lundi 16 novembre 2009
Je ne sais pas pour la vie, mais ya bien de l'eau sur Mars...
Commentaire à chaud : c'était c'était c'était... gé-ni-al ! Oh Mon Dieu... Voilà ce que je me suis dit pendant une grande moitié d'épisode.
Attention : spoilers, je me sens d'humeur festive.
Le début c'est à la fois chouette et pas chouette.
Chouette parce que j'aime la SF, et j'aime l'idée que le Docteur a mis les pieds dans un point fixe dans le temps qu'il ne peut pas changer, et j'aime cette notion de tragédie annoncée, et j'aime le nom de la base (Bowie One... quand j'avais lu ça au départ dans le trailer j'avais rigolé, mais en fait, oui, Bowie est une légende vivante, un dieu, du coup j'approuve).
Chouette aussi pour les "méchants", qui au contraire de ceux de Planet of the Dead sont dotés d'une conscience, individualisés, et compréhensibles. Et puis ils sont drôlement bien faits, c'est très angoissant, comme transformation.
Pas chouette à cause des décors entièrement réalisés par ordi. Toutes les scènes globales, extérieures, de la base font toc. Je préférais l'idée de faire peur avec un rien, mettre en scène en suggérant plus qu'en montrant... Mais ça dure pas, et le reste est quasiment entièrement tourné à l'intérieur de la base, où là les décors en dur sont pas mal du tout.
Les personnages...
Au départ, le choc : que des accents britanniques très fortement prononcés. Et puis ce qui parlent ainsi sont les premiers à être convertis, du coup il nous reste tous les autres, ceux qui sont étrangers : le russe, l'allemande, etc. Ils ont juste un léger accent, pour faire exotique, pas du tout exagéré, juste assez pour rendre le truc naze une fois que ça sera doublé par des français.
Adelaïde Brooke, celle dont le nom est resté dans l'histoire, celle qui a inspiré la conquête de l'espace par les terriens dans les années à venir, celle qui a sauvé la Terre en détruisant la première base, celle qui est le centre du point fixe auquel même un Time Lord ne peut pas toucher, que même les Daleks ne tuent pas car sa date de mort est fixe... Elle est parfaite, vraiment. Les autres sont attachants, mais elle, face à face avec le Docteur, elle est superbe.
Et le Docteur !
Le Docteur/Tenth/David Tennant qui commençait à me saouler et que je n'avais même plus envie de voir, après la daube finie qu'était Planet of the Dead... Tennant qui était retombé dans mon estime, à force d'en faire trop et de se répéter...
Tennant était superbe, lui aussi. Un Time Lord, oui, mais le seul, le dernier, brisé, abandonné... Le Docteur, à qui on a dit qu'il allait mourir bientôt, et qui refuse
de l'accepter (le passage où il parle des quatre coups, en disant,
c'est bon, on les entend pas, donc je vais pas encore mourir, et où
juste là, précisément, un des contaminés se met à taper sur la porte,
j'ai cru mourir). Qui décide soudainement de se battre, d'aller à contre-courant (haha, jeu de mots), de se révolter. Par moments, sa rage, son arrogance nouvelle, cette espèce de folie sous-jacente, de désespoir, m'ont fait penser à certaines tirades de John Simm/the Master, et j'aime.
C'était à la fois très fidèle au canon, et très novateur. Enfin un tournant dans l'histoire, enfin des décisions de la part du Docteur ! Enfin autre chose que des blagues et des sourires, pour masquer le fait qu'il porte le poids du monde sur ses (frêles) épaules. (J'aime ces frêles épaules).
Des décisions - sauver ceux qui peuvent l'être, rendre à Adelaïde Brooke le choix, la libérer de cette fixité dans l'histoire - qui vont à l'encontre de ce qu'on attend d'un Time Lord, ou plutôt de ce que le Docteur pense qu'on attend de lui. Mais là il est passé de l'autre côté ; et il se rend compte que ça n'a rien changé, qu'il est toujours assujetti au temps, qu'il n'en est pas le maitre. Il joue avec le temps, oui, tel un enfant, mais il est lui aussi pris au piège. Et à ce niveau on peut dire que Brooke fait fort, en ce sens qu'elle est bien plus lucide que lui.
Pour conclure : je n'ai qu'une hâte, voir les épisodes de Noël. Bien sûr, je serai triste de quitter Tenth/Tennant, mais mon estime pour les créateurs/continuateurs de cette série est remontée en flèche, et je serai là, fidèle, même avec un nouveau Docteur !
(HS mais : heureusement que j'avais déjà vu la bande-annonce des prochains épisodes, parce que de l'avoir mise à la toute fin, après toutes ces émotions, et surtout avec celui qui est dedans ! C'est un coup à buter les gens au coeur fragile ça !
mercredi 14 octobre 2009
Fangirl en action... Séries, musique, whump, tout en un...
Il y a quelques années de ça, quand j'avais encore la télé, et (point important) quand je regardais encore tout et n'importe quoi (à des heures pas possibles), j'étais tombée sur une série de science-fiction plutôt pas mal – même si assez ringarde par certains côtés – Threshold. Il s'agit en somme du développement d'un épisode d'Au-delà du réel, où un signal extraterrestre propagé principalement par des ondes sonores fait muter les gens.
Pas mal d'acteurs sympas, avec en prime William Mapother dans le rôle du premier mec converti (et donc très méchant et très résistant)... Mais si, vous savez, ce type antipathique qui faisait 'the other man' dans Lost. Arg.
Une série qui fait vaguement peur, surtout parce que ça passait très tard et que j'étais très fatiguée, et que donc je tombais dans tous les pièges scénaristes. Et aussi parce que le triskell (photo) des aliens m'a replongé dans mes cauchemars sur Sphère. Une série qui est relativement bien menée, jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée, nous laissant avec un épisode 13 bancal et une histoire en suspens.
Et dans cette série – à voir en VO,
la VF rend le tout encore plus ridicule que ça ne l'est déjà et
achève le peu de crédibilité des protagonistes – il y a un
acteur que j'aimais bien, Rob Benedict, parce qu'il était
totalement whumpeable. Non, ma vie ne se résume pas à une recherche
frénétique de whump, mais à l'époque c'était pas très loin de
la vérité. Du coup j'ai fait ma fangirl pendant un mois, jusqu'à
ce qu'ils aient tout diffusé.
Plus tard, beaucoup plus tard, j'ai regardé Supernatural. Au cours de la saison 4 il y a un célèbre épisode (The Monster at the End of this Book) où la réalité rejoint la fiction et où les Winchester découvrent qu'ils sont les héros d'une série de romans écrits par un auteur minable et alcoolique... Sûrement que le créateur en rêvait depuis des années, et qu'il a sauté sur l'occasion que lui offrait l'histoire, qui avait pris un tournant nouveau avec ces affaires d'anges et de paradis. Et nous voilà donc avec l'écrivain en question, qui se trouve être un prophète du nom de Chuck, en peignoir, mal rasé, dans une maison en bordel. Et je me disais, pendant tout l'épisode, je le connais, je le connais, pas moyen de trouver d'où mais je le connais...
Petite recherche internet plus tard, et ô surprise, il se trouve que Chuck est joué par... Rob Benedict. Forcément, avec la barbe, les cheveux vaguement blonds et le peignoir, je l'avais pas reconnu. (Et aussi peut être parce que j'avais vu les Threshold en français, et que comme je l'ai dit plus haut, les voix sont immondes). Joie de fangirl (la fangirl se réjouit de pas grand chose, par nature).
Récemment, plus récemment encore,
dans la saison 5 (qui passe en ce moment donc), Chuck le prophète
est de retour, et au cours d'une nuit de glandouille sur internet,
passant par supernaturalwiki, sautant d'un article à l'autre, et me
réjouissant (encore) de voir que je n'étais pas la seule malade à
avoir repéré les allusions à Route 666 (l'épisode 1x13)
dans chaque épisode de la nouvelle saison, ni à trouver que
l'épisode The End reprenait extrêmement précisément tous
les thèmes de la chanson éponyme de The Doors, je
suis tombée sur la page de Rob Benedict, qui disait entre autre,
qu'il était chanteur dans un groupe de rock. Je clique, j'écoute,
je fangirlise.
Le groupe en question, c'est Louden Swain (ouaip, comme dans le film), et c'est totalement écoutable. Dans le sens où une fois le quart d'heure fangirlisme a été passé, j'ai continué à écouter. Les paroles sont un peu connes, la musique est simple, c'est joli, c'est bien fini, c'est... chouette.
Après vu les daubes que j'écoute avec joie à longueur de journée, je suppose que celle-là ne fait pas trop tâche parmi les autres. Oui, je l'avoue, je danse et je chante en karaoké sur Survivor (Burning Heart, The Eye of the Tiger, etc.), oui, j'écoute Asia de bon matin tout fort.
Du coup j'en viens à la reflexion de la semaine : les acteurs ne devraient pas être autorisés à chanter. (Ou les chanteurs à jouer dans des films, je sais pas trop.) C'est juste too much pour les nerfs d'une fangirl. Vraiment...
samedi 12 septembre 2009
Cowboy Bebop – 8 ans plus tard
Il y a huit ans de ça, en 2001, j’ai eu une télé, c’était en février. J’ai regardé Buffy, et Sliders, et après il y a eu l’été, et Canal + a passé Cowboy Bebop en clair. J’ai pris le truc en cours, mais j’ai adoré. C’était tellement différent de tout ce que j’avais pu voir jusqu'alors. C’était le premier anime que je voyais, et je l'ai regardé principalement pour la nouveauté, pour emmerder ma mère aussi, qui dénigrait ces “machins japonais”... Parce que pour elle les “manga” c’était forcément violent et mal dessiné.
Moi je dirais plutôt que c’est un genre à part, une autre
culture, une autre façon de concevoir l’animation. Et il faut dire que pour un
premier anime je suis tombée sur ce qu’il me fallait... De l’humour, de l’action,
de la violence, des intrigues... intrigantes et des personnages plus qu’attachants.
Le premier épisode que j’ai vu, c’était celui où Spike et Jet retournent sur
Terre, dans un musée en ruines, pour récupéré un magnétoscope afin de lire une
k7 vidéo qui date du passé, de l’époque de Faye, laquelle n’a plus de
souvenirs... Le second c’était Wild
Horses, où Spike est en panne de moteur en orbite autour d’une planète
désertique, le seul épisode où on le voit sourire, quasiment.
Et j’ai été bluffée, scotchée, je suis restée bouche bée devant cette vision du futur, cette Terre détruite, la Lune en morceaux, les vaisseaux, les villes, les gens. C’était complet, un autre monde, un futur, morne et en même temps plein de vie. Un western de science-fiction. Un genre à part.
En 2001, j’avais seulement vu les quelques épisodes de la fin – fin que j’avais totalement effacée de ma mémoire, et que j’ai revu avec d’autant plus d’appréhension et de plaisir – et puis c’était tout, et Canal + a enchainé sur Vision d’Escaflowne, et comme en 2001 j’avais 13 ans, j’ai regardé, aussi, et j’ai aimé, aussi, mais pas pour les mêmes raisons.
Et aujourd’hui, été 2009, j’ai décidé de tout revoir. J’ai ressorti mes divix, des trucs que j’avais depuis que j’ai eu internet, c’est dire à quel point cette série m’avait marquée, et que je n’avais pas revus depuis. Le début c’était quasiment de l’inédit, autant dire que je me suis régalée.
Parce qu’une série créée en 1999, on aurait pu croire qu’elle aurait mal vieilli, que le propos serait devenu difficile à avaler, que les designs se feraient vieux et mauvais. Et pourtant, et pourtant... N’en déplaise à ceux qui disent qu’on a fait mille fois mieux depuis, n’en déplaise à ceux qui diront que j’aime cette série à cause de la résonance sentimentale qu’elle a pour moi, Cowboy Bebop et Shin'ichirō Watanabe sont un des meilleurs trucs qui soient arrivés à l’animation japonaise.
Commençons par les décors, le setting, de la série. La Terre
est abandonnée, il pleut des météorites en permanence, la Lune est brisée,
détruite par une Gate qui a explosé, il y a de cela des décennies. Le système
solaire est vastement colonisé, et les hommes se sont établis un peu partout. Ils
voyagent à travers des sortes d’autoroutes de l’espace, des Gates, à l’imagerie à cheval
entre Stargate et Lost In Space.
Il en résulte un univers
crade, méchant, dangereux, mais aussi très coloré, très tranché. Le néant de l’espace,
les étendues désertiques, opposés aux colonies nichées dans des cratères et
terraformées. Rien n’est expliqué en détail, tout est visuellement sous entendu ;
un monde entier en quelques images.
Les personnages, c’est une autre affaire. On oscille entre fanservice et caricature, et pourtant on s’y retrouve, on accroche. Alors quand on dit Keanu Reeves dans le rôle de Spike Spiegel, laissez-moi rire (jaune)... La série est fortement occidentalisée, et on est loin des grands yeux et des dessins en SD. Même si c’est quand même présent ; quand il y a de l’humour, ou en tant que “comfort” après les scènes de “hurt” (whump) qui abondent. Au-delà de l’aspect physique, les personnages sont intéressants par leur passé, et par leurs différences. Tous les passagers du Bebop sont en somme des êtres à part, qui ont un lourd passé qu’ils veulent oublier, et qui sont différents des autres.
Chaque épisode, à travers les différentes poursuites de criminels dont la tête est mise à prix, est à chaque fois un moyen de dévoiler un peu plus de la géographie et de l’organisation de ce monde futuriste, mais aussi et surtout de dévoiler un peu plus au sujet des personnages. Et les épisodes les plus poignants sont sans doute ceux qui effleurent ce passé voilé, oublié, renié. Ce passé qui les bouffe et finira par tous les engloutir, qui donne cet aspect nostalgique à une série drôle, cet aspect sérieux et dramatique aux deux génériques, de début et de fin.
Parlons des génériques, parlons surtout de la musique. Outre
l’innovation du “western de science-fiction”, Cowboy Bebop c’est aussi un anime qui a totalement fusionné avec sa
musique. La musique n’est pas là pour l’ambiance, elle n’est pas là pour
souligner des sentiments, elle fait partie de la série à part entière. Les
combats sont orchestrés pour suivre la musique, les images, le rythme, s’accordent
avec celle-ci.
Les épisodes sont appelés “sessions”, comme si c’était à chaque
fois de petits concerts improvisés, entre personnages dissonants, les quatre
membres du Bebop, sur fond de partition futuriste, le monde que l’on découvre
au fur et à mesure.
Les titres sont des chansons, des reprises, des échos, on
est dans le jazz, le blues, le folk, on est dans une culture américaine style
année 50, à des années lumières de la SF représentée.
On devrait toujours regarder des années plus tard les séries qu’on a aimé étant gosse, ne serait-ce que pour, parfois, tomber sur des perles indémodables, impérissables, qui resteront toujours “futuristes”, quoi qu’on y fasse, et quel que soit le temps qui aura passé. C’est tellement plaisant.
vendredi 14 août 2009
NCIS: Legend...
~ Spoilers pour la saison 6 de NCIS ~
NCIS... encore une série que j’ai commencée en français, avant de permuter et de continuer en VO, à cause, principalement, du retard acculé par la diffusion française. Pour une fois, je n’ai pas vraiment de reproches à faire à la traduction, ni au doublage. Les voix sont correctes, Ziva a toujours son accent, les blagues sont conservées, les niveaux de langue respectés – on se retrouve pas, par exemple, avec tous le monde qui se vouvoie (à la Stargate).
La saison 6, étalée entre septembre 2008 et mai 2009, je l’ai suivie au lance-pierre, quand j’avais des creux dans mon planning séries. Pas que NCIS soit une mauvaise série, loin de là, mais elle demande peut être moins d’implication émotionnelle que certaines autres séries. Les histoires sont moins liées, les personnages évoluent peu – évidemment la saison 6 me fait mentir, tant les arcs sont intenses et les personnages mis à rude épreuve.
Le premier arc, que j’ai relativement suivi avec un visionnage assidu, c’était le bordel qui suit le dispatch de l’équipe initiale – Ziva retourne au Mossad, Tony est envoyé sur un porte-avions, McGee chez les geeks au sous-sol... Sauf que l’on découvre en cours de route que c’est un stratagème du nouveau directeur pour confondre une taupe, au sein de la nouvelle équipe qui entoure Gibbs, dont fait partie l’agent Lee, que l’on connaissait déjà.
Autant pour l’assistant moustachu d’Abby, dans une saison
précédente, lequel se révèle être un dangereux psychopathe que voulait faire
accuser Tony de meurtre (pauvre) pour se venger, j’avais flairé le truc dès les
premières apparitions, autant pour Lee, j’étais plus circonspecte. Et
effectivement, ça s’est avéré plus complexe : chantage, prise d’otage d’une
gosse, etc, etc... Ça finit mal, mais c’était
excellent.
Le deuxième arc, celui que j’ai nettement moins suivi en continu, implique Ziva, le Mossad, et des cellules terroristes dormantes. Ouais, encore les terroristes. Encore le Mossad. Tony avait flairé le truc avant tout le monde, et la dynamique Tony/Ziva s’en trouve éclairée d’une nouvelle manière. Pas qu’ils soient amoureux, pas qu’ils se haïssent. C’est juste... intense et très bien amené, la conclusion de plusieurs saisons. Ziva se croit trahie, alors que Tony ne lui a jamais été plus loyal, en fait. Espérons une réconciliation, espérons quelques coups de poings, une embrassade. Vivement la saison 7, même si j’ai tardé pour regarder la 6.
L’autre élément important de la fin de la saison 6, c’est l’introduction des protagonistes du spin-off, NCIS : Los Angeles. Moi les spin-off, j’aime pas tellement ça, surtout quand il s’agit d’une série policière (elle-même déjà spin-off de JAG...) (cf. les multiples déclinaisons de CSI (les Experts), qui exportent les mêmes schémas scénaristiques dans une ville différente, avec des acteurs stéréotypés).
Ici les “nouveaux” sont chez eux, et c’est notre équipe qui déménage, le temps d’une enquête, dans les locaux de LA. Et à travers deux épisodes, on se met à apprécier cette autre équipe, ces autres locaux. En fait non, pour être totalement honnête je me suis un peu endormie pendant la première partie, l’histoire était intéressante mais sans plus, et les seuls mystères au demeurant étant le lien entre la blonde directrice de LA et Gibbs, ainsi que les affaires de Ziva, dont seul Tony semble s’inquiéter.
Et c’est là qu’on se rend compte, avec cette mise en place laborieuse d’une nouvelle série, de ce qui fait une série ; quels sont les éléments clefs d’une telle série policière, tout en soulignant le fait que pour que ça “marche”, pour qu’un intérêt se crée, il faut un élément supplémentaire, fragile, difficile à définir concrètement. Et à la fin de ce double épisode, cet élément est présent.
Les éléments classiques, ce sont les personnages, ici l’originalité, c’était d’avoir un grand mec pataud en guise de psy/analyste comportemental – POV extérieur – mais tous les autres sont relativement classiques : un beau gosse un peu puéril (à la Tony), un “bon copain”, noir, fiable et accessoirement doué en informatique, un geek vaguement roux et doté de lunettes pour les machines plus techniques, une brune super canon, très masculine dans son comportement, malgré sa sexitude (à la Ziva), qui doit avoir trois lignes de texte en deux épisodes et autant de background psychologique qu’un caillou, et une directrice froide, blonde, dont le parcours professionnel a visiblement croisé celui de Gibbs à un moment par le passé – et on apprend au final, par l’intermédiaire du psy de LA que c’est elle qui a pris la décision de fermer les yeux à propos du meurtre de l’assassin de la famille de Gibbs au Mexique. Et le regard via caméra de surveillance que Gibbs et la directrice blonde “échangent” à la fin de l’épisode vaut pour excuses, remerciements et passation symbolique de pouvoir.
L’autre élément, vital pour une série policière, à mon avis, ce sont les locaux, la base. Le lieu rassurant, immuable, qui est au cœur de tout. Les locaux de LA sont high-tech, mais relativement froids. L’entrée est camouflée dans une ruelle moisie (un rappel de l’orientation du spin-off sur les enquêtes sous couverture) et on y accède par un vieux monte charge à plate forme.
Le déclic, ça a été la toute fin, et l’émotion qu’elle
provoque. Une bonne série, c’est une série où l’on s’attache aux personnages et
cette fin en cliffhanger pas résolu est absolument terrible pour les nerfs.
Callen, le beau gosse un peu naïf, se faisait passer pour un mafieux russe
histoire de draguer une jeune voisine russe, se fait abattre en pleine rue,
visiblement sur l’ordre de cette même voisine... OMG juste OO... Et là on se
rend compte, sans savoir précisément à quel moment ça s’est produit, qu’on a de
l’intérêt pour ces nouveaux personnages, et qu’on tient à eux. Good point.
Espérons que la série en elle-même, qui débute le 22 septembre, en même temps
que la saison 7 de NCIS, soit à la
hauteur de mes espérances.
samedi 11 juillet 2009
Musique, marathon dvd... vacances
J'ai presque aimé un album des Pink Floyd ! Nan, sans rire, c'est flippant, ça m'était jamais arrivé, de me dire, que peut être, en fin de compte, c'était pas *que* de la musique cérébrale prétentieuse et qu'il y avait un truc à en tirer.
(Je suis méchante, mais ça fait des années que j'essaie de comprendre l'engouement que ce groupe provoque et j'ai du mal.)
J'écoutais The Animals (yep, pas honte)... Yavait "Animals" des PF après. J'ai laissé. Et j'ai presque aimé.
Enfin les bêlements de mouton en fond ça gâche un peu le trip j'ai envie de dire. Ya des porcs sur une chanson de Meat Loaf. Mais Meat Loaf est tout sauf subtil.
Bref j'étais à fond dans la musique craignos cette semaine. Des trucs crades. Américains. Metallica, Blue Öyster Cult, tout ça. Quelque part ça change de ma BO habituelle, UK, 70s...
Et les Pink Floyd au milieu de ça c'était pas mal... Un peu décalé, mais intéressant. Même si ça cette heure-ci c'est The Animals qui tourne...
Tout ça parce que je me fais un méchant trip Supernatural, pour fêter les vacances et la fin de la saison 4. Je revisionne tout, en dvd, sans sous titres aucuns, depuis le premier épisode de la première saison. Le SPN marathon du soir.
Tout ce que je peux dire c'est que ça occupe, et que ça n'arrange pas mon absence de vie sociale (mais qui a dit que c'était un problème que je voulais régler ?).
SPN c'est profondément bourrin, et des fois c'est bien de voir un truc intentionnellement bourrin. Cela dit les références à X-Files sont nettement plus omniprésentes que ce que je soupçonnais.
C'est très intéressant de tout revoir avec la connaissance de la "fin", de tout ce qui a été diffusé après. Tout était en place dès le premier épisode. Il n'y a quasiment pas de fausses notes, très peu de zones d'ombre qui ne seront jamais éclairées. On est loin des scénarios à la Lost, qui n'en finissent pas de se dérouler pour au final se contredire, partir dans une direction totalement inattendue, que l'on n'aurait jamais pu soupçonner. Bourrin, je vous dis. Tout est là, mais on ne le sait pas encore.
Groupes (re)découverts so far grâce à mon marathon :
The Animals, Alice In Chains, Styx, Kansas, Boston, Bad Company, Blue Öyster Cult
Me suis aussi rendue compte que j'avais paumé tous mes albums de Metallica, et c'est vraiment triste...
+ Journey, Asia.
Torchwood - Children of Earth
C'est un peu confus. J'ai passé l'après-midi littéralement scotchée à mon ordi en me disant que "oh my god", ils ne pouvaient pas faire "ça". 5 épisodes de 60 minutes. La saison 3 de Torchwood. Superbe.
TW Day One
Oh. My. J'ai failli faire une attaque. Plusieurs attaques même.
Déjà, de les retrouver tous, enfin hormis les morts (snuf), c'était très très plaisant. Et de voir Ianto et Jack plus où moins ensemble. Et de retrouver Torchwood et cet accent gallois si adorable.
Ensuite l'histoire. Plein de fausses notes, des trucs un brin ringards, un brin durs à avaler. Mais un tempo tellement parfait, une émotion tellement maitrisée que j'en ai chialé.
Et OMG ce cliffhanger. Je crois qu'on avait pas fait mieux depuis... depuis... Je vais regarder la suite, okay ?
J'en tremble encore. Si les 5 sont comme ça je vais pas m'en remettre...
TW Day Two
Go go, gadgeto Ianto ! (voilà ce que j'ai pensé pendant au moins un quart de l'épisode...)
Retournement de situation. Toujours pas d'aliens en vue, même s'ils clament qu'ils arrivent ("we are coming tomorrow"...). Les "méchants" sont humains, le gouvernement, ses messes basses, ses assassins.
Tout se met en place, c'est délicieux. Le rythme est rapide, ce deuxième épisode est plus drôle que le premier, plus gore aussi.
Pauvre Jack. Mais yah ! \o/ On l'a vu tout nu :)
TW Day Three
Terrifiant. Vraiment terrifiant. Les aliens sont là. Le passé refait surface. J'ai failli me bouffer un doigt tellement je me suis rongé les ongles...
TW Day Four
Le diable peut prendre bien des formes. Ça semblait si simple pourtant cette réécriture d'Abraham devant sacrifier son fils. Et puis. Juste quand on croit que Torchwood a repris les rênes, juste quand l'espoir revient. Juste quand on se dit que Jack, même sans le Docteur, peut sauver la Terre... Ouin. Ianto quoi. Il va rester qui de Torchwood ? C'est trop injuste. Pauvre Jack, tout seul jusqu'à la fin des temps. Et il est où le Docteur, quand on a besoin de lui, bordel !
TW Day Five
C'est si... triste. Bouleversant. C'est un des trucs les plus poignants que j'ai pu voir récemment. Juste bouleversant. Si peu semblable aux précédents Torchwood. Si sombre.
L'humanité sous son plus terrible aspect.
C'est terriblement déprimant de se dire que Russell T Davis quitte le show, Doctor Who et tout ça... Qu'est-ce que ça aurait été de voir un truc d'une telle envergure sous les couleurs de Doctor Who ? On se serait cru de retour en 70, ça aurait été l'extase.
Mais non, c'est juste une expérience télévisuelle d'un été, d'une semaine, de cinq jours seulement.
Malgré tous les défauts que l'on peut possiblement trouver à ces cinq épisodes, globalement, c'était magnifique, bonechilling, absolument terrifiant.
Et c'est ce qui manque à la télévision. De la prise de risque. Et non pas une histoire comme on en a déjà vu mille. Ou un truc choquant juste pour le plaisir de choquer.
Vive la science-fiction. Longue vie à RTD. Et surtout, quels brillants acteurs, tous...
Pour résumer, Torchwood et Doctor Who version courte 2009... c'est pas comparable.
samedi 4 juillet 2009
Supernatural... la fin du monde aura bien lieu... en Septembre !
Enormes spoilers pour toute la fin de la saison 4. Vous avez été prévenus. Mais bon ya que moi qui regarde Supernatural. C'est dommage, c'est vraiment inventif. Et drôlement bien fait. RIP Kim Manners, espérons que la saison 5 soit aussi bonne...
La fin, quelle fin ! Ils ne résolvent rien ; RIEN. L’apocalypse. Lucifer is rising, and then, nothing, only a blank screen, white, so white hot it could burn your retinas right away since you’re no longer blinking anyways. And then. Credits, written is black.
Les deux derniers épisodes étaient très bons. Tout en échos, en demies teintes. Les deux frères ennemis, antagonistes à l’extrême. Dean vend son âme aux anges, alors qu’il apprend que “God has left the building” ; Sam est sur la mauvaise pente, démoniaque comme jamais. Rouge, blanc, tout ça est trop net.
Et puis il y a la figure du père. Rappelée par le “fils caché” de Jump the Shark (il ne fait pas long feu le pauvre), rappelée encore à travers Bobby. Et puis la douleur, le doute, tous ces sentiments que l’ange Castiel ne fait qu’entrevoir et repousse sans cesse (il faudra bien qu’il tombe, c’est inévitable), tous ces sentiments humains mettent les deux frères sur un plan d’égalité. Malgré les artifices du démon Ruby qui transforme le dernier message du répondeur de Sam en un message de haine (ou est-ce les anges qui sont à l’oeuvre, qui peut le dire ?), malgré les manigances des anges, qui sont décidément que des pourris (enfin, il faut les comprendre, pour eux les humains ne sont rien), les frères Winchester restent tous les deux humains.
Pour une série qui se base sur l’aspect humain, terre à terre, bouseux de l’Amérique, et qui se veut non conformiste et plutôt blasphématoire, c’était fort, très fort, de partir sur les anges, Lilith, l’Apocalypse et Lucifer. Mais Dieu n’est jamais là, Dieu doit être obéi aveuglément, Dieu, en fin de compte, semble ne même plus se soucier de la terre. Et les anges doutent, et les hommes doutent. Le prophète lui-même voit son boulot chamboulé (bien rock’n’roll le prophète quand même, alcoolique, geek, écrivain de bouquin d’horreur moisis, totalement allumé – mention spéciale à Rob Benedict choupi) et la liberté de choix des hommes, et même des anges, semble l’emporter sur le “God’s word”.
Les anges, beautiful and deadly. Au début, la première apparition de Castiel en costard frippé sous un pardessus fatigué, cernes sous les yeux et cheveux en vrac, c’était une blague, un genre de parodie de John Constantine... Mais on l’apprécie, parce qu’on sent (c’est vachement pas subtilement suggéré d’ailleurs) qu’il a un rôle clef à jouer sur la fin (et finalement il faudra attendre la saison 5 pour voir s’il va vraiment se sacrifier pour sauver l’espèce humaine). On l’apprécie aussi parce que Misha Collins est drôlement sexy, pardessus fatigué ou pas.
Et cet épisode magnifique où Castiel est rappelé à l’ordre, et où les deux frères se retrouvent avec un Jimmy Novak sur les bras, l’hôte, the “vessel”, de l’ange. C’est sweet and sad, très différent de ce qu’on voit d’habitude. Bon, l’horreur n’est pas loin et bien vite ça vire au carnage et au questionnement existentiel, mais quand même. C’était sympa.
Les épisodes totalement "bizarre" et vraiment grandioses étaient aussi légion dans cette saison, faut pas croire. L'épisode tout en noir et blanc pour faire comme dans les films de genre de l'époque. L'épisode "je vais bien tout va bien", tout coloré et gerbos de mievrerie, juste après un épisode plus dark tu meurs, avec torture, défaite psychologique et autre réjouissances. Et paf les frères Winchester se retrouvent respectivement cadre sup dans une boite et employé à la maintenance informatique, avec aucun souvenir, des noms stupides (Dean Smith et Sam Wesson, j'en ai pleuré) et un fantôme pas commode sur les bras.
Il est tard, il fait chaud, et mon cerveau de fangirl crie sans s’arrêter un genre de “ohmygodonaurapaslafinavantseptembre” sans discontinuer.
Une fin sans fin. Une apocalypse sans morts. Une réconciliation tacite. C’est trop propre et net pour une fin de Supernatural. C’est excellent.
samedi 30 mai 2009
Le post inutile du samedi
Après une après-midi à traduire un épisode totalement loufoque de Doctor Who, un sale reconstitué avec des plans fixes, des sous titres anglais pour décrire ce qui se passe totalement pas calés quand il faut, des personnages hystériques qui gueulent tous en même temps et qui se jettent des tartes à la gueule dans une cuisine psychédélique...
Après une après-midi, donc, à perdre mes doigts et mon cerveau sur cette trad, je me suis mis un peu de musique, et quand on laisse courir une playlist sur 21,6 Go de musique (et je peux vous assurer un bon tas de merdes), ça donne des trucs inquiétants.
J'en étais arrivé aux "unknown artist" en ricanant et en me disant que ça serait pas mal comme jeu, de chercher qui chantait quoi et de tenter de trier tout ça...
Arrive Hunting Cows, le groupe allemand connu, je pense, uniquement des adeptes du Clown, cette série (allemande) remplie d'explosions, d'hélicoptères, d'hélicoptères en feu, de clowns, de Max Zanders (mu) et de chansons de Queen (à moins que je confonde avec Highlander... enfin là yavait moins d'explosions...)
Donc je me trouve à chanter "Death of a Clown" à qui veut l'entendre, et forcément, vu que je côtoie des gens bien (erm), je tombe sur "le" type qui forcément va connaitre. S'en suit une petite remémoration à deux des moments forts de notre adolescence, à mater des séries allemandes pleines d'explosions (en vrac : Motocops, le truc avec le chien aussi futé que Flipper, mais qui nage quand même moins bien... Special OPS Force, oui, bon, c'est amerloque, et Bugs, là c'est anglais, mais dans le naze qui explose ça se pose là...)
Pendant que mon comparse part récupérer un torrent de 20Go de Clown, "parce qu'il les a jamais vu dans l'ordre"... moi je cherche à mettre la main sur Delta Team, peut être la série la plus naze que le petit écran ait jamais diffusé. Naze mais bien.
Enfin c'est complexe, et quand on est une fan girl de... je devais avoir 14-15 ans à l'époque, forcément, on psychote sur un rien. Et je me souviens brutalement que sur les 12 épisodes que compte cette série yen a bien deux trois que j'ai jamais vu, ou qu'à moitié, pour cause de non réveil (oui, parce que ça passait à 2h du matin, et que moi pauvre conne, je voulais rester réveillée pour les voir).
Bref, je me dis... après tout ce temps (au moins huit ans je dirais), ça doit se trouver sur internet. Tout se trouve sur internet. De la plus naze des chansons (Death of a Clown... c'est probablement un des premiers mp3 que j'ai piratés) à la plus conne des séries.
Eh ben nan. Internet m'a fait défaut ce soir, et pas moyen de mettre la main sur Delta Team - Auftrag geheim! cette belle série naze, pleine de franc maçons, de complots, de mecs avec des masques de peau à la Mission Impossible et de virus tueurs... Snuf.
(J'aime même cherché voir si y avait pas le dvd qui était sorti outre Rhin, tellement j'étais désespérée de me replonger dans mes délires de "jeunesse", c'est dire... Ben nan, a pas non plus.)
mardi 7 avril 2009
House, les scénaristes veulent ma mort (c'est un compliment)
Spoiler généralisé pour une partie de la saison 5. Enormissime spoiler
pour le 5x20, soit l'antépénultième épisode de cette 5ème saison. Mais
là il fallait que j'écrive ce que j'avais sur le cœur.
Et ya pas de photos parce que je suis tristeuh. Bouhouhouh.
Je
l'avais dit, ou peut-être pas, enfin en tout cas je l'avais pensé très
fort, cette saison 5 tournait principalement autour du thème du bonheur
; des gens malheureux qui ne le savent pas, des gens tristes, des gens
qui croient qu'ils ne seront jamais heureux... Et House au milieu de
tout ça avait à faire à tout un tas de facettes de lui-même à travers
les patients que lui et son équipe traitent.
Et puis il y a le 5x20, Simple Explanation.
Trois épisodes avant la fin de la saison donc. Et Kutner meurt. Se
suicide. Comme ça, paf, au début de l'épisode carrément, sans la
moindre explication, sans rien. C'était tellement subit, terrible,
monstrueux, que House et moi-même avons pensé à un meurtre maquillé en
suicide. Mais non, même pas.
Celui qui ressemblait le plus à
House a mis fin à ses jours (auparavant c'était Foreman qui était le
plus proche de Gregory, mais sa relation amoureuse avec Thirteen le
rend humain, chose que House ne parvient pas à accomplir auprès de
Cuddy. Bonheur qu'il se refuse inconsciemment ? Peur de se montrer
humain ? L'épisode où Cuddy est en passe de devenir maman par adoption
est tout bonnement retournant, car House avec des sentiments, c'est un
House faillible, qui devient méchant sans raison, parce que
contrairement au reste du temps ce sont ses émotions qui prennent le
dessus sur la pensée intellectuelle qui elle parvient à mettre à
distance le monde).
Tout l'épisode est nimbé dans le gris, et la
culpabilité. Même House est retourné, à sa façon, et je ne pense pas
que pour une fois l'explication rationnelle de Wilson soit valable
(House aurait peur d'être en train de perdre son don pour décrypter les
gens, étant donné qu'il n'avait pas décrypté Kutner). House n'a pas
décrypté Kutner parce qu'il n'y avait rien à décrypter, ou peut-être
parce qu'il était impossible d'y faire quoi que ce soit.
Et à la
toute fin, à la dernière image sur le visage songeur de House, on ne
peut s'empêcher de se demander si House n'est pas en train de revenir
sur ses paroles : qu'il vaut mieux vivre dans un monde de douleur que
mourir. Je n'ose imaginer ce que nous réservent les deux derniers
épisodes.
Sur une note plus gaie, et encore, l'avant dernier épisode diffusé, le 5x19, Locked In,
est pour moi dans la catégorie des épisodes de série TV qui
mériteraient un prix. La quasi totalité de l'épisode est vue à travers
les yeux d'un tétraplégique (en fait atteint d'un locked-in syndrome
causé par une infection) qui ne peut que suivre les visages des yeux et
cligner les paupières. A travers les yeux du patient, tous les éléments
habituels de l'interaction entre les protagonistes, House, Cuddy,
Wilson, etc s'en trouvent éclairés d'une lumière nouvelle. Diablement
intriguant.
C'est la première fois, avec peut-être l'épisode de
l'autiste, que House se montre si gentil avec un patient. Si proche, si
attentionné. Tout ça parce que le type est un légume et qu'il n'a pas
son mot à dire dans la conversation. House pense tout haut face à un
corps mort, dans lequel se débat un esprit qui ne peut pas lui parler
ni le contredire. Quelque part ça en dit long sur le docteur lui-même.
Autant le 5x21 était faible (à part la toute fin), autant le 5x22 est tout à fait à mon goût :
Après l'épisode à travers les yeux du paraplégique, qui était un formidable moyen de montrer les relations entre les membres de l'équipe de l'extérieur, on a un épisode où House se parle à lui-même, un double hallucinatoire qui a pris la forme d'Amber, la copine morte de Wilson.
Et c'était prodigieux. Parce qu'on est dans la tête même de House, mais aussi parce qu'on le voir plus ou moins sombrer dans la folie ; la fin est pétrifiante, je sais pas où ils comptent emmener l'histoire, mais c'est génial.
House insomniaque, House qui parle tout seul (en apparence), House qui organise une "bachelor party" pour Chase chez Wilson, House qui tente inconsciemment de tuer Chase...
Encore une fois la qualité de la lumière apporte beaucoup de sens ; le 5x20 était désespérément sombre, le 5x21 rose et lumineux, celui-là est en demies teintes, c'est agoissant, dépaysant ; House est seul avec Amber, seul avec lui-même.
Le dernier épisode était insupportable de mièvrerie, et Cameron et Cuddy avaient beaucoup trop de lignes (ok, je suis méchante, mais bon), ici au contraire, c'est House centric au possible, avec des situations aussi improbables que géniales. Avec une mention spéciale pour la fête chez Wilson... la baignoire, le choc anaphylactique, c'était merveilleux... paradis des fangirls.
Quelques extraits de trucs qui m'ont fait pousser des cris (de fangirl):
Amber: "That might explain why you're hallucinating. Doesn't explain why you're hallucinating Wilson's dead girlfriend."
House: " Probably just my secret and very unconscious desire to get Wilson into my bedroom."
House (to Wilson, about Cameron): "Why is the soon-to-be-second-prettiest Dr. Chase here?"
House (à Cameron): "I'd say you were pregnant, but I don't think Chase's body is mature enough to produce sperm."
Chase: "I need you to kidnap me."
House to Amber: "How do we get him into the stress lab without Foreman's sign-off?"
Amber: "We could kill Foreman."
House qui fout le feu à un corps à la morgue...
Wilson qui rentre chez lui pour trouver la bachelor party dans son appart :
House: "I knew you couldn't stay away."
Wilson: "This is my apartment. You can't do this."
House: "Clearly, reality begs to differ."
Wilson: "Where's my furniture?"
House: "Out back somewhere."
Ben voilà. C'est fini. Mandieu.
Anti-climatique au possible, cet ultime épisode de House tient pourtant ses promesses. La mièvrerie que je redoutais après la terrible fin du 5x23, House parvenant enfin à coucher avec Cuddy, a été évitée, de même que le mélo du mariage presque annulé de Chase et de Cameron.
Mais ça marche, parce que c’est tout en demies teintes, et, fort à propos, totalement dans l’optique de quasiment toute cette saison 5, qui dévelopait des histoires de patients malheureux sans en avoir conscience, pendant que House s’enfonçait dans sa propre vie misérable. Et quand il croit être enfin heureux, il n’a finalement fait qu’halluciner une vie rêvée.
Après, là où je me fais vraiment peur, c’est qu’à partir de l’instant où il a trouvé le rouge à lèvres chez lui jusqu’à la révélation finale, je savais, j’étais persuadée que tout ça, la désintox éclair, la nuit d’amour, n’avait été qu’un prolongement de ses hallucinations précédentes.
Je me disais, je me répétais, qu’il fallait que je me sorte du crâne l’idée que House “making out with Cuddy” ne pouvait être qu’une hallucination d’un esprit malade, et que ce méchant Docteur avait quand même bien le droit comme tout le monde à sa part de bonheur. Ça me semblait trop gros pour servir de ressort scénaristique... Et pourtant.
Il y avait des indices, cela dit, la caméra instable, les plans incertains, et le patient, bien sûr, partagé entre rationalité et inconscient. L’inconscient de House semble avoir pris le dessus, il est perdu à Houseland, mais la version sombre, pleine de fantômes. House, le Docteur qui a tué deux de ses collègues en moins de deux saisons, quand même. Cette fin, comme quasiment toutes les fins des cinq derniers épisodes de cette série va me hanter un certain temps, c’est certain.
Je me demandais comment ils allaient faire encore plus fort que les cinq épisodes qui précédaient ce final – c’est fait. Je me demande comment ils font rattraper l’affaire pour une sixième saison – mais alors là, vraiment, je pense qu’on a pas de soucis à se faire. Grandiose.
dimanche 8 février 2009
On the Road so far...
Supernatural - saison 4 - première partie (spoilers jusque là)
Cette série c’est un peu Buffy qui aurait bouffé des hormones ; à l’héroïne féminine se substituent deux frères, qui ne font pas dans la dentelle. Les autres personnages sont tous des hommes ou presque – le père, Bobby, le démon aux yeux jaunes (Yellow-Eyed Demon), etc. Dans les deux dernières saisons les scénaristes ont ingénieusement tenté d’introduire des personnages féminins autres que ceux qui sont morts (comme la mère des frères et la copine de Sam) : la tenancière du bar repaire de chasseurs et sa fille Jo, le démon anciennement humain Ruby ou la voleuse intrépide et retorse Bela. Mais ces filles se révèlent plus masculines qu’autre chose, ou du moins tiennent facilement tête aux héros masculins.
Dans Buffy, le monde est peuplé de monstres et de créatures tout juste échappées des Enfers, à bien des égards la vision du monde est ici similaire, même si plus sombre à mon avis. Car si dans la série de Josh Whedon les héros avaient leur famille, leur lycée pour se rassurer, Gilles en bibliothécaire/figure paternelle/mentor, dans Supernatural, le monde est vaste : c’est un road movie sans fin à travers l’Amérique tout entière. Le père ne brille que par son absence et Bobby est un peu cette figure et ce mentor mais il est brutal, alcoolique, il a ses propres démons, même s’il demeure érudit à sa manière. Tout ce qui fait la stabilité de la série c’est la dynamique des deux frères, et la voiture, une magnifique Chevrolet noire, qui est un peu le troisième personnage de l’histoire.
Mais au contraire de la série de Josh Whedon, où l’humour et la couleur étaient dominants, malgré la noirceur des dernières saisons, dans celle d’Eric Kripke, loué soit-il, la noirceur fait partie intégrante de l’image même. Le monde est gris, le monde est délavé. L’humour reste présent, mais il est adulte et masculin. La violence est omniprésente et laisse des traces ; Buffy était dotée de pouvoirs et encaissait bien les coups.
Les héros sont en mouvement, sans autre attache que leur lien fraternel et la présence fugitive de leur père, sur la route, dans l’arrière pays. Il est rare de voir un épisode dans une grande ville, car un peu à la manière d’X-Files, le mal frappe toujours dans des bleds reculés. Où les secours sont plus longs à arriver. Où les gens se connaissent et où les chasseurs n’ont pas de mal à monter un bateau en se prétendant agents du FBI.
Comme dans Buffy, on note une évolution quant aux dangers à affronter et aux menaces à combattre. La saison 1 tourne autour de la recherche du père disparu et des non-dits au sujet de la mort de la mère des deux frères. La saison 2 approfondit ce thème tout en dressant de nouveaux méchants sur leur route et en développant la tragédie familiale. La dead-line est plus féroce encore, impliquant l’ouverture à venir des portes de l’enfer.
La saison 3 est la plus terrible à mon avis, avec le drame personnel de Dean, qui a vendu son âme à un démon pour ramener son frère d’entre les morts. Il ne lui reste qu’un an à vivre ; c’est-à-dire la durée de la saison. Et on espère, on espère tout le long, tout en se préparant au pire, exactement comme les Winchester. On espère, mais Supernatural n’est pas une série optimiste, c’est noir, très noir. Et dans le dernier épisode, les chiens de l’enfer (Hellhounds) débarquent à l’heure dite et Dean est réduit en charpie, entrainé en enfer sans espoir aucun.
Mais à cette époque-là déjà la saison 4 est en tournage, elle se prépare, et comme je suis forte, je n’ai pas cédé à la tentation des spoilers. Comme je sais que Supernatural est une série basée sur les cliffhangers atroces liés au fil directeur de chaque série, j’ai préféré attendre d’en avoir assez pour les regarder d’un coup. Onze épisodes en deux jours ; quasiment un record personnel. La saison 4 introduit un nouveau type de créatures : les anges. S’ils ont effectivement des ailes, ils sont tout sauf “angéliques” et même quasiment perdus dans cette zone floue entre le bien et le mal.
Au début de Supernatural, les “chasses” étaient simples : une créature monstrueuse fait des ravages, tels Mulder et Scully new génération, Dean et Sam débarquent, trouvent comment lutter et finissent par la tuer, sauvant le monde ou à défaut le patelin perdu où la bête sévissait.
Mais au fur et à mesure que les choses se déroulent, que les situations personnelles se complexifient, que les menaces augmentent, cette simplicité apparente, d’un monde où les créatures maléfiques seraient le mal et le héros tueur le bien, commence à se fissurer. Le démon aux yeux jaunes sème le doute entre les frères, les “secrets” qui traversent toute la saison 3, au sujet des pouvoirs de Sam démontrent que cette typologie du monde n’est plus possible.
L’autre déclencheur est un tueur, un Noir du nom de Gordon, la Némésis personnelle des deux frères. Avec lui tout est blanc ou noir, bien ou mal, et Sam réalise qu’il ne peut plus, étant ce qu’il est, se conformer à ce raisonnement simpliste. L’ironie voudra que Gordon se retrouve vampirisé, découvrant de l’intérieur ce que ceux qu’il chassait froidement ressentent.
Supernatural a suivi une progression quant aux créatures rencontrées, organisant une mythologie du monde, un bestiaire démoniaque, des codes et des règles (la blague récurrent étant que les vampires ne craignent pas l’ail ni les pieux et que les loups garous ne sont pas entièrement couverts de poils). Les créatures tout droit sorties de Buffy et du folklore américain cèdent la place aux démons ; dotés d’une psychologie, d’aspirations, de croyances, ils en deviendraient quasiment “humains”.
Et à présent nous avons les anges. Faut-il y voir le prêche pour l’existence d’un dieu ? Sans doute, mais rien n’est clair, rien n’est affirmé. Les démons aussi disent vénérer un dieu… Il s’agit de foi, et quelque part c’est bien plus troublant que tous ces monstres et ces menaces terrestres. Le monde est mauvais, le monde est injuste, le monde ne récompense pas les justes, pas plus qu’il ne punit les méchants. Comment ces deux chasseurs confrontés au mal tous les jours de leur vie pourraient croire en l’existence d’une puissance divine ?
La saison 4, du moins la première partie, étant donné que j’attends la fin de sa diffusion US pour finir de la regarder d’une traite, propose une intéressante dichotomie ; les deux frères ont été séparés quatre mois, bien des choses ont changé, ils semblent avoir pris des chemins opposés. Tous les deux ont été ramenés d’entre les morts, mais Dean par un ange, et Sam par un démon ; de la même façon, tous les deux fricottent avec des femmes qui ne sont pas humaines, là encore ange et démon. Les anges eux-mêmes, Castiel et Uriel sont dissemblables et en conflit quant aux méthodes à adopter. Ils sont perdus, incertains, car eux aussi doivent croire, avoir la foi sans preuve.
Remarque : Mention spéciale pour les titres des épisodes, qui sont très souvent des titres de chansons ou d’albums. Pour n’en citer quelques uns : In My Time of Dying, Houses of the Holy, What Is And What Should Never Be (Led Zeppelin), Born Under a Bad Sign (Cream/ Hendrix), Folsom Prison Blues (Johnny Cash), The Magnificent Seven (le Clash), Time Is On My Side (les Stones), Wishful Thinking (Pulp)….
Il y a aussi pas mal de references à des films, mais comme c’est de vieux films qui ne me sont pas venus spontanément à l’esprit… ça manqué à ma culture quoi.





