dans les rêves du Docteur et dans les visions du gamin qui vole la montre à gousset. C'est mélancolique et pourtant plein de promesses -- drôle de vision que ce John Smith "doing domestic", se fondant dans la population et tombant amoureux d'une infirmière godiche.

Étonnante aussi, sa manière de gérer la situation, depuis le point de vue d'un humain persuadé que le "Docteur" de ses rêves n'est qu'une fiction ; il n'a plus les réflexes du Docteur, c'est Martha qui doit tout prendre en charge, se montrer héroïque, pour une fois. Les membres de la "famille du sang", des méchants parfaits, tout en décalage, en finesse, s'emparent du corps de villageois pour semer la terreur dans le village, accompagnés d'une armée d'épouvantails. Un John Smith bouleversé et bouleversant (pourtant je suis loin d'être quelqu'un de sensible), quand il doit prendre la décision de redevenir un Seigneur du Temps, d'abandonner tout ce monde de possibles qui lui sont interdits : mener la vie d'un humain normal.

Au final on se rend compte à quel point Martha tient au Docteur, à quel point elle l'admire, bien que très lucidement elle sache qu'il ne sera jamais "à elle". Elle tient à lui comme tous ceux qu'il a jamais rencontré et dont il a changé à jamais la vie. Admiration mêlée de crainte, la combinaison parfaite pour un personnage fait de feu et de glace tout à la fois. Impitoyable et pourtant désespérément humain.

blood005

Blink (3x11) était bien, très bien même, un genre de Love & Monsters avec une fin heureuse ; des monstres magnifiques, les "weeping angels", sortes de Méduses à l'envers. Mais pas aussi parfait que Human Nature/The Family of the Blood.

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dimanche 6 avril 2008

Doctor Who - essai de fanfiction

J'ai regardé les Doctor Who en décalage total avec une quelconque diffusion tv... Si bien que le reste du monde en était à la fin de la saison 3 depuis des lustres quand je venais à peine de voir (et de me traumatiser sur) le 2x13, Doomsday, le départ de Rose, le Docteur tout émotionné, et tout ça.

En parallèle je découvrais qu'un pan entier de la culture musicale britannique avec les Doors ; groupe que j'avais plus ou moins laissé de côté après quelques écoutes infructueuses (il me faut un déclic, ou ça reste dans les archives jusqu'à nouvel ordre). J'en étais à l'album Waiting for the Sun, et la chanson Wintertime m'a tout perturbée. Il a fallu que j'écrive. C'est parti de ça :

"Come with me dance, my dear,
Winter's so cold this year"

(mais le reste de la chanson est bien aussi)

Et voilà le "résultat": deux fics, en anglais et français, mais vous devez savoir que la version anglaise a été écrite en premier et que l'autre n'est qu'une auto traduction. Voui, quand je veux, je pense en anglais, aussi. Et je me fais relire, par amour pour la langue de Shakespeare...

Title: Wintertime
Author: SuperMiss (also known as nao_asakura)
Beta: MrssJW & Nienna100 . Thanks to them.
Season/spoiler: Set in between S2 & S3 - spoiler free for S3
Characters: Tenth, OC
Genre: good, very good question. Let's say gen/angst.
Words count: 1800
A/N: This fanfic also exists in French, under the title "Variations hivernales".

Titre : Variations hivernales
Auteur : SuperMiss (également connue sous le nom de nao_asakura)
Saison/spoiler : entre les saisons 2 et 3 - pas de spoiler pour la saison 3
Personnages : Tenth, OC
Genre : très bonne question. On va dire gen/angst.
Nombre de mots : 2000
Note : cette fic est la version française de ma fic intitulée "Wintertime", rédigée en anglais

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samedi 29 mars 2008

Doctor Who - saison 2 (aka 29)

Quiche, comme à mon habitude, je n'avais pas compris au départ que l'épisode "spécial", Christmas Invasion, était très important sinon fondamental pour la suite. Je ne l'ai vu qu'après le 2x13, ce qui a un peu gâché le truc. Disons qu'il m'a fallu 8 épisodes pour parvenir à la certitude lumineuse que j'aimais ce Docteur, en fin de compte.

Quelle idée, de changer d'acteur, en cours de route, comme ça! Quelle idée de prendre cet écossais que pour ma part je ne connaissais pas du tout, à la place du "shiny" Christopher Eccleston -- cf. les films de Danny Boyle. David Tennant, donc. Il fallait qu'il fasse ses preuves, qu'il prouve que derrière ses mimiques à la Jim Carrey, il était beau, gracieux, qu'il incarnait bel et bien cette facette bondissante du Docteur.

Un new Doctor, donc, pour une new season... Terriblement destabilisante, extrêmement réjouissante. Meilleure même, en fin de compte, que la saison 1.

Des trois premiers épisodes (j'ai vu le 2x04 en retard, je l'avais supprimé par erreur), vus au pas de course, il ne reste qu'une impression de flou, d'intrigues un peu stupides et de blagues parfois absconses.

New Earth, 2x01, avec des nonnes infirmières-chats qui gardent enfermés des milliers de cobayes humains pour créer des remèdes à toutes les maladies ; the Face of Boe, mourant (?), avec un message pour le Docteur, qu'il ne lui délivre pas, en fin de compte ; Cassandra, revenue d'on ne sait où ; des changements de corps ; des guérisons qui se propagent par contact, avec de petites étincelles.
Ridicule, confus. Je pense que ça doit être un excellent épisode pour un second visionnage -- où l'on sera vraiment à même d'apprécier tout le sel des répliques du Docteur possédé par Cassandra ("foxy..."), et des prophéties à propos du mystérieux message de Face of Boe (même s'il faudra attendre le 3x03 pour comprendre).
Le point positif : on se rend compte tout à coup que David Tennant est beaucoup plus petit et maigrichon que ne l'était Eccleston ; il est donc davantage "whumpeable", et moi... j'adore (a bit cruel, I know). D'ailleurs quand on n'est pas conne comme moi, on a regardé Christmas Invasion avant, et on est déjà amoureuse de lui -- ou alors ce n'est qu'un effet rétrospectif d'un visionnage destructuré... allez savoir.

Tooth and Claw, 2x02, à la fois plaisant et bizarre. Les moines qui font du kung-fu, j'avoue, j'ai eu du mal. Mais le loup-garou-extraterrestre est terrifiant à souhait, et une autre facette du Dixième Docteur -- déjà nettement plus sexy depuis que j'ai entendu son accent écossais (indeed, il est écossais) -- nous est révélée : les lunettes. Ce petit côté geek, cette habitude de les chausser pour ensuite se mettre à lécher (sisi) les objets qu'il étudie, c'est génial.

Mais, là encore, c'est un peu trop destructuré à mon goût, tout comme le 2x03, School Reunion, et j'avoue que je suis totalement passée à côté. Je n'aime *pas* Sarah Jane Smith, moyennement K9 (j'ai compris le jeu de mots un mois plus tard, merci youtube...), mais surtout ça n'évoque rien pour moi. De plus cela ne fait que confirmer ce qu'on sait déjà : Rose Tyler ne restera pas éternellement aux côtés du Docteur, et on est déjà triste, sans même encore savoir pourquoi.

Le tout décolle un peu avec le double épisode 2x05-06, avec les Cybermen, le monde parallèle, Mickey qui se révèle diablement héroïque, et un Docteur en costard noeud pap.

Non, le vrai, vrai tournant, c'est le 2x08-09, the Impossible Planet/the Satan Pit, où j'ai eu comme un flash, une révélation, et je suis tombée en admiration devant ce Dixième Docteur.
Reprenons. Le TARDIS arrive dans une station de forage, sur une planète en orbite autour d'un trou noir, dont l'existence même déjoue les lois de la physique. Un petit éboulement plus tard et le TARDIS dégringole au fond de la fosse. Rose, elle est brave, tente de consoler le Docteur, sous-entendant qu'il sera capable d'en construire un autre. Mais les TARDIS ne sont pas construits, mais élevés ; et, comme les Time Lords, il n'y a plus. C'est triste, et le Docteur plaisante en imaginant pour eux une vie "normale", à la place de ces incessants voyages. Toutefois, ça c'est s'ils s'en sortent vivants -- et ils ne partent pas gagnants.

Un des membres de l'équipage tente de déchiffrer une écriture que même le TARDIS ne connait pas, et se retrouve possédé par on ne sait trop quoi -- qui se révèle être la forme primitive de Satan -- qui l'appelle, le menace ("Toby... Where are you...?"), finit par prendre le contrôle de son corps, parle à travers les Ood (les créatures télépathiques qui servent d'esclaves consentants) et va jusqu'à les posséder eux aussi.
Le Docteur, aventurier désespéré, descend au fond du forage, jusqu'à une salle creusée dans la roche, et un puits dont on ne distingue pas le fond, jusqu'au coeur de la planète impossible.

En parallèle, dans la station, ce sont tous les codes de la SF catastrophe qui sont repris, mais ni de manière vraiment caricaturale (à part peut être quand le capitaine fait l'inventaire des armes à sa disposition, ce qui se résume à un appareil à boulonner, chargé d'un unique boulon), ni avec un budget trop léger. Les décors sont parfaits, les Ood terrifiants, le rythme enlevé, juste ce qu'il faut.

En bas, on en apprend plus sur le Docteur et sur son admiration mêlée de crainte envers l'esprit intrépide des humains ("awe", disent les anglais ; ce qui est parfait). Il aime les humains, sans vraiment les comprendre, et quelque part, il voudrait sûrement savoir ce que ça fait que de se comporter en humain.
Aussi, coupés de la station, livrés à eux-mêmes, sans espoir de remonter, le Docteur, aidé de sa coéquipière membre de l'équipage, décide de descendre dans le puits. Après tout, c'est pour ça qu'ils sont descendus. Arrivé au bout de la corde, dans le noir le plus complet, sans aucun moyen de savoir jusqu'où ça se prolonge comme ça, il décide de couper la corde.
Intrépide. Un peu fou aussi? Adorable, surprenant, génial.

Outre l'amour humain pour les entreprises irréalisables, l'autre thème de cet épisode, c'est le Mal, Satan, le monstre enfermé au fond du puits. Là je tique un peu, parce que ce qu'un anglais peut faire à propos d'une histoire pareille risque de ne pas plaire à mon esprit cartésien, mais en fin de compte c'est juste parfait. Le Mal, enfermé, comme un espèce de mythe primordial dont les échos ont donné les "méchants" des religions postérieures. Un piège redoutable : si on le délivre ou s'il en vient à se libérer, la planète sombre dans le trou noir.
Terrifiant parce que, même si on ne croit pas au diable, tout comme le Docteur, on peut quand même redouter ce monstre extraterrestre primordial et ses pouvoir psychiques immenses.

Après, il y a quelques épisodes débiles, 2x10 et 2x11, avec un épisode totalement décentré, Love & Monsters, qui se focalise sur un jeune homme obsédé par le Docteur depuis qu'il l'a vu étant enfant et qui monte un groupe de recherche. C'est l'épisode qui fait que je ne peux plus voir une pub pour SFR sans penser à Doctor Who, parce que j'entends la musique de la pub, la même que dans cet épisode, Mr. Blue Sky de E.L.O, et que ça me donne envie de sourire bêtement.
Fear Her, où une petite fille possédée par une bestiole ET emprisonne les gens dans ses dessins, pour se faire des amis. Quelques blagues sympas et une vision intéressante des JO de 2012 à Londres, où le Docteur aide le porteur de la torche à finir le parcours.

Et puis. La fin.
Je l'avoue, j'ai pleuré. Rarement vu un truc aussi bouleversant. 2x12-12, Army of Ghosts/Doomsday ; Torchwood sur le devant de la scène dans un présent où des fantômes apparaissent à des heures précises, à travers une faille entre deux univers, située en haut de la Tour Canary Wharf, QG de TW, construite uniquement dans le but d'atteindre la faille.
Un drôle d'épisode, où le Docteur est en théorie prisonnier mais se balade comme s'il était chez lui, où Rose retrouve Mickey, qui a voyagé à travers la faille pour poursuivre les Cybermen -- les faux fantômes -- où les Daleks se baladent à travers le néant dans une drôle de sphère qui fascine tous ceux qui l'approchent. Où le Docteur passe tout l'épisode à mettre et retirer des lunettes 3D super toc, avant de révéler à la toute fin que c'est pour voir les particules de vide.
Où Rose est morte, morte parce que séparée du Docteur, envoyée sans le monde parallèle, de l'autre côté de la faille, sans espoir de retour (mais il y a le trailer de la saison 4, et l'espoir fait vivre).

doomsday

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vendredi 22 février 2008

Dr Who - saison 1 - the Doctor's dead... long life to the Doctor!

Enfin... j'ai terminé de regarder la saison 1 des Dr Who nouvelle génération (la formule n'est pas très heureuse, ça fait penser aux pokémon, passons). Exceptionnel.

En règle générale, je vis les séries que je regarde, intensément (les meilleures, j'entends). Un peu genre... débile mentale devant sa tv. Et là, pour le compte, on peut dire que j'ai été servie. C'est monstrueux la propension qu'a cette série à faire passer en quelques instants du rire aux larmes. Parfois même dans la même scène, on frise le ridicule et en même temps, c'est magnifique, terrifiant, comme ce plan, dans le 1x13, où une armée de Daleks -- les poivriers tueurs -- s'élance dans l'espace en direction de la Terre.

Une fin extrêmement sympathique, malgré quelques faiblesses -- un peu trop larmoyant, et toute cette histoire de "Bad Wolf" pas tellement élucidée, pas assez clairement à mon goût. Et puis le Docteur est mort -- certes il a changé de forme pour déjouer le destin, mais ça mérite un snif. Plus de grandes oreilles, de tête de crétin, de sourire parfait et de "fantastic!" lâché à tout bout de champ avec une accent débile, en plein chaos.

Au début de cette série, je n'en attendais pas grand chose. Le ridicule semblait devoir l'emporter, même si visuellement il y avait un grand potentiel. Mais tout avait l'air un peu trop caricatural, et surtout assez convenu du point de vue narratif. La blonde qui se met dans le pétrin, le gentil Docteur mystérieux à son secours...
Le troisième épisode (1x3 The Unquiet Dead), avec les pseudo fantômes gazeux et Charles Dickens en cartésien incrédule était sympa, mais il n'y avait toujours pas de "direction", de souffle épique liant le tout.

Ce n'est qu'après, avec les épisodes à suite (1x4-5, les Aliens envahissant Londres), que les personnages sont développés, les relations de Rose avec sa famille. On y voit un peu plus clair, et, si besoin était, on est encore plus accroché aux facéties du Docteur. Qui brave n'importe quelle menace, extraterrestre, nucléaire, familiale, avec une blague nulle et un sourire d'imbécile heureux désarmant.

Après il y a le retour des Daleks et l'apparition d'un nouveau personnage, ramassé en chemin en 2000 quelque chose, emmené faire un petit tour dans le futur -- où il fout un peu la merde -- et renvoyé chez lui juste après. Les Daleks, ces... poivriers à taille humaine, comme ils disent si bien, et qui n'ont d'autre but que d'exterminer la race humaine (depuis 63, c'est dire), sont les méchants les plus ridicules jamais inventés, et pourtant.
Et pourtant lors du premier face à face, dans les tréfonds du musée d'un terrien excentrique, quand le Docteur se rend compte avec quoi il est enfermé, sa peur si soudaine, devant le bout de ferraille enchaîné qu'est le Dalek, donne immédiatement le ton. La poursuite dans les escaliers reste mythique : ils se moquent du Dalek, machine à tuer bloquée par des marches, lui qui n'a que des roulettes, et soudain le Dalek, sur le même ton qu'il prononce son fameux "exterminate!", lance un "levitate!", et se met à flotter au dessus du sol. Grandiose.

J'enchaîne sur le 1x7, parce qu'une fois qu'on est lancé dans le visionnage de cette série, bizarrement on a du mal à s'arrêter, the Long Game, où là encore on a l'impression de revoir des choses déjà traitées par les séries de SF -- un satellite entièrement dédié à l'information, en réalité contrôlé par une monstrueuse créature qui se sert de la TV pour réduire les humains en esclavage à leur insu. Le sous-chef, joué par Simon Pegg, blond décoloré, dans le décor tout gelé du dernier étage du satellite, refroidi pour empêcher le monstre de surchauffer, est tout simplement génial.

Plus l'histoire avance et plus les relations entre les protagonistes s'étoffent. On nous laisse entendre que tous les "séjours" de Rose et du Docteur ne sont pas montrés, ce qui permet d'instaurer rapidement une connivence entre les deux voyageurs. Ça permet aussi de nombreux gags récurrents, des petits détails -- les deux que l'on croit toujours ensemble, les critiques des autochtones quant au pull passe-partout du Docteur, ou son habitude d'insulter les autres espèces quand il est sous pression... De gros détails, aussi, ceux qui m'ont fait douter de ma santé mentale, quand au bout du quatrième épisode je me suis rendu compte qu'on arrêtait pas de voir ou d'entendre des mentions du "Bad Wolf", le grand méchant loup, sans plus d'explication.

L'autre épisode à suite se passe pendant le Blitz allemand sur Londres et il est proprement terrifiant (1x9, the Empty Child et 1x10, the Doctor Dances). Là encore, c'est un bon exemple du pouvoir étonnant de cette série : on ne sait plus si on doit rire ou être mort de peur, dans le doute, on fait les deux. Cette fois je n'ai vraiment plus rien à dire, la construction est parfaite, tout est en place, tout est logique, même le plus étonnant -- un gamin, porteur d'un masque à gaz, qui erre dans les rues et appelle sa maman, "contaminant" ceux qu'il touche, ceux-ci développant à leur tour un masque à gaz vissé à demeure...
Cet épisode glauque fait pourtant la part belle à l'humour absurde, surtout grâce au nouveau personnage (un nouveau nouveau personnage, lui aussi de passage), le commandant Jack Harkness (malheureusement, ayant vu le 3x13 par inadvertance, je sais qui il *va* devenir, ce qui gâche un peu le mystère...), qui drague tout autant Rose que le Docteur, qui tire des carrés avec une arme à ultrasons, et se dit ex-Agent du Temps, maintenant magouilleur à son compte.

Et puis on en est déjà aux derniers épisodes (1x12, Bad Wolf, 1x13, the Parting of the Ways), continuation des épisodes précédents, en préparant d'autres pour la saison 2, qui font la part belle une fois encore au rire et à l'émotion. Monstrueuses parodies de jeux de tv réalité, où les perdants du Maillon Faible sont désintégrés et les éliminés du Loft (Big Brother) vaporisés.
Une fin désespérée, une invasion de Daleks imminente -- le Docteur renvoie Rose et le Tardis dans le passé, Jack l'intrépide meurt en protégeant le Docteur, c'est vraiment la cata... Mais Rose ne peut pas rester inactive ; Rose résume, en une phrase, ce que je pense du Docteur, de cette série même -- il lui a montré une autre manière d'appréhender la vie, ne jamais laisser tomber. C'est en somme une série extrêmement positive.

Maintenant j'entame la saison 2, avec David Tennant en guise de Dixième Docteur. Tout ce que je peux dire pour l'heure, c'est qu'il a une moins grande bouche - un moins grand sourire. Et à peu près autant de converses que moi.

(édit : s'il a fallu deux épisodes pour que j'accroche à Eccleston, il en a bien fallu 9 pour Tennant. Mais, tout arrive, et au 2x8-2x9, je me suis dit qu'en fin de compte, il avait la classe, lui aussi.)

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mercredi 13 février 2008

Dr Who - premières impressions

Au départ, je connaissais cette série sans avoir eu l'occasion de la regarder. On m'en avait fait des commentaires élogieux ; je soupçonnais moi-même une certaine qualité télévisuelle…. C'est bien plus que ça en réalité!

Ensuite, un vendredi après-midi, le dernier jour d'un concours blanc plus qu'éreintant, j'ai zappé totalement par hasard sur la tnt (fraîchement installée), pour tomber sur un épisode de la saison 3 (des nouvelles mini séries, avec David Tennant, donc, et en français). Je mangeais des frosties, la tête dans le pâté après une version de la latin de 5h parfaitement capillotractée, comme dirait l'autre.

Christopher_Eccleston___the_ninth_doctorMa première réaction, ça été de l'incrédulité devant tant de kitsherie. C'est naze. David Tennant est une sorte de caricature vivante, un pantin surexcité qui passe son temps à grimacer. L'histoire est coconne, le méchant pathétique, la traduction française très approximative et les voix des doubleurs nulles. Bref, c'est presque décevant, comme un vieil épisode de Sliders, et pourtant je regarde, jusqu'au bout, puis j'enchaîne sur l'épisode suivant, parce que, quand même, on s'attache…
A la moitié de l'épisode suivant (le 3x13, le dernier ; c'est bien ma veine, en guise de premier aperçu d'une série), je me dis qu'en fin de compte, la loufoquerie anglosaxone poussée à son paroxysme, ça a un certain charme. Tout comme le Docteur, en fin de compte. Et puis ça va avec le thème de l'épisode ; l'idée qu'on peut sauver l'humanité et faire griller le dispositif de contrôle mental du méchant rien qu'en demandant à tout le monde sur Terre de penser à la même chose au même moment : au Docteur. Une espèce de mythe. Le dernier de son espèce. Un seigneur du temps.

Revenons un peu en arrière dans le temps, même si on n'a pas de "Blue police box", alias le TARDIS, pour voyager. Dr Who, au départ, c'est une série britannique (anglaise, elle l'est toujours) de 63, profondément allumée et magnifiquement inventive. Comment prolonger une série pendant près de trente ans? En inventant un Docteur qui possède treize vies, et qui, quand il meurt, change de corps et de personnalité! D'où la transition, dans les nouveaux épisodes (2005), entre Christopher Eccleston et David Tennant. J'aurais tendance à accorder ma préférence, à ce stade de mes visionnages, au premier, à cause de l'accent, cela dit l'autre me semble prometteur aussi.

En tant que fan absolue de Douglas Adams et du Guide Galactique (Hitchiker's Guide), cette cultissime trilogie en cinq volumes, je ne peux m'empêcher de glousser en remarquant les clins d'œil faits au monde de la SF absurde, les similitudes de raisonnement. Comme par exemple l'explication -- certes différente -- apportée au mystère bien connu de la SF : pourquoi tous les extraterrestres parlent-il toujours anglais? (les fans du Guide s'écrient en cœur : le poisson Babel (Babel Fish), ceux de Dr Who doivent avoir recours à une explication technique et une histoire de traducteur instantané...) Beuh, me direz-vous, ne s'agit-il là que d'un vulgaire recyclage de la grande œuvre de feu Douglas Adams? Eh bien, il est fort probable qu'il s'agisse plutôt d'une résurgence de cette part absurde et délurée de la culture britannique.
L'humour omniprésent, comme dans cette réception donnée en l'honneur de la fin de la planète Terre, "grillée" par l'expansion du soleil, quelques billards d'années dans le futur (on pense au Dernier restaurant avant le fin du monde, et on glousse de plus belle), ou l'accent du Nord du neuvième Docteur (Eccleston), qui avance comme explication que "toutes les planètes ont un Nord"…

C'est profondément débile -- des mannequins en plastique, contrôlés mentalement par un gigantesque blob de plastique en fusion, qui se sert de la grande roue londonienne comme d'un émetteur radio, des extraterrestres au look et aux noms tous plus improbables les uns que les autres, un blonde un peu naïve, un Docteur un peu crétin, et surtout très mystérieux. Et pourtant, et pourtant. Il y a des moments où l'on se dit, wow, la connerie puissance 5.4/Cup/16, c'est vraiment sympa. Transcender l'absurde, ça mène à l'émotion, on retient son souffle, et on apprécie. Ce Docteur n'est décidément pas un… extraterrestre comme tous les autres.

Posté par nao_asakura à 11:18 - série TV - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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