Enormes spoilers pour toute la fin de la saison 4. Vous avez été prévenus. Mais bon ya que moi qui regarde Supernatural. C'est dommage, c'est vraiment inventif. Et drôlement bien fait. RIP Kim Manners, espérons que la saison 5 soit aussi bonne...



La fin, quelle fin ! Ils ne résolvent rien ; RIEN. L’apocalypse. Lucifer is rising, and then, nothing, only a blank screen, white, so white hot it could burn your retinas right away since you’re no longer blinking anyways. And then. Credits, written is black.

Les deux derniers épisodes étaient très bons. Tout en échos, en demies teintes. Les deux frères ennemis, antagonistes à l’extrême. Dean vend son âme aux anges, alors qu’il apprend que “God has left the building” ; Sam est sur la mauvaise pente, démoniaque comme jamais. Rouge, blanc, tout ça est trop net.

Et puis il y a la figure du père. Rappelée par le “fils caché” de Jump the Shark (il ne fait pas long feu le pauvre), rappelée encore à travers Bobby. Et puis la douleur, le doute, tous ces sentiments que l’ange Castiel ne fait qu’entrevoir et repousse sans cesse (il faudra bien qu’il tombe, c’est inévitable), tous ces sentiments humains mettent les deux frères sur un plan d’égalité. Malgré les artifices du démon Ruby qui transforme le dernier message du répondeur de Sam en un message de haine (ou est-ce les anges qui sont à l’oeuvre, qui peut le dire ?), malgré les manigances des anges, qui sont décidément que des pourris (enfin, il faut les comprendre, pour eux les humains ne sont rien), les frères Winchester restent tous les deux humains.

Pour une série qui se base sur l’aspect humain, terre à terre, bouseux de l’Amérique, et qui se veut non conformiste et plutôt blasphématoire, c’était fort, très fort, de partir sur les anges, Lilith, l’Apocalypse et Lucifer. Mais Dieu n’est jamais là, Dieu doit être obéi aveuglément, Dieu, en fin de compte, semble ne même plus se soucier de la terre. Et les anges doutent, et les hommes doutent. Le prophète lui-même voit son boulot chamboulé (bien rock’n’roll le prophète quand même, alcoolique, geek, écrivain de bouquin d’horreur moisis, totalement allumé – mention spéciale à Rob Benedict choupi) et la liberté de choix des hommes, et même des anges, semble l’emporter sur le “God’s word”.

Les anges, beautiful and deadly. Au début, la première apparition de Castiel en costard frippé sous un pardessus fatigué, cernes sous les yeux et cheveux en vrac, c’était une blague, un genre de parodie de John Constantine... Mais on l’apprécie, parce qu’on sent (c’est vachement pas subtilement suggéré d’ailleurs) qu’il a un rôle clef à jouer sur la fin (et finalement il faudra attendre la saison 5 pour voir s’il va vraiment se sacrifier pour sauver l’espèce humaine). On l’apprécie aussi parce que Misha Collins est drôlement sexy, pardessus fatigué ou pas.

Et cet épisode magnifique où Castiel est rappelé à l’ordre, et où les deux frères se retrouvent avec un Jimmy Novak sur les bras, l’hôte, the “vessel”, de l’ange. C’est sweet and sad, très différent de ce qu’on voit d’habitude. Bon, l’horreur n’est pas loin et bien vite ça vire au carnage et au questionnement existentiel, mais quand même. C’était sympa.

Les épisodes totalement "bizarre" et vraiment grandioses étaient aussi légion dans cette saison, faut pas croire. L'épisode tout en noir et blanc pour faire comme dans les films de genre de l'époque. L'épisode "je vais bien tout va bien", tout coloré et gerbos de mievrerie, juste après un épisode plus dark tu meurs, avec torture, défaite psychologique et autre réjouissances. Et paf les frères Winchester se retrouvent respectivement cadre sup dans une boite et employé à la maintenance informatique, avec aucun souvenir, des noms stupides (Dean Smith et Sam Wesson, j'en ai pleuré) et un fantôme pas commode sur les bras.

Il est tard, il fait chaud, et mon cerveau de fangirl crie sans s’arrêter un genre de “ohmygodonaurapaslafinavantseptembre” sans discontinuer.

Une fin sans fin. Une apocalypse sans morts. Une réconciliation tacite. C’est trop propre et net pour une fin de Supernatural. C’est excellent.