vendredi 23 octobre 2009
Louden Swain (again)
Louden Swain, musicalement, ça ressemble à un
croisement entre Buffseeds and Green Day à leurs débuts. A mi-chemin entre pop
clean et rock un peu bordélique. Les paroles sont un peu connes. Elles sont marrantes,
touchantes aussi. Et en fait, on rit, on est touché, et je pense que c’est le
but.
Personnellement ça me parle, dans le sens où ça raconte de petits bouts de
vie. Rien d’extraordinaire. Mais ce n’est pas ce qu’on attend en fait. Et puis il
est toujours plus difficile de faire une bonne chanson avec une tranche de vie
monotone qu’avec des monstres et des envolées lyriques.
Ça fait pas mal aux oreilles, on va dire, ni au cerveau. Mais il faut aussi un peu de ça, dans une bande-son de vie. De la musique sympa pour les jours pluvieux où on a pas envie de sortir. De la musique pour les longs trajets en bus, pour accompagner le paysage monotone qui défile.
Au départ, ma fangirlitude et le double statut du chanteur/leader Rob Benedict (comédien et musicien) m’a un peu bouché les oreilles. J’avais pas honte, non, je n’ai honte de rien de ce qui se trouve dans ma discothèque. Je me disais juste que ça me passerait, et qu’il n’en resterait rien. Tout au plus le vague souvenir d’une courte période d’excitation éphémère.
Mais maintenant je ne suis plus très sûre. J’ai fangirlisé au point d’acheter les premiers albums, ainsi que le dernier en date – A Brand New Hurt – et j’ai aimé, même si le premier, Able-Legged Heroes (2001) fait vraiment un peu trop indie garage pas encore bien fini pour moi. Le deuxième, Suit & Tie (2006) est peut-être convenu par moments, un peu lourd et ringard aussi, mais dans le fond c’est très écoutable et même plaisant, touchant.
Et plus ça va, plus je me dis que le Rob Benedict en question, j’ai beau l’aimer de toute mon âme de fangirl, il est peut-être meilleur musicien que comédien, en fin de compte...
samedi 19 septembre 2009
Concert de salon, ou le miracle de la technologie
L’autre jour encore, j’ai eu une angoisse existentielle d’un quart de seconde en contemplant d’un œil inquiet mon écran d’ordinateur portable (celui que j’ai baptisé Jack), et j’ai pensé, subitement, à quel point c’était prodigieux ce qu’on avait fait des ordinateurs, et ce qu’était devenu internet. J’ai tout, absolument tout, à portée de main – d’écran.
L’autre révélation que j’ai eu, c’était pendant le concert en ligne de Peter Nalitch et ses amis (Музыкальный коллектив Петра Налича), dans son appart à Moscou. Oui, je vais encore parler du même chanteur russe. Et j’ai pas honte, et j’en ai pas marre. Je pense que j’ai dépassé le stade du fangirlisme conscient de lui-même et un peu honteux. C’est du fangirlisme heureux et absolu.
Peter Nalitch donc, et un concert prévu le 17 septembre, en ligne sur rutube (youtube version russe). A 19h (21h heure de Moscou), on était (moi et quelques amis fans, comme quoi mon cas est désespéré mais pas isolé) sur le site, à attendre qu’il se passe quelque chose. A se demander à quoi ça allait ressembler, un “online-concert” (Онлайн-концерт)... A se demander si la connexion survivrait et si les problèmes techniques n’auraient pas raison d’une formidable idée musicale.
19h03 – dans la petite fenêtre de rutube.com apparaissent les membres du groupe, décontractés, tous installés sur des chaises devant la caméra, instruments en main, tasses pas loin... Et tout ce que je pense, avec un grand sourire, c’est “ça marche !”, heureuse comme une gamine le matin de Noël...
Ce fut un beau concert, vraiment très bien mené, et en même
temps totalement insolite. Qui a déjà entendu parler d’un groupe qui chante en
live sur internet depuis son salon ; je me demande ce qu’en ont pensé les
voisins, là-bas, vu le volume sonore ici.
Beaucoup de chansons connues, pas mal de nouvelles (des chansons cosaques, “ceux
qui vivent sur le Don”, d’après ma Seja qui s’essayait à la traduction
simultanée. Je n’ai compris qu’après que le Don était une rivière, et oui, je
suis comme ça, simple dans ma tête...). Des chansons en russe, en anglais, en
italien.
Une interprétation mémorable de Утки-индоутки
(Outki-indooutki, littéralement “Canards, canards d’Inde”) une tasse à la main.
C’est la première fois dans l’histoire de mes concerts que j’ai pu noter la set list dans son intégralité – en russe s’il vous plait ! C’est aussi la première fois où j’ai passé un concert sur un chat, à pousser des cris virtuels de fangirl (mais rassurez-vous, j’en ai aussi poussé quelques uns en vrai, j’ai même applaudi mon écran, c’est dire).
C’était une chose exceptionnelle, rare, étrange, ce concert, un peu à l’image des chansons de ce groupe, mais c’était surtout très naturel, simple, plaisant. Je ne sais pas si eux ont passé un aussi bon moment que nous, à l’autre bout de l’Europe, à l’autre bout de la connexion internet. Ils avaient l’air...
La set list :
1. Дача
2. Море
3. Гитар
4. Ты пленила
меня красотой
5. Софокла
6. Когда мы были на войне (chanson cosaque)
7. Баба люба
8. Я её полюбил (romance)
9. Утки-индоутки
10. chanson napolitaine
11. 1solodowhiskey
12. Чайки
13. Little Naked Girl
14. Не для меня (chanson cosaque)
15. Давай разведёмся
16. Whooly
17. Не будите (chanson tsigane)
18. Баллада
19. Никогда
20. Is There Love
HS : Oh... C'est mon 200e article ici.
samedi 12 septembre 2009
Cowboy Bebop – 8 ans plus tard
Il y a huit ans de ça, en 2001, j’ai eu une télé, c’était en février. J’ai regardé Buffy, et Sliders, et après il y a eu l’été, et Canal + a passé Cowboy Bebop en clair. J’ai pris le truc en cours, mais j’ai adoré. C’était tellement différent de tout ce que j’avais pu voir jusqu'alors. C’était le premier anime que je voyais, et je l'ai regardé principalement pour la nouveauté, pour emmerder ma mère aussi, qui dénigrait ces “machins japonais”... Parce que pour elle les “manga” c’était forcément violent et mal dessiné.
Moi je dirais plutôt que c’est un genre à part, une autre
culture, une autre façon de concevoir l’animation. Et il faut dire que pour un
premier anime je suis tombée sur ce qu’il me fallait... De l’humour, de l’action,
de la violence, des intrigues... intrigantes et des personnages plus qu’attachants.
Le premier épisode que j’ai vu, c’était celui où Spike et Jet retournent sur
Terre, dans un musée en ruines, pour récupéré un magnétoscope afin de lire une
k7 vidéo qui date du passé, de l’époque de Faye, laquelle n’a plus de
souvenirs... Le second c’était Wild
Horses, où Spike est en panne de moteur en orbite autour d’une planète
désertique, le seul épisode où on le voit sourire, quasiment.
Et j’ai été bluffée, scotchée, je suis restée bouche bée devant cette vision du futur, cette Terre détruite, la Lune en morceaux, les vaisseaux, les villes, les gens. C’était complet, un autre monde, un futur, morne et en même temps plein de vie. Un western de science-fiction. Un genre à part.
En 2001, j’avais seulement vu les quelques épisodes de la fin – fin que j’avais totalement effacée de ma mémoire, et que j’ai revu avec d’autant plus d’appréhension et de plaisir – et puis c’était tout, et Canal + a enchainé sur Vision d’Escaflowne, et comme en 2001 j’avais 13 ans, j’ai regardé, aussi, et j’ai aimé, aussi, mais pas pour les mêmes raisons.
Et aujourd’hui, été 2009, j’ai décidé de tout revoir. J’ai ressorti mes divix, des trucs que j’avais depuis que j’ai eu internet, c’est dire à quel point cette série m’avait marquée, et que je n’avais pas revus depuis. Le début c’était quasiment de l’inédit, autant dire que je me suis régalée.
Parce qu’une série créée en 1999, on aurait pu croire qu’elle aurait mal vieilli, que le propos serait devenu difficile à avaler, que les designs se feraient vieux et mauvais. Et pourtant, et pourtant... N’en déplaise à ceux qui disent qu’on a fait mille fois mieux depuis, n’en déplaise à ceux qui diront que j’aime cette série à cause de la résonance sentimentale qu’elle a pour moi, Cowboy Bebop et Shin'ichirō Watanabe sont un des meilleurs trucs qui soient arrivés à l’animation japonaise.
Commençons par les décors, le setting, de la série. La Terre
est abandonnée, il pleut des météorites en permanence, la Lune est brisée,
détruite par une Gate qui a explosé, il y a de cela des décennies. Le système
solaire est vastement colonisé, et les hommes se sont établis un peu partout. Ils
voyagent à travers des sortes d’autoroutes de l’espace, des Gates, à l’imagerie à cheval
entre Stargate et Lost In Space.
Il en résulte un univers
crade, méchant, dangereux, mais aussi très coloré, très tranché. Le néant de l’espace,
les étendues désertiques, opposés aux colonies nichées dans des cratères et
terraformées. Rien n’est expliqué en détail, tout est visuellement sous entendu ;
un monde entier en quelques images.
Les personnages, c’est une autre affaire. On oscille entre fanservice et caricature, et pourtant on s’y retrouve, on accroche. Alors quand on dit Keanu Reeves dans le rôle de Spike Spiegel, laissez-moi rire (jaune)... La série est fortement occidentalisée, et on est loin des grands yeux et des dessins en SD. Même si c’est quand même présent ; quand il y a de l’humour, ou en tant que “comfort” après les scènes de “hurt” (whump) qui abondent. Au-delà de l’aspect physique, les personnages sont intéressants par leur passé, et par leurs différences. Tous les passagers du Bebop sont en somme des êtres à part, qui ont un lourd passé qu’ils veulent oublier, et qui sont différents des autres.
Chaque épisode, à travers les différentes poursuites de criminels dont la tête est mise à prix, est à chaque fois un moyen de dévoiler un peu plus de la géographie et de l’organisation de ce monde futuriste, mais aussi et surtout de dévoiler un peu plus au sujet des personnages. Et les épisodes les plus poignants sont sans doute ceux qui effleurent ce passé voilé, oublié, renié. Ce passé qui les bouffe et finira par tous les engloutir, qui donne cet aspect nostalgique à une série drôle, cet aspect sérieux et dramatique aux deux génériques, de début et de fin.
Parlons des génériques, parlons surtout de la musique. Outre
l’innovation du “western de science-fiction”, Cowboy Bebop c’est aussi un anime qui a totalement fusionné avec sa
musique. La musique n’est pas là pour l’ambiance, elle n’est pas là pour
souligner des sentiments, elle fait partie de la série à part entière. Les
combats sont orchestrés pour suivre la musique, les images, le rythme, s’accordent
avec celle-ci.
Les épisodes sont appelés “sessions”, comme si c’était à chaque
fois de petits concerts improvisés, entre personnages dissonants, les quatre
membres du Bebop, sur fond de partition futuriste, le monde que l’on découvre
au fur et à mesure.
Les titres sont des chansons, des reprises, des échos, on
est dans le jazz, le blues, le folk, on est dans une culture américaine style
année 50, à des années lumières de la SF représentée.
On devrait toujours regarder des années plus tard les séries qu’on a aimé étant gosse, ne serait-ce que pour, parfois, tomber sur des perles indémodables, impérissables, qui resteront toujours “futuristes”, quoi qu’on y fasse, et quel que soit le temps qui aura passé. C’est tellement plaisant.
vendredi 14 août 2009
NCIS: Legend...
~ Spoilers pour la saison 6 de NCIS ~
NCIS... encore une série que j’ai commencée en français, avant de permuter et de continuer en VO, à cause, principalement, du retard acculé par la diffusion française. Pour une fois, je n’ai pas vraiment de reproches à faire à la traduction, ni au doublage. Les voix sont correctes, Ziva a toujours son accent, les blagues sont conservées, les niveaux de langue respectés – on se retrouve pas, par exemple, avec tous le monde qui se vouvoie (à la Stargate).
La saison 6, étalée entre septembre 2008 et mai 2009, je l’ai suivie au lance-pierre, quand j’avais des creux dans mon planning séries. Pas que NCIS soit une mauvaise série, loin de là, mais elle demande peut être moins d’implication émotionnelle que certaines autres séries. Les histoires sont moins liées, les personnages évoluent peu – évidemment la saison 6 me fait mentir, tant les arcs sont intenses et les personnages mis à rude épreuve.
Le premier arc, que j’ai relativement suivi avec un visionnage assidu, c’était le bordel qui suit le dispatch de l’équipe initiale – Ziva retourne au Mossad, Tony est envoyé sur un porte-avions, McGee chez les geeks au sous-sol... Sauf que l’on découvre en cours de route que c’est un stratagème du nouveau directeur pour confondre une taupe, au sein de la nouvelle équipe qui entoure Gibbs, dont fait partie l’agent Lee, que l’on connaissait déjà.
Autant pour l’assistant moustachu d’Abby, dans une saison
précédente, lequel se révèle être un dangereux psychopathe que voulait faire
accuser Tony de meurtre (pauvre) pour se venger, j’avais flairé le truc dès les
premières apparitions, autant pour Lee, j’étais plus circonspecte. Et
effectivement, ça s’est avéré plus complexe : chantage, prise d’otage d’une
gosse, etc, etc... Ça finit mal, mais c’était
excellent.
Le deuxième arc, celui que j’ai nettement moins suivi en continu, implique Ziva, le Mossad, et des cellules terroristes dormantes. Ouais, encore les terroristes. Encore le Mossad. Tony avait flairé le truc avant tout le monde, et la dynamique Tony/Ziva s’en trouve éclairée d’une nouvelle manière. Pas qu’ils soient amoureux, pas qu’ils se haïssent. C’est juste... intense et très bien amené, la conclusion de plusieurs saisons. Ziva se croit trahie, alors que Tony ne lui a jamais été plus loyal, en fait. Espérons une réconciliation, espérons quelques coups de poings, une embrassade. Vivement la saison 7, même si j’ai tardé pour regarder la 6.
L’autre élément important de la fin de la saison 6, c’est l’introduction des protagonistes du spin-off, NCIS : Los Angeles. Moi les spin-off, j’aime pas tellement ça, surtout quand il s’agit d’une série policière (elle-même déjà spin-off de JAG...) (cf. les multiples déclinaisons de CSI (les Experts), qui exportent les mêmes schémas scénaristiques dans une ville différente, avec des acteurs stéréotypés).
Ici les “nouveaux” sont chez eux, et c’est notre équipe qui déménage, le temps d’une enquête, dans les locaux de LA. Et à travers deux épisodes, on se met à apprécier cette autre équipe, ces autres locaux. En fait non, pour être totalement honnête je me suis un peu endormie pendant la première partie, l’histoire était intéressante mais sans plus, et les seuls mystères au demeurant étant le lien entre la blonde directrice de LA et Gibbs, ainsi que les affaires de Ziva, dont seul Tony semble s’inquiéter.
Et c’est là qu’on se rend compte, avec cette mise en place laborieuse d’une nouvelle série, de ce qui fait une série ; quels sont les éléments clefs d’une telle série policière, tout en soulignant le fait que pour que ça “marche”, pour qu’un intérêt se crée, il faut un élément supplémentaire, fragile, difficile à définir concrètement. Et à la fin de ce double épisode, cet élément est présent.
Les éléments classiques, ce sont les personnages, ici l’originalité, c’était d’avoir un grand mec pataud en guise de psy/analyste comportemental – POV extérieur – mais tous les autres sont relativement classiques : un beau gosse un peu puéril (à la Tony), un “bon copain”, noir, fiable et accessoirement doué en informatique, un geek vaguement roux et doté de lunettes pour les machines plus techniques, une brune super canon, très masculine dans son comportement, malgré sa sexitude (à la Ziva), qui doit avoir trois lignes de texte en deux épisodes et autant de background psychologique qu’un caillou, et une directrice froide, blonde, dont le parcours professionnel a visiblement croisé celui de Gibbs à un moment par le passé – et on apprend au final, par l’intermédiaire du psy de LA que c’est elle qui a pris la décision de fermer les yeux à propos du meurtre de l’assassin de la famille de Gibbs au Mexique. Et le regard via caméra de surveillance que Gibbs et la directrice blonde “échangent” à la fin de l’épisode vaut pour excuses, remerciements et passation symbolique de pouvoir.
L’autre élément, vital pour une série policière, à mon avis, ce sont les locaux, la base. Le lieu rassurant, immuable, qui est au cœur de tout. Les locaux de LA sont high-tech, mais relativement froids. L’entrée est camouflée dans une ruelle moisie (un rappel de l’orientation du spin-off sur les enquêtes sous couverture) et on y accède par un vieux monte charge à plate forme.
Le déclic, ça a été la toute fin, et l’émotion qu’elle
provoque. Une bonne série, c’est une série où l’on s’attache aux personnages et
cette fin en cliffhanger pas résolu est absolument terrible pour les nerfs.
Callen, le beau gosse un peu naïf, se faisait passer pour un mafieux russe
histoire de draguer une jeune voisine russe, se fait abattre en pleine rue,
visiblement sur l’ordre de cette même voisine... OMG juste OO... Et là on se
rend compte, sans savoir précisément à quel moment ça s’est produit, qu’on a de
l’intérêt pour ces nouveaux personnages, et qu’on tient à eux. Good point.
Espérons que la série en elle-même, qui débute le 22 septembre, en même temps
que la saison 7 de NCIS, soit à la
hauteur de mes espérances.
samedi 4 juillet 2009
Supernatural... la fin du monde aura bien lieu... en Septembre !
Enormes spoilers pour toute la fin de la saison 4. Vous avez été prévenus. Mais bon ya que moi qui regarde Supernatural. C'est dommage, c'est vraiment inventif. Et drôlement bien fait. RIP Kim Manners, espérons que la saison 5 soit aussi bonne...
La fin, quelle fin ! Ils ne résolvent rien ; RIEN. L’apocalypse. Lucifer is rising, and then, nothing, only a blank screen, white, so white hot it could burn your retinas right away since you’re no longer blinking anyways. And then. Credits, written is black.
Les deux derniers épisodes étaient très bons. Tout en échos, en demies teintes. Les deux frères ennemis, antagonistes à l’extrême. Dean vend son âme aux anges, alors qu’il apprend que “God has left the building” ; Sam est sur la mauvaise pente, démoniaque comme jamais. Rouge, blanc, tout ça est trop net.
Et puis il y a la figure du père. Rappelée par le “fils caché” de Jump the Shark (il ne fait pas long feu le pauvre), rappelée encore à travers Bobby. Et puis la douleur, le doute, tous ces sentiments que l’ange Castiel ne fait qu’entrevoir et repousse sans cesse (il faudra bien qu’il tombe, c’est inévitable), tous ces sentiments humains mettent les deux frères sur un plan d’égalité. Malgré les artifices du démon Ruby qui transforme le dernier message du répondeur de Sam en un message de haine (ou est-ce les anges qui sont à l’oeuvre, qui peut le dire ?), malgré les manigances des anges, qui sont décidément que des pourris (enfin, il faut les comprendre, pour eux les humains ne sont rien), les frères Winchester restent tous les deux humains.
Pour une série qui se base sur l’aspect humain, terre à terre, bouseux de l’Amérique, et qui se veut non conformiste et plutôt blasphématoire, c’était fort, très fort, de partir sur les anges, Lilith, l’Apocalypse et Lucifer. Mais Dieu n’est jamais là, Dieu doit être obéi aveuglément, Dieu, en fin de compte, semble ne même plus se soucier de la terre. Et les anges doutent, et les hommes doutent. Le prophète lui-même voit son boulot chamboulé (bien rock’n’roll le prophète quand même, alcoolique, geek, écrivain de bouquin d’horreur moisis, totalement allumé – mention spéciale à Rob Benedict choupi) et la liberté de choix des hommes, et même des anges, semble l’emporter sur le “God’s word”.
Les anges, beautiful and deadly. Au début, la première apparition de Castiel en costard frippé sous un pardessus fatigué, cernes sous les yeux et cheveux en vrac, c’était une blague, un genre de parodie de John Constantine... Mais on l’apprécie, parce qu’on sent (c’est vachement pas subtilement suggéré d’ailleurs) qu’il a un rôle clef à jouer sur la fin (et finalement il faudra attendre la saison 5 pour voir s’il va vraiment se sacrifier pour sauver l’espèce humaine). On l’apprécie aussi parce que Misha Collins est drôlement sexy, pardessus fatigué ou pas.
Et cet épisode magnifique où Castiel est rappelé à l’ordre, et où les deux frères se retrouvent avec un Jimmy Novak sur les bras, l’hôte, the “vessel”, de l’ange. C’est sweet and sad, très différent de ce qu’on voit d’habitude. Bon, l’horreur n’est pas loin et bien vite ça vire au carnage et au questionnement existentiel, mais quand même. C’était sympa.
Les épisodes totalement "bizarre" et vraiment grandioses étaient aussi légion dans cette saison, faut pas croire. L'épisode tout en noir et blanc pour faire comme dans les films de genre de l'époque. L'épisode "je vais bien tout va bien", tout coloré et gerbos de mievrerie, juste après un épisode plus dark tu meurs, avec torture, défaite psychologique et autre réjouissances. Et paf les frères Winchester se retrouvent respectivement cadre sup dans une boite et employé à la maintenance informatique, avec aucun souvenir, des noms stupides (Dean Smith et Sam Wesson, j'en ai pleuré) et un fantôme pas commode sur les bras.
Il est tard, il fait chaud, et mon cerveau de fangirl crie sans s’arrêter un genre de “ohmygodonaurapaslafinavantseptembre” sans discontinuer.
Une fin sans fin. Une apocalypse sans morts. Une réconciliation tacite. C’est trop propre et net pour une fin de Supernatural. C’est excellent.
jeudi 21 mai 2009
Libérons la musique
Il y a quelques mois de ça, j’avais appris par NME que Mark
Linkous, aka Sparklehorse, nous
préparait un nouvel album, The Dark Night
of the Soul. Sachant que le monsieur n’avait rien sorti depuis 2006, avec
le très inspiré, même si un tantinet trop “lisse”, Dreamt for Light Years in the Belly of a Moutain.
Je découvre que le “projet” sera produit par Danger Mouse, ce qui en soit est
une bonne chose si on veut du “moins lisse”.
Puis qu’il sortira en un nombre limité de copies, avec un livre, recueil de
photos de David Lynch... Et qu’y figureront pléthore de guests, entre autres
Iggy Pop, Frank Black, Julian Casablancas des Strokes. Arg.
Il y a quelques jours, on apprend toujours par NME que l’album ne sortira pas, à cause d’une embrouille entre Danger Mouse et EMI. Merde.
Mais c’était sous estimer Danger Mouse, en ces temps
troublés, qui nous invite par un pied de nez réjouissant à la major qui leur
tourne le dos, à pirater le cd en question. Le livre sortira bien, mais
accompagné, je cite “d’un CD-R vierge et sur toutes les copies se trouvera la
mention : “Pour des raisons légales, ce CD-R ne contient pas de musique. Utilisez-le
comme bon vous semble.” En ces temps
troublés (enfin surtout en France, mais passons), poignarder une major dans le
dos comme ça c’est admirable et louable.
Personnellement je suis fan des trois compères pris séparément, alors les trois ensemble j’étais aux anges. De plus l’album est prometteur, plein de nuances et de découvertes. J’aime particulièrement l’idée de voir de multiples facettes de Mark Linkous transfigurées à travers les interprétations des guests ; ça redonne à son écriture de l’énergie, du mystère, ce qui manquait peut être à DfLYitBoaM.
dimanche 10 mai 2009
Rock and Geniuses
D’habitude (souvent, ok, tout le temps ou presque), la partie fangirl
en moi ne peut se départir de son côté critique (chieuse, toujours à
chercher la petite bête).
C’est pour ça que je n’arrive pas vraiment à écrire ce que j’ai pensé de Red Dwarf,
parce qu’une partie de moi était en joie de revoir cette série à
l’écran, j’ai rigolé pendant une heure et demie comme une débile, j’ai
adoré, et puis au deuxième visionnage, mon esprit critique a pris le
relai et a vu plein de plot holes, d’erreurs de continuité et autres
trucs qui me chiffonnent, même si je suis fan. (Mais je comptais pas
parler de ça, du tout.)
Je suis chieuse, je fais rien comme tout le monde, et en pratique je suis une mauvaise cible pour la pub et autres phénomènes de mode/société. J’ai mis deux ans à me décider à voir Dexter, Doctor Who, au moins 5 avant de lire Harry Potter, j’ai pas aimé l’adaptation de TLOTR de P. Jackson, j’ai pas acheté American Idiot quand tout le monde en parlait. (Ayé, on se rapproche du sujet en question.)
Mais j’ai quand même de grands élans de fangirlismes, et hier soir quand j’ai récupéré in advance le nouvel album de Green Day, 21st Century Breakdown, j’étais en mode “je vais aimer quoi qu’il arrive”. Esprit critique au vestiaire, c’est le cœur de la fan en délire qui s’est exprimé. Pendant l’écoutage ça faisait un truc du genre “iiiiiiiii” et “j’aimeuuuh”. Fangirl.
Et bon, le lendemain j’ai réécouté ça. Avec mon esprit critique sous le bras et un peu plus de temps pour écouter les paroles par exemple. Et j’aime toujours (sans le “meuh” à la fin). Mais là encore, pas d’article possible (à part ce truc que vous êtes en train de lire, peut être...), parce que je peux pas remplir une page entière de “iiiiiii” et que mon esprit est encore trop fangirlisant pour faire des phrases.
C’est pédant, grandiose, méchant, adolescent, dansant, triste, chouette... Tout ça à la fois et plus encore.
C’est Green Day
qui se prend pas pour de la merde, et qui a compris que pour faire de
la musique, soit on faisait ce qui plait, soit on se faisait plaisir,
quitte à passer pour des salopiauds de Californiens qui se la pètent en
se disant rock stars avec des clips mégalomanes et des “album concept”.
Mais ça marche. Parce que quelque part derrière les rock stars il y a encore les punks adolescents de Dookie.
Sur ce : “iiiiiiii”. Et j’irai acheter le cd le 15. *fangirl*
dimanche 12 avril 2009
Doctor Who à Pâques
Article à haute teneur en spoiler... Attention !
Inconsciemment je m’étais dit : “je regarde le Doctor Who special Easter (The Planet of the Dead) en premier, c’est une valeur sûre ; pas comme les nouveaux Red Dwarf” (que je n’ai pas encore vus, merci de ne riiien dire, même pas un petit “c’est bien”).
Eh bien, je n’ai pas aimé. Ce n’était pas entièrement nul et j’ai quand même bien rigolé, mais l’ensemble était mauvais. Tout sonnait désespérément faux, il n’y avait pas cette “magie” qui fait le charme des Doctor Who et rend le méchant le plus ridicule intéressant, terrifiant, etc. Là, les méchants en question n’ont aucun intérêt, ils sont juste là pour montrer les beaux effets spéciaux qu’on fait au Pays de Galles. Doctor Who pour moi c’était faire peur avec rien – des ombres, un sourire, un ballon rouge, des roulements de tambours… – et toujours garder le rationnel et la morale dans les parages. Le Docteur n’utilise pas d’armes à feu, il méprise les militaires, il essaye de comprendre ses ennemis et les prend en pitié plutôt que de les combattre seulement.
L’intrigue est un peu similaire à Midnight dans la mise en place, la théâtralisation : une poignée d’inconnus se retrouve en perdition au milieu de nulle part, cette fois un désert, sur une autre planète, avec le Docteur comme seul aide. Sauf que cette fois les seconds rôles sont mauvais, ils crient, se lamentent, mais on n’y croit pas. Le Docteur est bon, mais il n’est pas assez flamboyant ; il n’y a qu’un quart de secondes dans tous l’épisode où j’ai vraiment retrouvé ce je ne sais quoi de magnifique qui fait le Docteur. Le reste du temps c’était terne, plat. Banal.
Pourtant tous les éléments étaient là, si l’on ôte du tableau les hommes-mouches prodigieusement ridicules, dont la seule utilité se résumait à faire des bruits… de mouche, s’agiter devant le Docteur et fournir un vaisseau spatial cassé, sur lequel le Docteur va prélever sans trop se gêner de quoi réparer son bus en panne. On pense aux hommes-poissons de The Doctor’s Daughter, sauf que cette fois il n’y a quasiment pas de communication et ils se font bouffer juste pour montrer à quel point les raies manta du désert sont voraces. Là ça faisait peur, mais ce n’était pas esthétique pour un sou.
Le suspens était mal utilisé, mal distillé : les réactions de tous les personnages sonnent faux. Quand à la toute fin, la Terre est en passe d’être envahie par des raies tueuses et que le Docteur n’a plus beaucoup de temps pour repasser le trou dans l’espace-temps, la militaire d’UNIT ne trouve rien de mieux à faire que de menacer le pauvre scientifique de sacrifier le Docteur, avant de sortir voir les raies qui viennent de passer, sans donner d’ordres précis. A aucun moment le Docteur ne semble vraiment se soucier du sort de la Terre, même si à la fin il ajoute après coup qu’il s’occupera d’envoyer les raies sur un monde inhabité.
La scène finale, c’est un gros merdier où les raies volètent sans rien faire de vraiment dangereux, le Docteur fait planer au-dessus de Londres un bus plein de seconds rôles qui font des “oh” et des “ah”, et les militaires d’UNIT canardent à tout va.
La medium dans le bus aurait pu être un personnage intéressant, même si la sensation de déjà-vu est énorme – on pense à la scène magistrale de The Fires of Pompeii où les deux mediums rivalisent de par leurs visions au sujet du Docteur, et au climax à propos du retour de Rose. Mais là le personnage est sous exploité, et visiblement présent uniquement pour annoncer le retour du Master. Toujours est-il que j’ai quand même frémi lors de ce dernier échange : “Your song is ending, sir” // “What do you mean?”// “It is returning, it is returning through the dark… And then, Doctor… oh, but then... He will knock four times.” Je n’étais pas pour le retour de John Simm en Master, mais en fait je pense que ça me plaira.
En comparaison, j’avais nettement plus apprécié le special de Christmas, The Next Doctor. Et pourtant je n’aime pas les Cybermen, des méchants ridicules et totalement dénués de sentiments, ce qui empêche le Docteur de les comprendre, de les plaindre peut être… Sauf que cette fois, les secondes rôles étaient magistraux, surtout la méchante, qui donnait une âme, un esprit diabolique et perverti aux Cybermen ; et que dire de Morrissey, le miroir du Doctor, l’homme qui s’est pris pour un Time Lord pour échapper à la douleur du deuil. Et que dire du Docteur lui-même dans cet épisode, brisé, triste, seul, forcé de regarder un autre que lui jouer au grandiloquent sauveur tandis qu’il le suit dans l’ombre.
mardi 7 avril 2009
House, les scénaristes veulent ma mort (c'est un compliment)
Spoiler généralisé pour une partie de la saison 5. Enormissime spoiler
pour le 5x20, soit l'antépénultième épisode de cette 5ème saison. Mais
là il fallait que j'écrive ce que j'avais sur le cœur.
Et ya pas de photos parce que je suis tristeuh. Bouhouhouh.
Je
l'avais dit, ou peut-être pas, enfin en tout cas je l'avais pensé très
fort, cette saison 5 tournait principalement autour du thème du bonheur
; des gens malheureux qui ne le savent pas, des gens tristes, des gens
qui croient qu'ils ne seront jamais heureux... Et House au milieu de
tout ça avait à faire à tout un tas de facettes de lui-même à travers
les patients que lui et son équipe traitent.
Et puis il y a le 5x20, Simple Explanation.
Trois épisodes avant la fin de la saison donc. Et Kutner meurt. Se
suicide. Comme ça, paf, au début de l'épisode carrément, sans la
moindre explication, sans rien. C'était tellement subit, terrible,
monstrueux, que House et moi-même avons pensé à un meurtre maquillé en
suicide. Mais non, même pas.
Celui qui ressemblait le plus à
House a mis fin à ses jours (auparavant c'était Foreman qui était le
plus proche de Gregory, mais sa relation amoureuse avec Thirteen le
rend humain, chose que House ne parvient pas à accomplir auprès de
Cuddy. Bonheur qu'il se refuse inconsciemment ? Peur de se montrer
humain ? L'épisode où Cuddy est en passe de devenir maman par adoption
est tout bonnement retournant, car House avec des sentiments, c'est un
House faillible, qui devient méchant sans raison, parce que
contrairement au reste du temps ce sont ses émotions qui prennent le
dessus sur la pensée intellectuelle qui elle parvient à mettre à
distance le monde).
Tout l'épisode est nimbé dans le gris, et la
culpabilité. Même House est retourné, à sa façon, et je ne pense pas
que pour une fois l'explication rationnelle de Wilson soit valable
(House aurait peur d'être en train de perdre son don pour décrypter les
gens, étant donné qu'il n'avait pas décrypté Kutner). House n'a pas
décrypté Kutner parce qu'il n'y avait rien à décrypter, ou peut-être
parce qu'il était impossible d'y faire quoi que ce soit.
Et à la
toute fin, à la dernière image sur le visage songeur de House, on ne
peut s'empêcher de se demander si House n'est pas en train de revenir
sur ses paroles : qu'il vaut mieux vivre dans un monde de douleur que
mourir. Je n'ose imaginer ce que nous réservent les deux derniers
épisodes.
Sur une note plus gaie, et encore, l'avant dernier épisode diffusé, le 5x19, Locked In,
est pour moi dans la catégorie des épisodes de série TV qui
mériteraient un prix. La quasi totalité de l'épisode est vue à travers
les yeux d'un tétraplégique (en fait atteint d'un locked-in syndrome
causé par une infection) qui ne peut que suivre les visages des yeux et
cligner les paupières. A travers les yeux du patient, tous les éléments
habituels de l'interaction entre les protagonistes, House, Cuddy,
Wilson, etc s'en trouvent éclairés d'une lumière nouvelle. Diablement
intriguant.
C'est la première fois, avec peut-être l'épisode de
l'autiste, que House se montre si gentil avec un patient. Si proche, si
attentionné. Tout ça parce que le type est un légume et qu'il n'a pas
son mot à dire dans la conversation. House pense tout haut face à un
corps mort, dans lequel se débat un esprit qui ne peut pas lui parler
ni le contredire. Quelque part ça en dit long sur le docteur lui-même.
Autant le 5x21 était faible (à part la toute fin), autant le 5x22 est tout à fait à mon goût :
Après l'épisode à travers les yeux du paraplégique, qui était un formidable moyen de montrer les relations entre les membres de l'équipe de l'extérieur, on a un épisode où House se parle à lui-même, un double hallucinatoire qui a pris la forme d'Amber, la copine morte de Wilson.
Et c'était prodigieux. Parce qu'on est dans la tête même de House, mais aussi parce qu'on le voir plus ou moins sombrer dans la folie ; la fin est pétrifiante, je sais pas où ils comptent emmener l'histoire, mais c'est génial.
House insomniaque, House qui parle tout seul (en apparence), House qui organise une "bachelor party" pour Chase chez Wilson, House qui tente inconsciemment de tuer Chase...
Encore une fois la qualité de la lumière apporte beaucoup de sens ; le 5x20 était désespérément sombre, le 5x21 rose et lumineux, celui-là est en demies teintes, c'est agoissant, dépaysant ; House est seul avec Amber, seul avec lui-même.
Le dernier épisode était insupportable de mièvrerie, et Cameron et Cuddy avaient beaucoup trop de lignes (ok, je suis méchante, mais bon), ici au contraire, c'est House centric au possible, avec des situations aussi improbables que géniales. Avec une mention spéciale pour la fête chez Wilson... la baignoire, le choc anaphylactique, c'était merveilleux... paradis des fangirls.
Quelques extraits de trucs qui m'ont fait pousser des cris (de fangirl):
Amber: "That might explain why you're hallucinating. Doesn't explain why you're hallucinating Wilson's dead girlfriend."
House: " Probably just my secret and very unconscious desire to get Wilson into my bedroom."
House (to Wilson, about Cameron): "Why is the soon-to-be-second-prettiest Dr. Chase here?"
House (à Cameron): "I'd say you were pregnant, but I don't think Chase's body is mature enough to produce sperm."
Chase: "I need you to kidnap me."
House to Amber: "How do we get him into the stress lab without Foreman's sign-off?"
Amber: "We could kill Foreman."
House qui fout le feu à un corps à la morgue...
Wilson qui rentre chez lui pour trouver la bachelor party dans son appart :
House: "I knew you couldn't stay away."
Wilson: "This is my apartment. You can't do this."
House: "Clearly, reality begs to differ."
Wilson: "Where's my furniture?"
House: "Out back somewhere."
Ben voilà. C'est fini. Mandieu.
Anti-climatique au possible, cet ultime épisode de House tient pourtant ses promesses. La mièvrerie que je redoutais après la terrible fin du 5x23, House parvenant enfin à coucher avec Cuddy, a été évitée, de même que le mélo du mariage presque annulé de Chase et de Cameron.
Mais ça marche, parce que c’est tout en demies teintes, et, fort à propos, totalement dans l’optique de quasiment toute cette saison 5, qui dévelopait des histoires de patients malheureux sans en avoir conscience, pendant que House s’enfonçait dans sa propre vie misérable. Et quand il croit être enfin heureux, il n’a finalement fait qu’halluciner une vie rêvée.
Après, là où je me fais vraiment peur, c’est qu’à partir de l’instant où il a trouvé le rouge à lèvres chez lui jusqu’à la révélation finale, je savais, j’étais persuadée que tout ça, la désintox éclair, la nuit d’amour, n’avait été qu’un prolongement de ses hallucinations précédentes.
Je me disais, je me répétais, qu’il fallait que je me sorte du crâne l’idée que House “making out with Cuddy” ne pouvait être qu’une hallucination d’un esprit malade, et que ce méchant Docteur avait quand même bien le droit comme tout le monde à sa part de bonheur. Ça me semblait trop gros pour servir de ressort scénaristique... Et pourtant.
Il y avait des indices, cela dit, la caméra instable, les plans incertains, et le patient, bien sûr, partagé entre rationalité et inconscient. L’inconscient de House semble avoir pris le dessus, il est perdu à Houseland, mais la version sombre, pleine de fantômes. House, le Docteur qui a tué deux de ses collègues en moins de deux saisons, quand même. Cette fin, comme quasiment toutes les fins des cinq derniers épisodes de cette série va me hanter un certain temps, c’est certain.
Je me demandais comment ils allaient faire encore plus fort que les cinq épisodes qui précédaient ce final – c’est fait. Je me demande comment ils font rattraper l’affaire pour une sixième saison – mais alors là, vraiment, je pense qu’on a pas de soucis à se faire. Grandiose.
vendredi 20 mars 2009
The Little Prince
Saez, ça avait été pendant un temps un des rares “rockers” français/francophones. Après le remarqué premier album Jours Etranges – et son single Jeune et Con, encore au goût du jour, je viens de revoir le clip à la Tv, ça m’a fait tout bizarre de voir le petit kabyle, et de se dire, oula, déjà neuf ans… – il a suivi une évolution musicale intéressante, avec l’étrange double album God Blesse ; un pamphlet, une promenade poétique, un mélange de classique et de rock, de guitares et de piano.
Debby, c’était déjà moins bon, tant au niveau des textes, volontairement “baudelairiens” sans que ça ne même à grand-chose, qu’au niveau musical – cela dit, la tournée 2004 qui a suivi la sortie de l’album était très bonne, et le concert des Docks reste un excellent souvenir.
Après, grand silence. Quelques chansons prometteuses, en anglais, sur myspace. Killing the Lambs, Numb, Yellow Tricycle. C’est très rock, très “surprenant” ; quand un nouvel album est finalement annoncé pour 2007 j’en espère beaucoup – et on se retrouve avec un triptyque pompeux, des balades sans originalité – téléchargé, supprimé, même pas acheté – aux antipodes par rapport à ce que laissaient espérer les chansons de myspace, qui ne se trouvaient même pas sur ce triple album…
Et paf, 2009, sur un présentoir de la fnac je trouve un album de Yellow Tricycle intitulé A Lover’s Prayer ; forcément, je title, et effectivement, les chansons perdues sont toutes présentes – un album intégralement en anglais, collaboration apparemment, et Saez n’y est crédité que par son prénom, Damien. Sobre, intéressant, intriguant.
J’achète rarement des cd en magasin, vu qu’actuellement je suis focalisée sur les 70’s en Grande Bretagne (cherchez pas The Hollies, The Strawbs ou Slade à la fnac ou toute autre enseigne grand public, c’est peine perdue), mais là j’ai craqué. Fangirlisme sûrement.
Yellow Tricycle, douze chansons entre musiques un peu déprimantes et désincarnées à la Bonnie Prince Billy (Ghost Downtown, A Lover’s Prayer), rock énergique, grinçant, saturé, qui rappelle un peu le “punk” Green Day-ien (Your Leather Jacket), chansons inclassables et protéiformes (Killing the Lamb).
Après un peu trop de “Saez le poète” (poète maudit, poète qui parle des malheurs de la société et de la jeunesse, poète puéril parfois) voilà le retour de “Saez le musicien”. Musicien qui expérimente mais prouve aussi qu’il écrit toujours, même si c’est en anglais maintenant. Désenchanté. Les cœurs, l’orchestration, donnent une unité à l’album qui manquait à Debby, trop commercial, trop “je me la pète” et je veux passer à la radio. Formaté. Ici c’est moins complexe et torturé que pouvait l’être le néanmoins très bon God Blesse ; c’est poétique dans le fond et pas dans la forme. Ça n’en fait pas trop, ça ne prétend à rien. Définitivement une influence folk américain.


