samedi 21 novembre 2009
The Boat That Rocked (like, a lot)
Enfin ! j'ai enfin vu ce film, et après coup je sais vraiment pas
pourquoi je faisais de la résistance (je pars du principe que je ne
dois regarder un film que si j'en ai vraiment envie, que les ondes sont
positives et les planètes alignées, et pour celui-là ça a visiblement
pris un certain temps...).
La musique ! Voilà comment on peut
résumer ce film. Prenez un bateau en pleine mer du Nord équipé d'une
antenne radio pirate, mettez-y quelques énergumènes vaguement hippies,
flamboyants tous autant qu'ils sont, joués par ce qui se fait de mieux
en matière de comédie britannique ces dernières années. Faites tourner
les platines, lâchez du bon son, et hop.
Donc. Pour résumé. J'ai
adoré. Positivement. (Ouais, je sais, on peut pas adorer négativement,
mais j'aime le renforcement adverbial totalement redondant.) Ce film
est redondant. Ce film est une succession de petites scènes, une
addition de petits détails, et de la musique, quasiment en continu, en
fond, chanté, écouté, transmis, aimé, adulé. La musique pirate en 1966,
comme une espèce de métaphore de la guerre informatique qui se joue à
notre époque, ou alors c'est juste moi, qui voit du sens là où il n'y a
que du bon son.
Un
film con, un film sexuel. Rrrr... Il faut que j'aille me trouver
l'intégralité de la bande son... Mouahahah et si elle existe pas je la
ferai moi-même !
Oh, et un manteau comme Chris O'Dowd, parce que ça aussi c'était positivement chouette...
vendredi 20 novembre 2009
Donnie Darko
J’ai eu une envie subite de revoir ce film, sept ou huit ans après la première fois, quand je suis tombée dessus dans le programme télé (télé que je n’ai plus, mais la magie de l’internet a fait que...) du jour.
J’avais un peu peur de revoir ce film que j’avais adoré étant ado, sans vraiment arriver à me souvenir de quoi que ce soit de précis ; j’avais peur d’être déçue rétrospectivement, ou de ne pas l’apprécier totalement parce que toute l’histoire me serait revenue en mémoire au fil du film.
Mais le fait est que ce film est extrêmement bien fait (ou
alors ma mémoire n’est plus ce qu’elle était, mais j’en doute), parce que je ne
me suis pas ennuyée une seule seconde, le suspense est resté intact jusqu’à la
dernière minute (de toute la résolution du film, je ne me souvenais que de la
reprise de Tears For Fears, en fait...).
C'est donc un film noir, glauque, planant et étrange. Un
film qui a fait parler de lui, avec ce réalisateur sorti de nulle part et tous
ces guests. Un film qui m'avait touchée quand j'avais douze ans, et qui me
touche encore aujourd'hui.
Donnie Darko est un jeune homme plein de problèmes, qui traverse la vie avec une gueule de déterré, alterne entre visites chez son psy, lycée, et nuits de somnambulisme. Oh, et un réacteur d'avion est tombé pile sur sa chambre.
Il a un ami imaginaire, Frank, qui est un type, déguisé en lapin géant sorti de l'enfer. Un lapin qui lui confie en toute amitié que "the world will end" dans 28 jours et quelques. (Je sais plus comment ça rendait, en français... l'intérêt de la formulation anglaise est que ça joue sur l'incertitude qui existe entre fin du monde, en général, et fin d'un monde, du monde propre à chacun, fin de la vie.)
Jake Gyllenhaal est trippant complet ; et ce qui me fait un peu peur c'est le degré d'identification qui existe entre moi et ce pauvre gars... Je comprends tout à fait sa position face à la vie, la mort, Dieu et l'humain. Mais moi j'ai pas d'ami imaginaire venu du futur...
Tout le film est une espèce de recherche du sens de la vie ;
pas vraiment une recherche du bonheur, même si c'est un des thèmes. Une quête
de soi incluse dans un paradoxe, qui fait que la fin est déjà écrite, dès le
départ. De fait, tous les détails qui jalonne le film sont tous liés à la
tragédie finale, le film est cerné.
C'est à la fois du fantastique et un drame assez banal. On
peut le prendre à plusieurs niveaux, même si le réalisateur brise le point de
vue quasiment monofocal à la toute fin et décide de mettre en avant son propos
vaguement moralisateur ; pour un martyr sacrifié, d'autres gens verront leur
vie s'embellir, ou du moins auront une chance de revenir sur leurs erreurs.
Visuellement parlant, ça a quand même pris un petit coup de vieux ; je ne suis pas entièrement convaincue par le "truc" visuel du machin visqueux à la Sphère qui sort de la poitrine des gens pour leur montrer leur futur...
Mais d'autres passages restent magnifiques, et l'impression d'ensemble est plus que géniale.
Ça tient avec des bouts de ficelle, et pourtant le message
est transmis sans qu'on ait besoin de grandes tirades, l'atmosphère est posée
sans qu'on ait besoin de décors mirobolants.
Un film à voir et à revoir.
lundi 16 novembre 2009
Je ne sais pas pour la vie, mais ya bien de l'eau sur Mars...
Commentaire à chaud : c'était c'était c'était... gé-ni-al ! Oh Mon Dieu... Voilà ce que je me suis dit pendant une grande moitié d'épisode.
Attention : spoilers, je me sens d'humeur festive.
Le début c'est à la fois chouette et pas chouette.
Chouette parce que j'aime la SF, et j'aime l'idée que le Docteur a mis les pieds dans un point fixe dans le temps qu'il ne peut pas changer, et j'aime cette notion de tragédie annoncée, et j'aime le nom de la base (Bowie One... quand j'avais lu ça au départ dans le trailer j'avais rigolé, mais en fait, oui, Bowie est une légende vivante, un dieu, du coup j'approuve).
Chouette aussi pour les "méchants", qui au contraire de ceux de Planet of the Dead sont dotés d'une conscience, individualisés, et compréhensibles. Et puis ils sont drôlement bien faits, c'est très angoissant, comme transformation.
Pas chouette à cause des décors entièrement réalisés par ordi. Toutes les scènes globales, extérieures, de la base font toc. Je préférais l'idée de faire peur avec un rien, mettre en scène en suggérant plus qu'en montrant... Mais ça dure pas, et le reste est quasiment entièrement tourné à l'intérieur de la base, où là les décors en dur sont pas mal du tout.
Les personnages...
Au départ, le choc : que des accents britanniques très fortement prononcés. Et puis ce qui parlent ainsi sont les premiers à être convertis, du coup il nous reste tous les autres, ceux qui sont étrangers : le russe, l'allemande, etc. Ils ont juste un léger accent, pour faire exotique, pas du tout exagéré, juste assez pour rendre le truc naze une fois que ça sera doublé par des français.
Adelaïde Brooke, celle dont le nom est resté dans l'histoire, celle qui a inspiré la conquête de l'espace par les terriens dans les années à venir, celle qui a sauvé la Terre en détruisant la première base, celle qui est le centre du point fixe auquel même un Time Lord ne peut pas toucher, que même les Daleks ne tuent pas car sa date de mort est fixe... Elle est parfaite, vraiment. Les autres sont attachants, mais elle, face à face avec le Docteur, elle est superbe.
Et le Docteur !
Le Docteur/Tenth/David Tennant qui commençait à me saouler et que je n'avais même plus envie de voir, après la daube finie qu'était Planet of the Dead... Tennant qui était retombé dans mon estime, à force d'en faire trop et de se répéter...
Tennant était superbe, lui aussi. Un Time Lord, oui, mais le seul, le dernier, brisé, abandonné... Le Docteur, à qui on a dit qu'il allait mourir bientôt, et qui refuse
de l'accepter (le passage où il parle des quatre coups, en disant,
c'est bon, on les entend pas, donc je vais pas encore mourir, et où
juste là, précisément, un des contaminés se met à taper sur la porte,
j'ai cru mourir). Qui décide soudainement de se battre, d'aller à contre-courant (haha, jeu de mots), de se révolter. Par moments, sa rage, son arrogance nouvelle, cette espèce de folie sous-jacente, de désespoir, m'ont fait penser à certaines tirades de John Simm/the Master, et j'aime.
C'était à la fois très fidèle au canon, et très novateur. Enfin un tournant dans l'histoire, enfin des décisions de la part du Docteur ! Enfin autre chose que des blagues et des sourires, pour masquer le fait qu'il porte le poids du monde sur ses (frêles) épaules. (J'aime ces frêles épaules).
Des décisions - sauver ceux qui peuvent l'être, rendre à Adelaïde Brooke le choix, la libérer de cette fixité dans l'histoire - qui vont à l'encontre de ce qu'on attend d'un Time Lord, ou plutôt de ce que le Docteur pense qu'on attend de lui. Mais là il est passé de l'autre côté ; et il se rend compte que ça n'a rien changé, qu'il est toujours assujetti au temps, qu'il n'en est pas le maitre. Il joue avec le temps, oui, tel un enfant, mais il est lui aussi pris au piège. Et à ce niveau on peut dire que Brooke fait fort, en ce sens qu'elle est bien plus lucide que lui.
Pour conclure : je n'ai qu'une hâte, voir les épisodes de Noël. Bien sûr, je serai triste de quitter Tenth/Tennant, mais mon estime pour les créateurs/continuateurs de cette série est remontée en flèche, et je serai là, fidèle, même avec un nouveau Docteur !
(HS mais : heureusement que j'avais déjà vu la bande-annonce des prochains épisodes, parce que de l'avoir mise à la toute fin, après toutes ces émotions, et surtout avec celui qui est dedans ! C'est un coup à buter les gens au coeur fragile ça !
vendredi 13 novembre 2009
Zombieland, ou comment j'ai failli mourir étouffée devant un film de zombies.
Les avis étaient partagés sur celui-là, et je m'attendais vraiment à
rien de bien extraordinaire.
Et effectivement, le début est à la fois original, bien
filmé, avec les "règles de survie" du narrateur qui s'affichent à l'écran, intégrées à l'action... et assez mal joué (surjoué, dirons-nous).
Mais bon, j'aime qu'on
parle des besoins de base des survivants d'une "zombie plague", comme
faire caca par exemple. Du coup j'accroche.
C'est la fin du monde, les zombies ont bouffé la plupart des gens, et parmi les survivants on trouve un geek (\o/), un psychotique (fan de Bill Murray, à la recherche des derniers twinkies non périmés en ce bas monde) et deux nanas (et pour une fois la gamine passe pas le film à hurler, c'est un soulagement pour mes nerfs). Oh, et Bill Murray aussi :)
Au fur et à mesure que ça se met en train, les acteurs se mettent en jambe, et ça devient bien... Hilarant même.
Heureusement, même, qu'il y a un peu de creux avant le final (dans un parc d'attraction), sinon j'aurais succombé, je pense.
Tout
est chouette, même si pour un film de zombies il y a des tas de trucs qui
me font tiquer (arg, mais voyons, on ne tire *pas* en l'air, ça attire
les hordes ! Et puis quelle idée d'allumer tout un parc d'attraction, tu
parles d'un signe de ralliement pour morts vivants Oo).
Et puis ils
couraient un peu trop vite, les morts pas morts.
Des passages d'anthologie. Des répliques connes. Des acteurs juste super (une fois qu'ils étaient lancés quoi).
Le
film réchappe même à *la* scène sentimentale de la fin ; et le
psychotique, qui, croit-on, se sacrifie dans un dernier combat
impossible à remporter (cerné par une horde de pas beaux)... ne meurt pas. Et tel
Cohen le barbare dans Pratchett, il survit, et bute tous les zombies...
\o/
Petit plus : la musique. Juste ce que j'aime, comme je
l'aime, du Metallica, du BÖC, un peu de Lou Reed, bonheur, paix sur la
terre, et la chanson des Ghostbusters x)
vendredi 23 octobre 2009
Louden Swain (again)
Louden Swain, musicalement, ça ressemble à un
croisement entre Buffseeds and Green Day à leurs débuts. A mi-chemin entre pop
clean et rock un peu bordélique. Les paroles sont un peu connes. Elles sont marrantes,
touchantes aussi. Et en fait, on rit, on est touché, et je pense que c’est le
but.
Personnellement ça me parle, dans le sens où ça raconte de petits bouts de
vie. Rien d’extraordinaire. Mais ce n’est pas ce qu’on attend en fait. Et puis il
est toujours plus difficile de faire une bonne chanson avec une tranche de vie
monotone qu’avec des monstres et des envolées lyriques.
Ça fait pas mal aux oreilles, on va dire, ni au cerveau. Mais il faut aussi un peu de ça, dans une bande-son de vie. De la musique sympa pour les jours pluvieux où on a pas envie de sortir. De la musique pour les longs trajets en bus, pour accompagner le paysage monotone qui défile.
Au départ, ma fangirlitude et le double statut du chanteur/leader Rob Benedict (comédien et musicien) m’a un peu bouché les oreilles. J’avais pas honte, non, je n’ai honte de rien de ce qui se trouve dans ma discothèque. Je me disais juste que ça me passerait, et qu’il n’en resterait rien. Tout au plus le vague souvenir d’une courte période d’excitation éphémère.
Mais maintenant je ne suis plus très sûre. J’ai fangirlisé au point d’acheter les premiers albums, ainsi que le dernier en date – A Brand New Hurt – et j’ai aimé, même si le premier, Able-Legged Heroes (2001) fait vraiment un peu trop indie garage pas encore bien fini pour moi. Le deuxième, Suit & Tie (2006) est peut-être convenu par moments, un peu lourd et ringard aussi, mais dans le fond c’est très écoutable et même plaisant, touchant.
Et plus ça va, plus je me dis que le Rob Benedict en question, j’ai beau l’aimer de toute mon âme de fangirl, il est peut-être meilleur musicien que comédien, en fin de compte...
samedi 19 septembre 2009
Concert de salon, ou le miracle de la technologie
L’autre jour encore, j’ai eu une angoisse existentielle d’un quart de seconde en contemplant d’un œil inquiet mon écran d’ordinateur portable (celui que j’ai baptisé Jack), et j’ai pensé, subitement, à quel point c’était prodigieux ce qu’on avait fait des ordinateurs, et ce qu’était devenu internet. J’ai tout, absolument tout, à portée de main – d’écran.
L’autre révélation que j’ai eu, c’était pendant le concert en ligne de Peter Nalitch et ses amis (Музыкальный коллектив Петра Налича), dans son appart à Moscou. Oui, je vais encore parler du même chanteur russe. Et j’ai pas honte, et j’en ai pas marre. Je pense que j’ai dépassé le stade du fangirlisme conscient de lui-même et un peu honteux. C’est du fangirlisme heureux et absolu.
Peter Nalitch donc, et un concert prévu le 17 septembre, en ligne sur rutube (youtube version russe). A 19h (21h heure de Moscou), on était (moi et quelques amis fans, comme quoi mon cas est désespéré mais pas isolé) sur le site, à attendre qu’il se passe quelque chose. A se demander à quoi ça allait ressembler, un “online-concert” (Онлайн-концерт)... A se demander si la connexion survivrait et si les problèmes techniques n’auraient pas raison d’une formidable idée musicale.
19h03 – dans la petite fenêtre de rutube.com apparaissent les membres du groupe, décontractés, tous installés sur des chaises devant la caméra, instruments en main, tasses pas loin... Et tout ce que je pense, avec un grand sourire, c’est “ça marche !”, heureuse comme une gamine le matin de Noël...
Ce fut un beau concert, vraiment très bien mené, et en même
temps totalement insolite. Qui a déjà entendu parler d’un groupe qui chante en
live sur internet depuis son salon ; je me demande ce qu’en ont pensé les
voisins, là-bas, vu le volume sonore ici.
Beaucoup de chansons connues, pas mal de nouvelles (des chansons cosaques, “ceux
qui vivent sur le Don”, d’après ma Seja qui s’essayait à la traduction
simultanée. Je n’ai compris qu’après que le Don était une rivière, et oui, je
suis comme ça, simple dans ma tête...). Des chansons en russe, en anglais, en
italien.
Une interprétation mémorable de Утки-индоутки
(Outki-indooutki, littéralement “Canards, canards d’Inde”) une tasse à la main.
C’est la première fois dans l’histoire de mes concerts que j’ai pu noter la set list dans son intégralité – en russe s’il vous plait ! C’est aussi la première fois où j’ai passé un concert sur un chat, à pousser des cris virtuels de fangirl (mais rassurez-vous, j’en ai aussi poussé quelques uns en vrai, j’ai même applaudi mon écran, c’est dire).
C’était une chose exceptionnelle, rare, étrange, ce concert, un peu à l’image des chansons de ce groupe, mais c’était surtout très naturel, simple, plaisant. Je ne sais pas si eux ont passé un aussi bon moment que nous, à l’autre bout de l’Europe, à l’autre bout de la connexion internet. Ils avaient l’air...
La set list :
1. Дача
2. Море
3. Гитар
4. Ты пленила
меня красотой
5. Софокла
6. Когда мы были на войне (chanson cosaque)
7. Баба люба
8. Я её полюбил (romance)
9. Утки-индоутки
10. chanson napolitaine
11. 1solodowhiskey
12. Чайки
13. Little Naked Girl
14. Не для меня (chanson cosaque)
15. Давай разведёмся
16. Whooly
17. Не будите (chanson tsigane)
18. Баллада
19. Никогда
20. Is There Love
HS : Oh... C'est mon 200e article ici.
samedi 12 septembre 2009
Cowboy Bebop – 8 ans plus tard
Il y a huit ans de ça, en 2001, j’ai eu une télé, c’était en février. J’ai regardé Buffy, et Sliders, et après il y a eu l’été, et Canal + a passé Cowboy Bebop en clair. J’ai pris le truc en cours, mais j’ai adoré. C’était tellement différent de tout ce que j’avais pu voir jusqu'alors. C’était le premier anime que je voyais, et je l'ai regardé principalement pour la nouveauté, pour emmerder ma mère aussi, qui dénigrait ces “machins japonais”... Parce que pour elle les “manga” c’était forcément violent et mal dessiné.
Moi je dirais plutôt que c’est un genre à part, une autre
culture, une autre façon de concevoir l’animation. Et il faut dire que pour un
premier anime je suis tombée sur ce qu’il me fallait... De l’humour, de l’action,
de la violence, des intrigues... intrigantes et des personnages plus qu’attachants.
Le premier épisode que j’ai vu, c’était celui où Spike et Jet retournent sur
Terre, dans un musée en ruines, pour récupéré un magnétoscope afin de lire une
k7 vidéo qui date du passé, de l’époque de Faye, laquelle n’a plus de
souvenirs... Le second c’était Wild
Horses, où Spike est en panne de moteur en orbite autour d’une planète
désertique, le seul épisode où on le voit sourire, quasiment.
Et j’ai été bluffée, scotchée, je suis restée bouche bée devant cette vision du futur, cette Terre détruite, la Lune en morceaux, les vaisseaux, les villes, les gens. C’était complet, un autre monde, un futur, morne et en même temps plein de vie. Un western de science-fiction. Un genre à part.
En 2001, j’avais seulement vu les quelques épisodes de la fin – fin que j’avais totalement effacée de ma mémoire, et que j’ai revu avec d’autant plus d’appréhension et de plaisir – et puis c’était tout, et Canal + a enchainé sur Vision d’Escaflowne, et comme en 2001 j’avais 13 ans, j’ai regardé, aussi, et j’ai aimé, aussi, mais pas pour les mêmes raisons.
Et aujourd’hui, été 2009, j’ai décidé de tout revoir. J’ai ressorti mes divix, des trucs que j’avais depuis que j’ai eu internet, c’est dire à quel point cette série m’avait marquée, et que je n’avais pas revus depuis. Le début c’était quasiment de l’inédit, autant dire que je me suis régalée.
Parce qu’une série créée en 1999, on aurait pu croire qu’elle aurait mal vieilli, que le propos serait devenu difficile à avaler, que les designs se feraient vieux et mauvais. Et pourtant, et pourtant... N’en déplaise à ceux qui disent qu’on a fait mille fois mieux depuis, n’en déplaise à ceux qui diront que j’aime cette série à cause de la résonance sentimentale qu’elle a pour moi, Cowboy Bebop et Shin'ichirō Watanabe sont un des meilleurs trucs qui soient arrivés à l’animation japonaise.
Commençons par les décors, le setting, de la série. La Terre
est abandonnée, il pleut des météorites en permanence, la Lune est brisée,
détruite par une Gate qui a explosé, il y a de cela des décennies. Le système
solaire est vastement colonisé, et les hommes se sont établis un peu partout. Ils
voyagent à travers des sortes d’autoroutes de l’espace, des Gates, à l’imagerie à cheval
entre Stargate et Lost In Space.
Il en résulte un univers
crade, méchant, dangereux, mais aussi très coloré, très tranché. Le néant de l’espace,
les étendues désertiques, opposés aux colonies nichées dans des cratères et
terraformées. Rien n’est expliqué en détail, tout est visuellement sous entendu ;
un monde entier en quelques images.
Les personnages, c’est une autre affaire. On oscille entre fanservice et caricature, et pourtant on s’y retrouve, on accroche. Alors quand on dit Keanu Reeves dans le rôle de Spike Spiegel, laissez-moi rire (jaune)... La série est fortement occidentalisée, et on est loin des grands yeux et des dessins en SD. Même si c’est quand même présent ; quand il y a de l’humour, ou en tant que “comfort” après les scènes de “hurt” (whump) qui abondent. Au-delà de l’aspect physique, les personnages sont intéressants par leur passé, et par leurs différences. Tous les passagers du Bebop sont en somme des êtres à part, qui ont un lourd passé qu’ils veulent oublier, et qui sont différents des autres.
Chaque épisode, à travers les différentes poursuites de criminels dont la tête est mise à prix, est à chaque fois un moyen de dévoiler un peu plus de la géographie et de l’organisation de ce monde futuriste, mais aussi et surtout de dévoiler un peu plus au sujet des personnages. Et les épisodes les plus poignants sont sans doute ceux qui effleurent ce passé voilé, oublié, renié. Ce passé qui les bouffe et finira par tous les engloutir, qui donne cet aspect nostalgique à une série drôle, cet aspect sérieux et dramatique aux deux génériques, de début et de fin.
Parlons des génériques, parlons surtout de la musique. Outre
l’innovation du “western de science-fiction”, Cowboy Bebop c’est aussi un anime qui a totalement fusionné avec sa
musique. La musique n’est pas là pour l’ambiance, elle n’est pas là pour
souligner des sentiments, elle fait partie de la série à part entière. Les
combats sont orchestrés pour suivre la musique, les images, le rythme, s’accordent
avec celle-ci.
Les épisodes sont appelés “sessions”, comme si c’était à chaque
fois de petits concerts improvisés, entre personnages dissonants, les quatre
membres du Bebop, sur fond de partition futuriste, le monde que l’on découvre
au fur et à mesure.
Les titres sont des chansons, des reprises, des échos, on
est dans le jazz, le blues, le folk, on est dans une culture américaine style
année 50, à des années lumières de la SF représentée.
On devrait toujours regarder des années plus tard les séries qu’on a aimé étant gosse, ne serait-ce que pour, parfois, tomber sur des perles indémodables, impérissables, qui resteront toujours “futuristes”, quoi qu’on y fasse, et quel que soit le temps qui aura passé. C’est tellement plaisant.
vendredi 14 août 2009
NCIS: Legend...
~ Spoilers pour la saison 6 de NCIS ~
NCIS... encore une série que j’ai commencée en français, avant de permuter et de continuer en VO, à cause, principalement, du retard acculé par la diffusion française. Pour une fois, je n’ai pas vraiment de reproches à faire à la traduction, ni au doublage. Les voix sont correctes, Ziva a toujours son accent, les blagues sont conservées, les niveaux de langue respectés – on se retrouve pas, par exemple, avec tous le monde qui se vouvoie (à la Stargate).
La saison 6, étalée entre septembre 2008 et mai 2009, je l’ai suivie au lance-pierre, quand j’avais des creux dans mon planning séries. Pas que NCIS soit une mauvaise série, loin de là, mais elle demande peut être moins d’implication émotionnelle que certaines autres séries. Les histoires sont moins liées, les personnages évoluent peu – évidemment la saison 6 me fait mentir, tant les arcs sont intenses et les personnages mis à rude épreuve.
Le premier arc, que j’ai relativement suivi avec un visionnage assidu, c’était le bordel qui suit le dispatch de l’équipe initiale – Ziva retourne au Mossad, Tony est envoyé sur un porte-avions, McGee chez les geeks au sous-sol... Sauf que l’on découvre en cours de route que c’est un stratagème du nouveau directeur pour confondre une taupe, au sein de la nouvelle équipe qui entoure Gibbs, dont fait partie l’agent Lee, que l’on connaissait déjà.
Autant pour l’assistant moustachu d’Abby, dans une saison
précédente, lequel se révèle être un dangereux psychopathe que voulait faire
accuser Tony de meurtre (pauvre) pour se venger, j’avais flairé le truc dès les
premières apparitions, autant pour Lee, j’étais plus circonspecte. Et
effectivement, ça s’est avéré plus complexe : chantage, prise d’otage d’une
gosse, etc, etc... Ça finit mal, mais c’était
excellent.
Le deuxième arc, celui que j’ai nettement moins suivi en continu, implique Ziva, le Mossad, et des cellules terroristes dormantes. Ouais, encore les terroristes. Encore le Mossad. Tony avait flairé le truc avant tout le monde, et la dynamique Tony/Ziva s’en trouve éclairée d’une nouvelle manière. Pas qu’ils soient amoureux, pas qu’ils se haïssent. C’est juste... intense et très bien amené, la conclusion de plusieurs saisons. Ziva se croit trahie, alors que Tony ne lui a jamais été plus loyal, en fait. Espérons une réconciliation, espérons quelques coups de poings, une embrassade. Vivement la saison 7, même si j’ai tardé pour regarder la 6.
L’autre élément important de la fin de la saison 6, c’est l’introduction des protagonistes du spin-off, NCIS : Los Angeles. Moi les spin-off, j’aime pas tellement ça, surtout quand il s’agit d’une série policière (elle-même déjà spin-off de JAG...) (cf. les multiples déclinaisons de CSI (les Experts), qui exportent les mêmes schémas scénaristiques dans une ville différente, avec des acteurs stéréotypés).
Ici les “nouveaux” sont chez eux, et c’est notre équipe qui déménage, le temps d’une enquête, dans les locaux de LA. Et à travers deux épisodes, on se met à apprécier cette autre équipe, ces autres locaux. En fait non, pour être totalement honnête je me suis un peu endormie pendant la première partie, l’histoire était intéressante mais sans plus, et les seuls mystères au demeurant étant le lien entre la blonde directrice de LA et Gibbs, ainsi que les affaires de Ziva, dont seul Tony semble s’inquiéter.
Et c’est là qu’on se rend compte, avec cette mise en place laborieuse d’une nouvelle série, de ce qui fait une série ; quels sont les éléments clefs d’une telle série policière, tout en soulignant le fait que pour que ça “marche”, pour qu’un intérêt se crée, il faut un élément supplémentaire, fragile, difficile à définir concrètement. Et à la fin de ce double épisode, cet élément est présent.
Les éléments classiques, ce sont les personnages, ici l’originalité, c’était d’avoir un grand mec pataud en guise de psy/analyste comportemental – POV extérieur – mais tous les autres sont relativement classiques : un beau gosse un peu puéril (à la Tony), un “bon copain”, noir, fiable et accessoirement doué en informatique, un geek vaguement roux et doté de lunettes pour les machines plus techniques, une brune super canon, très masculine dans son comportement, malgré sa sexitude (à la Ziva), qui doit avoir trois lignes de texte en deux épisodes et autant de background psychologique qu’un caillou, et une directrice froide, blonde, dont le parcours professionnel a visiblement croisé celui de Gibbs à un moment par le passé – et on apprend au final, par l’intermédiaire du psy de LA que c’est elle qui a pris la décision de fermer les yeux à propos du meurtre de l’assassin de la famille de Gibbs au Mexique. Et le regard via caméra de surveillance que Gibbs et la directrice blonde “échangent” à la fin de l’épisode vaut pour excuses, remerciements et passation symbolique de pouvoir.
L’autre élément, vital pour une série policière, à mon avis, ce sont les locaux, la base. Le lieu rassurant, immuable, qui est au cœur de tout. Les locaux de LA sont high-tech, mais relativement froids. L’entrée est camouflée dans une ruelle moisie (un rappel de l’orientation du spin-off sur les enquêtes sous couverture) et on y accède par un vieux monte charge à plate forme.
Le déclic, ça a été la toute fin, et l’émotion qu’elle
provoque. Une bonne série, c’est une série où l’on s’attache aux personnages et
cette fin en cliffhanger pas résolu est absolument terrible pour les nerfs.
Callen, le beau gosse un peu naïf, se faisait passer pour un mafieux russe
histoire de draguer une jeune voisine russe, se fait abattre en pleine rue,
visiblement sur l’ordre de cette même voisine... OMG juste OO... Et là on se
rend compte, sans savoir précisément à quel moment ça s’est produit, qu’on a de
l’intérêt pour ces nouveaux personnages, et qu’on tient à eux. Good point.
Espérons que la série en elle-même, qui débute le 22 septembre, en même temps
que la saison 7 de NCIS, soit à la
hauteur de mes espérances.
samedi 4 juillet 2009
Supernatural... la fin du monde aura bien lieu... en Septembre !
Enormes spoilers pour toute la fin de la saison 4. Vous avez été prévenus. Mais bon ya que moi qui regarde Supernatural. C'est dommage, c'est vraiment inventif. Et drôlement bien fait. RIP Kim Manners, espérons que la saison 5 soit aussi bonne...
La fin, quelle fin ! Ils ne résolvent rien ; RIEN. L’apocalypse. Lucifer is rising, and then, nothing, only a blank screen, white, so white hot it could burn your retinas right away since you’re no longer blinking anyways. And then. Credits, written is black.
Les deux derniers épisodes étaient très bons. Tout en échos, en demies teintes. Les deux frères ennemis, antagonistes à l’extrême. Dean vend son âme aux anges, alors qu’il apprend que “God has left the building” ; Sam est sur la mauvaise pente, démoniaque comme jamais. Rouge, blanc, tout ça est trop net.
Et puis il y a la figure du père. Rappelée par le “fils caché” de Jump the Shark (il ne fait pas long feu le pauvre), rappelée encore à travers Bobby. Et puis la douleur, le doute, tous ces sentiments que l’ange Castiel ne fait qu’entrevoir et repousse sans cesse (il faudra bien qu’il tombe, c’est inévitable), tous ces sentiments humains mettent les deux frères sur un plan d’égalité. Malgré les artifices du démon Ruby qui transforme le dernier message du répondeur de Sam en un message de haine (ou est-ce les anges qui sont à l’oeuvre, qui peut le dire ?), malgré les manigances des anges, qui sont décidément que des pourris (enfin, il faut les comprendre, pour eux les humains ne sont rien), les frères Winchester restent tous les deux humains.
Pour une série qui se base sur l’aspect humain, terre à terre, bouseux de l’Amérique, et qui se veut non conformiste et plutôt blasphématoire, c’était fort, très fort, de partir sur les anges, Lilith, l’Apocalypse et Lucifer. Mais Dieu n’est jamais là, Dieu doit être obéi aveuglément, Dieu, en fin de compte, semble ne même plus se soucier de la terre. Et les anges doutent, et les hommes doutent. Le prophète lui-même voit son boulot chamboulé (bien rock’n’roll le prophète quand même, alcoolique, geek, écrivain de bouquin d’horreur moisis, totalement allumé – mention spéciale à Rob Benedict choupi) et la liberté de choix des hommes, et même des anges, semble l’emporter sur le “God’s word”.
Les anges, beautiful and deadly. Au début, la première apparition de Castiel en costard frippé sous un pardessus fatigué, cernes sous les yeux et cheveux en vrac, c’était une blague, un genre de parodie de John Constantine... Mais on l’apprécie, parce qu’on sent (c’est vachement pas subtilement suggéré d’ailleurs) qu’il a un rôle clef à jouer sur la fin (et finalement il faudra attendre la saison 5 pour voir s’il va vraiment se sacrifier pour sauver l’espèce humaine). On l’apprécie aussi parce que Misha Collins est drôlement sexy, pardessus fatigué ou pas.
Et cet épisode magnifique où Castiel est rappelé à l’ordre, et où les deux frères se retrouvent avec un Jimmy Novak sur les bras, l’hôte, the “vessel”, de l’ange. C’est sweet and sad, très différent de ce qu’on voit d’habitude. Bon, l’horreur n’est pas loin et bien vite ça vire au carnage et au questionnement existentiel, mais quand même. C’était sympa.
Les épisodes totalement "bizarre" et vraiment grandioses étaient aussi légion dans cette saison, faut pas croire. L'épisode tout en noir et blanc pour faire comme dans les films de genre de l'époque. L'épisode "je vais bien tout va bien", tout coloré et gerbos de mievrerie, juste après un épisode plus dark tu meurs, avec torture, défaite psychologique et autre réjouissances. Et paf les frères Winchester se retrouvent respectivement cadre sup dans une boite et employé à la maintenance informatique, avec aucun souvenir, des noms stupides (Dean Smith et Sam Wesson, j'en ai pleuré) et un fantôme pas commode sur les bras.
Il est tard, il fait chaud, et mon cerveau de fangirl crie sans s’arrêter un genre de “ohmygodonaurapaslafinavantseptembre” sans discontinuer.
Une fin sans fin. Une apocalypse sans morts. Une réconciliation tacite. C’est trop propre et net pour une fin de Supernatural. C’est excellent.
jeudi 21 mai 2009
Libérons la musique
Il y a quelques mois de ça, j’avais appris par NME que Mark
Linkous, aka Sparklehorse, nous
préparait un nouvel album, The Dark Night
of the Soul. Sachant que le monsieur n’avait rien sorti depuis 2006, avec
le très inspiré, même si un tantinet trop “lisse”, Dreamt for Light Years in the Belly of a Moutain.
Je découvre que le “projet” sera produit par Danger Mouse, ce qui en soit est
une bonne chose si on veut du “moins lisse”.
Puis qu’il sortira en un nombre limité de copies, avec un livre, recueil de
photos de David Lynch... Et qu’y figureront pléthore de guests, entre autres
Iggy Pop, Frank Black, Julian Casablancas des Strokes. Arg.
Il y a quelques jours, on apprend toujours par NME que l’album ne sortira pas, à cause d’une embrouille entre Danger Mouse et EMI. Merde.
Mais c’était sous estimer Danger Mouse, en ces temps
troublés, qui nous invite par un pied de nez réjouissant à la major qui leur
tourne le dos, à pirater le cd en question. Le livre sortira bien, mais
accompagné, je cite “d’un CD-R vierge et sur toutes les copies se trouvera la
mention : “Pour des raisons légales, ce CD-R ne contient pas de musique. Utilisez-le
comme bon vous semble.” En ces temps
troublés (enfin surtout en France, mais passons), poignarder une major dans le
dos comme ça c’est admirable et louable.
Personnellement je suis fan des trois compères pris séparément, alors les trois ensemble j’étais aux anges. De plus l’album est prometteur, plein de nuances et de découvertes. J’aime particulièrement l’idée de voir de multiples facettes de Mark Linkous transfigurées à travers les interprétations des guests ; ça redonne à son écriture de l’énergie, du mystère, ce qui manquait peut être à DfLYitBoaM.








